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Viva il Cinema : « Stranizza D’Amuri » de Giuseppe Fiorello. Grand prix du Jury

  • 2h 14min
  • Drame, Romance
  • Avec Samuele Segreto, Simona Malato, Antonio De Matteo

L’histoire :  Années 80. Nino est un  adolescent modèle. Il aide son père artificier lors des fêtes patronales. Gianni est mécanicien dans le garage de son beau-père, le seul qui a bien voulu lui donner du travail . Il est le paria d’un petit village sicilien en raison de ses préférences sexuelles.

  • Viva il Cinema 2024 . Grand prix du Jury

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article

Un scooter,  une motocyclette, une mobylette , il y a toujours ce type d’engin à deux roues vrombissant dans le cinéma italien. « Stranizza d’amuri » n’échappe pas à la règle. Mieux il fait figure de détonateur quand deux jeunes garçons se rencontrent accidentellement sur leurs bécanes, à la croisée des chemins.

Gianni et Nino vont ainsi devenir amis, à contre-courant de leurs familles . Les Scalia parfaitement représentatifs du foyer populaire italien, quand celui de Gianni est réduit à un couple reformé au sein duquel il peine à trouver sa place.

Son beau-père, Franco (Enrico Roccaforte) l’a embauché dans son garage … de mobylettes , faute de mieux. Et à contre-cœur. Gianni aime les garçons…

Chahuté, harcelé, humilié, il est devenu le souffre-douleur des piliers du café du centre bourg , situé en face du garage. Impossible de les éviter.

Sa rencontre avec Nino change la donne. Il se sent fort,  courageux. Il s’affirme et revendique son indépendance auprès de sa mère désemparée.  Lina (Simona Malato), plutôt conciliante jusqu’alors, pressent le danger de cette liaison. Elle peut rallumer quelques mauvais souvenirs . Un autre drame sur lequel le garçon a semble-t-il fait son mea culpa.

On ne brisera pas son nouveau bonheur qui se profile dans les yeux de Nino. Et dans ceux de sa famille qui l’accueille quasiment à bras ouverts (photo). Il travaille dans la carrière de l’oncle, quand le père (Antonio De Matteo) l’initie à l’art de la pyrotechnie.

Artificier , il ne peut continuer son activité en raison de problèmes pulmonaires. Nino assure la relève, Gianni l’accompagne . L’entente est parfaite , même chez les commères qui rapportent aux Scalia qu’ils ont  vu Nino embrasser un autre garçon.

«  Le diable est entré dans la maison » réagit la mère, déconfite, désemparée.

Les deux amants vont alors devoir composer avec une population hostile, menaçante, dangereuse. Nous sommes, à l’été 1982 , dans l’Italie victorieuse de l’Allemagne à la coupe du monde de football. L’événement retransmis à la télévision galvanise la fierté populaire de cette Sicile laborieuse.

Elle ne supportera pas que l’on vienne y mettre un désordre amoureux.

  • A savoir : Le dénouement tragique de cette histoire va réveiller l’Italie des années 80, et permettre au courant LGBTQ de prendre pied sur un terrain peu favorable.

A 50 ans, l’acteur, Giuseppe Fiorello, passe pour la première fois derrière la caméra. Il y avait urgence à ses yeux de livrer cette histoire vraie . En compagnie de comédiens remarquables, dont les deux jeunes  Gabriele Pizzurro et Samuele Segreto , il a amplement rempli son contrat.

2h 14min Drame, Romance Avec Samuele Segreto, Simona Malato, Antonio De Matteo L'histoire :  Années 80. Nino est un  adolescent modèle. Il aide son père artificier lors des fêtes patronales. Gianni est mécanicien dans le garage de son beau-père, le seul qui a bien voulu lui donner du travail . Il est le paria d’un petit village sicilien en raison de ses préférences sexuelles. Viva il Cinema 2024 . Grand prix du Jury Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article Un scooter,  une motocyclette, une mobylette , il y a toujours ce type d’engin à deux roues vrombissant dans le…
Le film

Dans les beaux paysages secs et heurtés de ce petit village sicilien , il y a comme un semblant paradoxal de malveillance . Là où deux garçons vont devenir amis, un peu par hasard, et s’aimer envers et contre tous . Nous sommes, à l’été 1982 , dans l’Italie victorieuse de l’Allemagne à la coupe du monde de football. L’événement retransmis à la télévision galvanise la fierté populaire de cette Sicile laborieuse. Elle ne supporte pas que l’on vienne y mettre un désordre amoureux. Gianni et Nino vont résister jusqu’au bout, face à  une population hostile, menaçante, dangereuse. Ce film plein d’espoir et d’amour évite les écueils des élans faciles et des suggestions anodines pour mieux rapporter aux faits, l’histoire tragique de deux garçons qui s’aimaient. Les plans jamais excessifs, sont très beaux,  répondants toujours aux impératifs  de situations parfois extrêmes. L’ultime sera dévastatrice , mais la pose lumineuse de la séquence, contredit la bêtise crasse du geste fatal. Celui qui va réveiller l'Italie et permettre au courant LGBTQ de prendre pied sur un terrain peu favorable.

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