- 4 février 2026 en salle

- 1 heure et 50 minutes
- Dvd : 4 juin 2026
- Acteurs : Alana Haim, Bill Camp, Hope Davis, John Magaro, Josh O’Connor
- Sous-titres : Français
- Langue : Anglais, Français
- Studio : Condor Entertainment
L’histoire : Massachussetts, 1970.Père de famille en quête d’un nouveau souffle, J.B Mooney se reconvertit dans le trafic d’œuvres d’art. Dans un musée, ses deux complices dérobent des tableaux. Mais la réalité le rattrape : écouler les œuvres s’avère compliqué.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article
Bizarre ce film. Un vol de tableaux dans un musée par des quasi branquignoles, ca peut rappeler quelques affaires. Mais l’indolence immédiate de la mise en scène, n’incite guère à la passion d’un bon thriller en perspective.
Kelly Reichardt semble freiner les ardeurs de son héros . Bon père de famille, plutôt tranquille, en quête d’une éventuelle activité, J.B.Mooney endort la méfiance de ses parents , qui aimeraient bien le voir se remuer un peu plus. Quand on apprend la profession du papa …
Le garçon ne peut évidemment pas révéler son activité licencieuse qui le conduit dans un sale pétrin. Repéré comme suspect dans la disparition de quatre tableaux d’Arthur Dove , il met sa petite famille à l’abris chez papa-maman et se fond dans la nature.
Les amis, les copains, l’accueillent plus ou moins, ça va un temps, sa cavale est une errance pitoyable .Il assume avec flegme et détermination.
Va-t-il prendre un jour conscience du merdier dans lequel il s’est fourré ? En faisant un tel portrait, celui d’un looser total, Kelly Reichardt doit bien avoir elle aussi quelques explications à nous fournir .

Le rythme est incertain, l’écriture , sans excès, voire totalement absente au cœur de scènes qui s’éternisent .
Je disais donc bizarre ce film, encore plus bizarre puisqu’on ne le quitte pas des yeux. Le héros qui n’en est pas un est attachant, sa déambulation énigmatique… Tout un contexte où le monde parait regarder , lui aussi sans comprendre.
Ce monde qui tourne sans lui …
Cette épouse silencieuse (Alana Haim ), un brin réprobatrice, ce fiston Tommy, complice et amusé de suivre son père dans ses premiers rendez-vous avec sa bande… L’attente est prégnante, la tension persistante, mais ce n’est pas forcément celle que l’on imagine . Laissez vous porter ….
Ah j’oubliais, il y a cette trompette jazzy triste et belle à mourir . Laissez vous à nouveau porter …
LE SUPPLEMENT
- Entretien avec la réalisatrice Kelly Reichardt . Festival de Cannes 2025
« Ce n’est pas le projet le plus réfléchi du monde » dit-elle de ce braquage , « pas de courses poursuites grandiloquentes, rien que du matériel … »
« Un personnage difficile à cerner, même lui ne doit pas trop savoir .Sa vie manque de sens, pas de repères (…) « qui pouvait naviguer à travers tous ces styles d’interprétation ? Josh O’Connor, traverse tout ça avec une certaine grâce … »
« L’ancrage historique et politique du film : 1972, mais je le rajeunis de deux ans. Une époque où ça pouvait se produire, après les musées se sont équipés »
Le film
Les bonus
Kelly Reichardt n’a pas la réputation de faire des films faciles, surtout pas ordinaires. « The mastermind » se range vaguement dans la lignée éditoriale de la cinéaste, en ajoutant cette fois de la bizarrerie étrange autour de son héros qui se demande peut-être lui-même à quoi il joue.
Josh O'Connor qui l’interprète est un braqueur de seconde zone, complètement en dehors de ses pompes dans lesquelles il ne remettra jamais les pieds.
On se demande s’il va prendre un jour conscience du merdier dans lequel il s’est fourré ? Repéré comme le cerveau d’un vol de tableaux, il met sa petite famille à l’écart, et cavale solitaire du Massachussetts à Cincinnati , sans aucune intention.
En faisant un tel portrait, celui d’un looser total, Kelly Reichardt nous ramène-t-elle à cette Amérique en roue libre des années soixante, confrontée à la guerre du Vietnam et à la jeunesse en révolution permanente.
Son héros se faufile entre les deux événements, auxquels il est complètement indifférent.
Je confirme donc la bizarrerie de ce film, encore plus bizarre puisqu’on ne le quitte pas des yeux. Restez éveillés !
AVIS BONUS
La réalisatrice , un tout petit instant à Cannes
