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[Critique cinéma] « Tournée »

Salué à Cannes par le prix de la mise en scène , ce film tangue entre la déclaration d’amour pour une troupe de filles du New Burlesque et la nostalgie d’une époque . Au milieu, un acteur-réalisateur, raide dingue …

La fiche du film

Le film : "Tournée"
De : Mathieu Amalric
Avec : Miranda Colclasure, Suzanne Ramsey
Sortie le : 30/06/2010
Distribution : Le Pacte
Durée : 111 Minutes
Genre : Comédie, Drame
Type : Long-métrage
Le film

Le regard halluciné, la tête dans les étoiles, quand elle ne porte pas les valises qu’il trimballe sous les yeux, la silhouette gainsbourgienne, Mathieu Amalric a dans ce film  le rôle d’une grenouille. Qui aime une  princesse qui montre ses fesses. Elle s’appelle Mimi le Meaux (Miranda Colclasure) et découvre la France dans son numéro de stripteaseuse composé avec une bande de joyeuses copines. C’est la troupe du New Burlesque pour laquelle le comédien-réalisateur a craqué au point d’en composer une balade en images, pleine de tendresse et d’affection.

Ce sont des portraits de  femmes au regard aimant et aux poses suggestives, des grâces sans apprêt, vibrantes d’émotions, au point  d’en oublier qu’elles interprètent leur propre rôle. Du film au spectacle, on s’y perd, et c’est la grande réussite du film qu’elles portent sans retenue, comme un prolongement à leur quotidien américain. Ce sont  Suzanne Ramsey , Linda Marraccini , Julie Ann Muz et  Angela de Lorenzo.

Acteur ou réalisateur, il faut le voir, notre Mathieu national,  déballer ses sentiments pour Kitten on the Keys, Dirty Martini, et autre Evie Lovelle, au point d’en oublier parfois sa caméra, qui ronronne dans la contemplation. Le film est long et flotte  au gré des fantaisies des unes et des autres, tant l’improvisation, feinte ou réelle, marque ici son empreinte charnelle.

On aimerait s’y complaire, si l’histoire de cette tournée française n’était avant tout la dérive de ce producteur rejeté par la capitale et avide d’y revenir pour un triomphe. Un homme au paraître fragile quand une caissière de grand marché (Anne Benoit , ahurissante)  propose de lui montrer ses avantages. Un homme  au bord du précipice et que le sourire d’une femme peut sauver. C’est la scène magnifique de la station service dans laquelle Aurélia Petit , en caissière (tiens, tiens..)  drôle et dragueuse, est à tomber par terre.

Cette facette du personnage, Mathieu Amalric , la révèle sous les traits d’un saltimbanque royal à l’humeur vagabonde. Généreux pour ses filles, colérique face à l’adversité et complètement paumé devant l’échec de sa vie familiale. C’est là tout son drame évacué dans cette quête d’un ailleurs de paillettes, de cette autre famille du New Burlesque qui petit à petit prend la mesure cafardeuse de cette tournée qui n’atteindra jamais Paris.

Elle tourne en rond à  l’image d’un final aussi bringuebalant que triomphant. Dans un hôtel de bord de mer, abandonné, la petite troupe a trouvé refuge. C’est un passage particulièrement réussi, où tout l’esprit du film se condense en un ballet de bonnes blagues et de vérités enfin assumées. Le producteur est maintenant serein, derrière ce bar poussiéreux où il aboie : «  le show va commencer ». Et le film se termine …

Le regard halluciné, la tête dans les étoiles, quand elle ne porte pas les valises qu’il trimballe sous les yeux, la silhouette gainsbourgienne, Mathieu Amalric a dans ce film  le rôle d’une grenouille. Qui aime une  princesse qui montre ses fesses. Elle s’appelle Mimi le Meaux (Miranda Colclasure) et découvre la France dans son numéro de stripteaseuse composé avec une bande de joyeuses copines. C’est la troupe du New Burlesque pour laquelle le comédien-réalisateur a craqué au point d’en composer une balade en images, pleine de tendresse et d’affection. Ce sont des portraits de  femmes au regard aimant et aux…

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Le film

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7 Commentaires

  1. Merci à Mathieu Amalric d’oser : faire un grand film sur le burlesque (bien souvent ridicule)est une gageure. Quel plaisir de voir les blockbusters ridiculisés par ce film à petit budget.

    Les scènes référées dans l’article sont effectivement désopilantes. Mais Amalric sait très bien faire apparaître derrière cet humour des blessures graves (pour lui-même) et de la fragilité pour tous les autres rôles de la troupe. Tous nous touchent beaucoup par leurs félures. Là encore bravo de filmer des « antihéros »

    Finalement, on est plutôt content qu’il ne puisse pas jouer à Paris, car tout ne doit pas obligatoirement passer par là. Les Parisiens sont bien caricaturaux, ils sont méprisables, mais tous ne sont pas si désagréables.

    Pour terminer, je pense que le personnage d’Amalric a envie de revenir en France, mais il sait aussi que c’est pour boucler car la troupe n’y survivra pas (c’est mon impression finale dans cet hôtel glauque) en effet, quelle suite peut-on imaginer après sa relation avec Mimi ? La cohésion de la troupe est rompue.

    Ma note : 4 étoiles.

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