- 10 juin 2026 en salle

- 2h 11min
- Comédie, Fantastique, Historique
- Par Jun’ichi Yasuda
- Avec Makiya Yamaguchi, Norimasa Fuke, Yuno Sakura
- Titre original A Samurai in Time
L’histoire .Après un combat sous une pluie torrentielle et un éclair géant, Shinzaemon Kosaka du clan Aizu se réveille dans le Japon contemporain, sur le plateau d’une série historique spécialisée dans le genre jidaigeki. Pris pour un figurant le samouraï devient vite la coqueluche des tournages, avant d’être engagé comme cascadeur professionnel…
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
Meilleur film, Meilleur montage aux Japan Academy Film Prize en 2025
Il est un peu étonnant que le cinéma japonais très respectueux de son Histoire et de son pays s’engage dans une telle démarche. Propulser son héros de toujours, le samouraï, dans un espace-temps contemporain : un plateau de cinéma.

Bien évidemment l’intéressé n’y comprend rien, et tel un abruti de première se prête au jeu de la cérémonie qu’il va maintenant répéter à foison . A contre-temps, son étonnement se mêle aux combats chorégraphiés pour les comédiens, mais pas pour lui.
Son dernier vrai duel l’a propulsé dans ce monde de fous. Il va l’apprivoiser et retrouver sa dignité, pour redonner un sens à l’Histoire et à son existence.
Tout en respectant les codes de la mise en scène de son réalisateur de fiction, Kosaka se fixe un ordre moral, une éthique personnelle. Il n’est plus comédien, mais le combattant valeureux du clan Aizu d’autrefois, qu’un scénario fait revivre, de manière détestable.

Le script ravive sa mémoire et confronte bien involontairement deux époques au milieu desquelles le samouraï retrouve son honneur. Malgré quelques scène inutiles ou redondantes ( les rêves de Yuko, l’assistante … ) , le récit prend de la hauteur…
On quitte la comédie factuelle pour un état des lieux historiques japonais à travers son septième art.
A la façon d’un western classique , le duel final qui l’oppose à la vedette incontesté du genre ( qu’il connait parfaitement, et pour cause) , est d’une parfaite symbolique vis-à-vis à de son passé et de ses propres valeurs .

Junichi Yasuda assume dans sa mise en scène, cette part d’héritage identitaire. Surtout que les samouraïs ne meurent jamais ….
Le film
A l’occasion d’un combat ultime pour tenter de sauver son clan, un samouraï se retrouve projeté plus d’un siècle plus tard sur un plateau de cinéma. Déconvenue totale, quiproquos, la suite s’enchaîne sur le mode de l’humour et de l’incompréhension pour ce soldat d’autrefois à qui l’on fait jouer des rôles de samouraï. Jusqu’au jour où l’homme reprend indistinctement ses marques et décide de jouer jusqu’au bout son propre rôle. Si Junichi Yasuda prend visiblement du plaisir à souligner l’anachronisme de sa mise en scène ( séquences inutiles ou redondantes) il parvient néanmoins à rapprocher les deux époques de son héros, pour révéler un point de vue culturel et historique intéressant. De la fiction à l’Histoire du pays et de son cinéma, la symbiose est parfaite pour un hommage aux samouraïs, à leurs valeurs et à l’héritage culturel japonais qui en résulte. Junichi Yasuda l’assume au final dans sa mise en scène, et nous assure que les samouraïs ne meurent jamais.