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« La chambre bleue » de Mathieu Amalric. Critique cinéma

Synopsis: Un homme et une femme s'aiment en secret dans une chambre, se désirent, se veulent, se mordent même. Puis s'échangent quelques mots anodins après l'amour. Du moins l'homme le croit-il... Car aujourd’hui arrêté, face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction, Julien cherche les mots. Que s’est-il passé, de quel crime est-il accusé ?...

La fiche du film

Le film : "La Chambre bleue"
De : Mathieu Amalric
Avec : Mathieu Amalric, Léa Drucker
Sortie le : 16/05/2014
Durée : 76 Minutes
Genre : Policier, Thriller, Drame
Type : Long-métrage
Le film

Mathieu Amalric lache prise. Dans son nouveau film, aucune réminiscence au précédent « Tournée »,  pas le plus petit détail pour une identification de langage. Et s’il  s’inspire d’un roman de Simenon, ne cherchez pas une fidélité tatillonne à l’œuvre de l’écrivain.

Le réalisateur est  entre les deux, puisant peut-être inconsciemment dans l’un et l’autre en quête d’une voie différente qu’il arpente avec un culot dévoyé. Amours, étreintes, police, mais pour qui, interroge-t-il en préambule quand la réponse dégringole sur un autre questionnement, mais pourquoi ?

Un homme et une femme s’aiment dans l’interdit d’une petite ville de province. L’homme est maintenant sous le feu des questions des enquêteurs. On lui parle de sa famille, de sa petite fille. Pendant ce temps une autre femme lui sourit, lascive, dans l’attente.

La complexité de la structure narrative, nullement contraignante, nourrit l’énigme, habite déjà l’intrigue. L’homme ne comprend pas qu’on lui pose à nouveau la même question «  la vie est différente » dit-il «  quand on la vit ou quand on l’épluche après coup ».

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Mais il se laisse faire, se laisse mordre les lèvres par sa maîtresse, se laisse interroger par la police. Une frénésie tranquille que Mathieu Amalric, le réalisateur conduit de la même manière que l’acteur. Indolence innocente, petit oiseau tombé du nid au milieu de la planète Terre, dont il assume maintenant toute la misère.

Il y a eu mort d’homme, nullement suspecte affirme le médecin, mais Julien est suspect. Sa maîtresse aussi, qui ne cesse de lui clamer son amour, au lit, au commissariat, au tribunal. Du beau cinéma dans le mal être du récit que le cinéaste quitte un moment pour fixer posément, joliment un face à face, entre l’homme et le juge d’instruction.

Le dispositif scénique s’étiole alors, au profit de cet interrogatoire dont le classicisme renvoie à une journée d’assises des grands films judiciaires. Mais l’auteur et l’acteur apportent encore un supplément d’âme. Le prétoire, la plaidoirie, la défense s’accordent à donner au genre une nouvelle direction. Je crois avoir dit tout le bien que je pensais de ce film, de son réalisateur, de son comédien. Il y a aussi en maîtresse religieuse Stéphanie Cléau, qui donne le change, le tournis, l’ivresse du plaisir. Laurent Poitrenaux est un juge à qui il ne faut mieux pas se confier. Léa Drucker parle peu, elle regarde, observe son époux. Elle lui sourit, mais ne dit toujours rien…

Mathieu Amalric lache prise. Dans son nouveau film, aucune réminiscence au précédent « Tournée »,  pas le plus petit détail pour une identification de langage. Et s’il  s’inspire d’un roman de Simenon, ne cherchez pas une fidélité tatillonne à l’œuvre de l’écrivain. Le réalisateur est  entre les deux, puisant peut-être inconsciemment dans l’un et l’autre en quête d’une voie différente qu’il arpente avec un culot dévoyé. Amours, étreintes, police, mais pour qui, interroge-t-il en préambule quand la réponse dégringole sur un autre questionnement, mais pourquoi ? Un homme et une femme s’aiment dans l’interdit d’une petite ville de province. L’homme est…

Review Overview

Le film

D’un classicisme apparent, surtout dans le final du prétoire rappelant les grands films judiciaires, Mathieu Amalric élabore en fait une nouvelle approche de la mise en scène qui personnellement m’a subjuguée de bout en bout. Il puise dans Simenon le strict nécessaire à l’élaboration d’un récit plus intriguant qu’énigmatique, mais la somme est considérable pour aller jusqu’au bout de ce petit film (75 mn) qu’il réalise et interprète avec une indolence suspecte. Son affiche est très belle, avec Stéphanie Cléau et Laurent Poitrenaux.

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