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« Il reste encore demain » de et avec Paola Cortellesi . Critique cinéma

  • 13 mars 2024 en salle
  • 1H58 | COMÉDIE
  • Avec Paola Cortellesi, Valerio Mastandrea, Romana Maggiora Vergano, Emanuela Fanelli

L’histoire : Mariée à Ivano, Delia, mère de trois enfants, vit à Rome dans la seconde moitié des années 40. La Libération a fait naître des espoirs, mais les difficultés matérielles engendrées par la guerre demeurent.

Leur routine morose prend fin au printemps, lorsque la famille célèbre les fiançailles de leur fille Marcella. Mais l’arrivée d’une lettre mystérieuse va tout bouleverser et pousser Delia à trouver le courage d’imaginer un avenir meilleur.

Comme «  Il reste encore demain », il reste à ce premier long-métrage , une bonne demi-heure au final pour nous convaincre de son bien fondé . On le doit à la comédienne-réalisatrice Paola Cortellesi .

Il débute  à la fin de la seconde guerre mondiale. L’Italie est occupée par les Américains, mais l’heure est à la détente.

Cadenassée dans un foyer patriarcal exécrable ( le grand-père dit au père comment battre sa femme ) Delia cherche coûte que coûte une porte de sortie. Elle  court après les petits boulots ( soins, couture, ménage … ) pour un peu d’argent qu’elle remet à son homme, tout en protégeant sa petit cagnotte, aujourd’hui fort bien garnie. Pour une robe de mariée dit-elle, ou peut-être autre chose, pour elle, pour ses enfants …

Une grande fille, Marcella ((Romana Maggiora Vergano), et deux garçons intenables.

 

Lui, Ivano ( Valerio Mastandrea) c’est l’homme que l’on craint. Diela en porte les marques sur les bras, au coup et … au cœur qui bat la chamade . Une mystérieuse lettre parait lui ouvrir les portes du bonheur.

Celle de Nino (Vinicio Marchioni), le garagiste avec qui elle a manqué le grand amour il y a 30 ans ?  Quand ils se revoient, ils s’aiment par le regard et se promettent de rattraper le temps perdu ( photo).

C’est la notion qui marque les esprits. L’absence, l’oubli … La guerre a laissé en jachère bien des histoires. Les voisines de Delia battent ainsi le pavé de leurs jacasseries, à l’écoute des plaintes d’une femme qui souffre derrière ses volets.

Paola Cortellesi ne les ouvre pas, ne monte pas le son, mais sa pudeur scénaristique, sa distance scénographique, renvoient à un pathétique décorum qu’elle systématise au fur et à mesure de son écriture. A force d’insister, la mise en scène en devient parfois caricaturale.

Heureusement il y a Marisa (Emanuela Fanelli), la vendeuse de légumes  avec qui elle partage des moments plus légers. Paola Cortellesi les retrouve ici et là en beaucoup d’humour ( souvent noir ) et drôleries vachardes  .

Le grand-père – Giorgio Colangeli– ( détestable malgré tout ) fait alors figure de trouble-fête bienvenue, redonnant à la réalisatrice le goût d’une comédie revendiquée dans la gravité.

Les fiançailles de Marcella avec Giulio ( Francesco Centorame), le fils du cafetier qui aurait bien profité de la guerre, entend-on ici et là …

Celle des violences conjugales et d’un moment historique inattendu que la cinéaste détourne de façon bien étrange pour nous conduire dans l’imaginaire d’une romance qui semblait prendre les devants.

Paola Cortellesi, la comédienne cette fois, ne faiblit jamais dans l’interprétation de cette femme déterminée à arracher son indépendance pour elle et les siens . Une femme, une mère, un esprit libre …

Marisa , la bonne copine (Emanuela Fanelli))

A savoir : A l’avant-première du film, le dimanche 25 février à 14 h au Studio .lors du festival « Viva il cinema » des personnes n’ont  pu accéder à cette séance l Aussi  l’association Viva il cinema! et la direction du Cinémas Studio proposent aux spectateurs porteurs du pass 5 séances à 30 €, l’accès à une des séances de ce film  jusqu’au19 mars, aux Cinémas Studio, sur présentation d’un pass Viva il cinema! valide.

www.viva-il-cinema.com

contact@viva-il-cinema.com

13 mars 2024 en salle 1H58 | COMÉDIE Avec Paola Cortellesi, Valerio Mastandrea, Romana Maggiora Vergano, Emanuela Fanelli L'histoire : Mariée à Ivano, Delia, mère de trois enfants, vit à Rome dans la seconde moitié des années 40. La Libération a fait naître des espoirs, mais les difficultés matérielles engendrées par la guerre demeurent. Leur routine morose prend fin au printemps, lorsque la famille célèbre les fiançailles de leur fille Marcella. Mais l’arrivée d’une lettre mystérieuse va tout bouleverser et pousser Delia à trouver le courage d’imaginer un avenir meilleur. Comme «  Il reste encore demain », il reste à ce…
Le Film

J’imagine que le succès considérable de ce film en Italie ( plus de 5 millions d’entrées à ce jour ) fait aussi malheureusement écho au féminicide d’une jeune étudiante survenue au moment de la sortie du film . La comédienne Paola Cortellesi se met en scène dans le cadre de l’immédiate après-guerre, dans la robe de Delia , une femme malheureuse en amour, une femme battue, qui va cependant résister à son mari et à la société gangrénée par un patriarcat exécrable. Les relents de la guerre rapportent des mots  de jalousie, de suspicion, dans une odeur rancie que la réalisatrice adoucit de quelques séquences légères, fantaisistes, bienvenues . La balance à une mise en scène stricte et insistante, quand elle n’est pas caricaturale dans les attendus de son récit ( patriarcat, misogynie … ) Le grand-père, par ailleurs détestable, fait alors figure de trouble-fête bienvenue, affirmant dans la résolution finale et bien malgré lui toute la portée de l’Histoire qui s’est remise en marche. Une revendication féminine, une émancipation légitime au cœur d’un moment historique inattendu que la cinéaste détourne de façon bien étrange pour nous conduire dans l’imaginaire d’une romance qui semblait battre le pavé. Paola Cortellesi, la comédienne cette fois, ne faiblit jamais dans l’interprétation de cette femme courage .

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Un commentaire

  1. FILM À NE VOIR QU’EN V.O!!!
    Le parler romain donne un rythme tout comme le choix des musiques ,essentiel, qui anticipent ce que nous allons voir.
    Le ton est mis dès le début avec la chanson désuète à souhait de Fiorella Bini « Aprite le finestre « : chaque parole étant matérialisée à l’écran par son contraire.
    Tout comme «Nessuno «  chantée par Mina ,qui accompagne la rousse qu’afflige le mari a sa femme : excellentissime !
    Difficile à classer,le terme de « comédie «  ne me semble pas spécialement approprié vu le thème abordé et traité.
    Mais la dérision est parfois plus parlante : en dénonçant le patriarcat et le masculinisme ,on aurait espéré que ceux-ci restent d’un autre temps, mais la réalité actuelle n’est guère plus brillante.
    Le terme de « satire » me convient mieux.
    J’aime le regard de Paola Cortollesi, tour à tour innocent,malin,condescendant,amoureux ,soumis,apeuré…et il n’y a pas seulement son regard…
    Quelques incompréhensions telle l’explosion du bar, mais on lui excuse tout pour ce film delizioso naturellement en Noir & Blanc

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