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« Serre moi fort » de Mathieu Amalric. Critique cinéma –

Synopsis: Une femme quitte son foyer, sa famille semble s'en accommoder. Deux vies en parallèle vont alors nous raconter leur histoire

La fiche du film

Le film : "Serre Moi Fort"
De : Mathieu Amalric
Avec : Vicky Krieps, Arieh Worthalter
Sortie le : 08/09/2021
Distribution : Gaumont Distribution
Durée : 97 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film
  • D’après « Je reviens de loin » de Claudine Galéa.

 

Le regard de Mathieu Almaric est un regard de dingue. Allumé, énigmatique, tout plein de questionnements. Ce qu’il voit, on le sait maintenant un peu plus au fur et à mesure que sa vision éclaire le firmament du septième art.

Dernière comète en vue, ce « Serre moi fort » parmi les plus allumées de son système à nul autre pareil . Une grammaire toujours renouvelée.

Une femme au petit matin quitte mari et enfants, sans crier gare. Clarisse ( Vicky Krieps) prend une voiture d’une autre époque et s’en va sur les routes.  Au hasard. Sans histoire. Sinon celle de son foyer qui prend l’affaire comme elle vient, sans inquiétude.

Clarisse le pense ainsi.

Arieh Worthalter avec ses deux enfants Paul ( Sacha Ardilly ) et Lucie ( Anne-Sophie Bowen-Chatet ) 

 

Il faut que les choses se fassent, qu’elle vive sa vie résume le mari qui assure vaille que vaille l’intendance et la maîtrise des enfants. Paul et Lucie ne sont pas de tout repos, mais dans l’absence maternelle les vides sont toujours bons à remplir.

Surtout pour Lucie penchée sur son piano, ses gammes, et son rêve de conservatoire. Clarisse l’entend dans ses retours de promenade, comme un écho familier à une vie qu’elle vient de délaisser.

C’est du moins ce que l’on  imagine en compagnie du réalisateur, lui aussi bien étrange quand il mixe de manière fulgurante l’avant et l’après. Réalité et fantasmes. La lumière est douce ( Christophe Beaucarne , directeur photo ), le cadre attentiste au moindre mouvement.   

L’attente est manifeste dans ce décalage temporaire où le désordre parait conduire à une impalpable logique. Depuis cet hôtel de montagne où la femme guette les sommets et cette neige qui garde son secret.

Quand elle se confie à son amie (Aurélia Petit), elle parle de la lassitude du foyer, d’un mari comme un meuble, des enfants bons à jeter par la fenêtre. La raison de son départ ? Elle est partie, ils sont restés …

Amalric saisit ces instants, les ramasse, à la façon d’un puzzle ou d’un « Memory » avec des polaroïds de vacances qui ne veulent plus rien dire. Le souvenir est devenu une abstraction à l’image du récit que le cinéaste bouscule bizarrement sur le final .

Loin de conclure sur ce vide jamais comblé, Mathieu Amalric nous confie les clés de son histoire pleine et entière . Tous les acteurs de ce drame rapportent alors un peu d’eux-mêmes. : Vicky Krieps, Arieh Worthalter, Aurèle Grzesik et Juliette Benveniste, les enfants adolescents. Une affiche magnifique. Un film éblouissant.

D'après "Je reviens de loin" de Claudine Galéa.   Le regard de Mathieu Almaric est un regard de dingue. Allumé, énigmatique, tout plein de questionnements. Ce qu’il voit, on le sait maintenant un peu plus au fur et à mesure que sa vision éclaire le firmament du septième art. Dernière comète en vue, ce « Serre moi fort » parmi les plus allumées de son système à nul autre pareil . Une grammaire toujours renouvelée. Une femme au petit matin quitte mari et enfants, sans crier gare. Clarisse ( Vicky Krieps) prend une voiture d’une autre époque et s’en va sur…
Le film

Mathieu Amalric n’en finit pas d’interroger le cinéma , sa grammaire et sa raison d’être. Ce qui rend ce nouvel opus attrayant, les réponses apportées ne laissant filtrer que des éléments cinématographiques de première importance. Sur le fil d’un départ inexpliqué, une famille se retrouve à vivre sans la mère. Ce qui parait ne pas compliquer le quotidien du mari et de ses enfants, quand la femme prise entre ses souvenirs et son propre cheminement, mène une quête secrète et solitaire. Mathieu Amalric mixe de manière fulgurante l’avant et l’après. La lumière est douce, le cadre attentiste au moindre mouvement. L’attente est manifeste dans ce décalage temporaire ou le désordre parait conduire une impalpable logique. Le souvenir est devenu une abstraction à l’image de cette mise en scène qui retrouve une tonalité véritablement concrète sur le final qui à mon avis échappe à l’esprit du film. Loin de conclure sur ce vide jamais comblé, Mathieu Amalric nous confie les clés de son histoire. Ca m'a un peu chagriné. Mais les acteurs sont magnifiques. Et le film aussi .

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