- 8 heures et 16 minutes

- Coffret : 2 juin 2026
- Acteurs : Rudolf Klein-Rogge, Otto Wernicke, Oscar Beregi Sr.
- Sous-titres : Français
- Studio : Potemkine Films
Pour la 1ère fois, un COFFRET des trois « Mabuse » de Fritz Lang , version restaurée.
Du chaos social à l’idéologie brunâtre , le mal est de tous les instants aux yeux de Fritz Lang, révulsés à plusieurs titres dans l’ultime rendez-vous avec Mabuse. Prémonitoire, il décrit alors un monde entièrement sous contrôle. Le troisième œil est bien ouvert.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article
1) « Docteur Mabuse, le joueur » (1922) un film muet dont le décor se tend autour de la République de Weimar, en charpie.
Mabuse orchestre le chaos naissant , autour de la manipulation de la politique et de ses marionnettes . La Bourse est sa cible privilégiée pour faire fortune …
2) « Le testament du docteur Mabuse » (1933) . La date n’est pas innocente, le nazisme prolifère, Fritz Lang s’en saisit pour fustiger les dangers criminels. La charge politique est évidente autour de l’institution psychiatrique d’où Mabuse dirige son réseau de malfaiteurs . Le commissaire Karl Lohmann et le bandit repenti Kent se mêlent à l’enquête…
3) « Le diabolique docteur Mabuse » (1960) – Avec Wolfgang Preiss, Dawn Addams, Peter van Eyck
Beaucoup d’années ont passé avant que Lang reprenne le flambeau d’un héros qui apriori n’apparait plus. Le mal est fait et le monde où l’on vit est celui du troisième œil et de la surveillance générale.
Le voyeurisme , jusqu’à l’obscénité , marque l’empreinte d’une société névrosée. Un informateur aveugle de la police perçoit souvent les drames à venir . L’une de ses prémonitions conduit les enquêteurs sur une très vieille affaire étouffée du IIIe Reich . Le dossier Mabuse s’ouvre à nouveau….
Il est cette fois question de manipulation à grande échelle . Tout le monde soupçonne tout le monde et épie la moindre variation des gestes et déplacements de protagonistes en proie à la paranoïa. La menace nucléaire est à l’ordre du jour …
Les suppléments
- Le contexte des films par Bernard Eisenschitz. L’historien et critique de cinéma évoque pour les trois films la teneur de l’époque chaque fois bien différente et présente les projets. Il est ainsi question du rôle du producteur, Artur Brauner qui faisait revenir sur leur sol natal, les réalisateurs allemands partis à l’étranger
Il récupérait les droits des grands succès allemands et en faisait des remakes Dont « Le tigre du Bengale » et « Le tombeau hindou », sans grand enthousiasme, pour Fritz Lang dont la suite sera plus évidente …
- Rencontre avec Alice Brauner (15 mn )-La fille du célèbre producteur a repris les rênes de l’entreprise familiale, et raconte avec une grande verve, son histoire et celle de son père.
Comment il se débrouillait par exemple pour payer ses places de cinéma, à sept ans. Fuyant l’antisémitisme en Pologne, il se réfugie à … Berlin et tient absolument à raconter ce qu’il a vécu pendant la guerre , survivant de la Shoah
Après l’échec glacial de « Morituri » , il comprend qu’il faut faire des films grand public s’il voulait nourrir sa famille .Mais il restera très fier de tous ses films consacrés à la Shoah dont « La Passante du Sans-Souci » avec Romy Schneider
Alice Brauner évoque les relations parfois heurtées avec Fritz Lang, mais « il réalisait son rêve de travailler avec lui ». Les difficultés de la production aujourd’hui , pas de fiscalité incitative, les producteurs s’en vont voir ailleurs, « ça freine l’activité de nos studios »


