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« Barbara » de et avec Mathieu Amalric. Critique cinéma

Synopsis: Une actrice va jouer Barbara, le tournage va commencer bientôt. Elle travaille son personnage, la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l'envahit même. Le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par elle.

La fiche du film

Le film : "Barbara"
De : Mathieu Amalric
Avec : Jeanne Balibar, Mathieu Amalric
Sortie le : 06/09/2017
Distribution : Gaumont Distribution
Durée : 97 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Balibar-Barbara. Même les noms s’acoquinent pour ne faire qu’un, ou presque, raccordant les ombres de Christophe Beaucarne, photographe inspiré lui aussi par le mimétisme ambiant. Un même ensemble, un plateau égal où s’égaie Jeanne en frous-frous désordonnés.

Elle est l’artiste, et la comédienne qui joue au paraître. Un dédoublement naturel sous l’œil du réalisateur jumelé de la même façon à l’histoire et à son film. Mathieu Amalric est plutôt discret dans son personnage volte-face. L’interprète lui demande pourtant ironique et malicieuse s’il tourne un film sur Barbara ou sur lui-même. A moins qu’il ne filme Balibar.

C’est la belle ambiguïté d’un récit qui nous conte l’intimité à cœur ouvert d’une dame toujours bien mystérieuse. Jeanne et Mathieu n’en révèlent pas plus sinon les contours d’une chanson à venir que le cinéaste habille plus qu’il ne nous la chante.  Rien d’une bande originale, mais un répertoire sur les grandes lignes d’une existence encore bien secrète. Des titres connus, d’autres moins…

Derrière l’œuvre, une autre création, un regard dont on ne se lasse pas de voir et d’entendre les attentes. L’osmose est totale. Amalric nous montre les ficelles d’une histoire qui n’est donc pas vraie, et que l’on connaît pourtant sur le bout de nos doigts. La parole, les mêmes mots en cascades colorées, la silhouette, longiligne et furtive, le dessin d’une œillade…

Ce sont aussi de gracieux envols, des moments d’égarement, quand la tournée se traîne sur un mauvais piano et des souvenirs d’enfance. Ceux de Barbara que Balibar tricote joliment de son sourire à peine voilé. La comédienne est aux anges qui sans hommage ni révérence rend le plus beau des compliments à une artiste qui en a pourtant déjà tant reçus.

Balibar-Barbara. Même les noms s’acoquinent pour ne faire qu’un, ou presque, raccordant les ombres de Christophe Beaucarne, photographe inspiré lui aussi par le mimétisme ambiant. Un même ensemble, un plateau égal où s’égaie Jeanne en frous-frous désordonnés. Elle est l’artiste, et la comédienne qui joue au paraître. Un dédoublement naturel sous l’œil du réalisateur jumelé de la même façon à l’histoire et à son film. Mathieu Amalric est plutôt discret dans son personnage volte-face. L’interprète lui demande pourtant ironique et malicieuse s’il tourne un film sur Barbara ou sur lui-même. A moins qu'il ne filme Balibar. C’est la belle ambiguïté…
Le film

Rien du biopic, et c’est tant mieux, tant Amalric a puisé dans la marge ce que l’on connaissait peut-être de Barbara, sans jamais l’avoir mis en lumière de cette façon. Le film dans le film que tourne un réalisateur sur la chanteuse Barbara. La comédienne a bien pris ses repères mais très vite elle se fond dans un autre univers. Il est peut-être plus intime et personnel, et tout aussi anecdotique dans l’avènement d’un succès que l’intéressée tricote dans la voiture qui la conduit à son prochain concert. Un détail sur la manière dont le réalisateur a élaboré son récit avec un soin du détail mêlé à un répertoire qui pointe simplement les grandes lignes d’une existence encore bien secrète. Et c’est l’intelligence d’Amalric d’en révéler un peu le substrat tout en conservant la part de mystère que Jeanne Balibar retient joliment dans son sourire à peine voilé. La comédienne est aux anges qui sans hommage ni révérence rend le plus beau des compliments à une artiste qui en a pourtant déjà tant reçus.

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