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« Les fantômes d’Ismaël » d’Arnaud Desplechin. Critique cinéma

Synopsis: A la veille du tournage de son nouveau film, la vie d'un cinéaste est chamboulée par la réapparition d'un amour disparu...

La fiche du film

Le film : "Les Fantômes d?Ismaël"
De : Arnaud Desplechin
Avec : Mathieu Amalric, Marion Cotillard
Sortie le : 17/05/2017
Distribution : Le Pacte
Durée : 114 Minutes
Genre : Thriller, Drame
Type : Long-métrage
Le film

J’ai très vite arrêté de lire les quelques écrits annonçant ce film : je n’y comprenais rien. Une fois deux heures passées dans les limbes d’un scénario puzzle, plus probablement patchwork, je comprends mieux pourquoi. A travers le récit d’un cinéaste ( Mathieu Amalric ) qui peine à trouver les bonnes idées de son prochain film tandis que son épouse « morte » depuis une vingtaine d’années réapparaît le sourire aux lèvres et le mystère engourdi.

L’intrusion déplaît fortement à la nouvelle compagne du monsieur ( Charlotte Gainsbourg ) , lui-même complètement déstabilisé (et ça ne date pas d’aujourd’hui) par cette ingérence dans une vie de plus en plus déglinguée. L’inspiration lui fait défaut, et les cauchemars peuplent ses nuits. Pour les alimenter, il écrit maintenant l’histoire de son frère ambassadeur qui parait lui-aussi bien à côté de la plaque.

Deux récits s’entrecroisent alors, par intermittence, avec ici et là quelques flash-backs, histoire d’égarer un peu plus le spectateur, malgré la désinvolture et l’humour qui grisent joyeusement l’atmosphère. Nous sommes au bord de la mer, la mer est calme, mais la tempête est ailleurs.

Dans les cranes de tous ces protagonistes qu’Arnaud Desplechin alignent avec une maestria parfaite quand la caméra remet chaque personnage dans le droit chemin. Tous les comédiens sont à l’unisson, formidables ! A l’absurdité des situations, une logique s’impose toujours mais sans forcément correspondre à l’attente des uns et des autres.

A l’impuissance créative et désordonnée d’Ismaël répondent les sentiments éteints de cette femme (Marion Cotillard ) qui hante à nouveau sa vie et ses angoisses. « Tu es devenu mon cauchemar éveillé » dit-il renvoyant désormais sa compagne du jour à d’autres solitudes. On a connu des triangles amoureux plus amoureux, plus formatés, mais la sensualité qui s’en dégage, et les regards accrochés à l’objectif si beau si complice, sont irrésistibles.

De la haine à la jalousie, du remords à la plénitude, de l’abandon à la folie, Desplechin déverse tout ce que l’humanité peut contenir de vibrations sensorielles sans jamais en tarir le flot. C’est tordu, perturbant jusqu’au point de non-retour où le film dans le film (troisième composante) prolonge sa fiction par les véritables aventures de son frère ( Louis Garel ) dans les rues de Prague. Pour le clin d’œil à « La Taupe » de Thomas Alfredson je veux bien admettre, mais à ce rythme de film gigogne, Cannes n’aura pas le temps de tout visionner.

J’ai très vite arrêté de lire les quelques écrits annonçant ce film : je n’y comprenais rien. Une fois deux heures passées dans les limbes d’un scénario puzzle, plus probablement patchwork, je comprends mieux pourquoi. A travers le récit d’un cinéaste ( Mathieu Amalric ) qui peine à trouver les bonnes idées de son prochain film tandis que son épouse « morte » depuis une vingtaine d’années réapparaît le sourire aux lèvres et le mystère engourdi. L'intrusion déplaît fortement à la nouvelle compagne du monsieur ( Charlotte Gainsbourg ) , lui-même complètement déstabilisé (et ça ne date pas d’aujourd’hui) par cette ingérence dans une…
Le film

Plus que de fantômes il est surtout question de cauchemars que tous les protagonistes de cette histoire spectrale tentent de chasser en arguant de formes créatives plus ou moins assumées. La plus évidente est celle de cette revenante vingt ans après et prête à reprendre le cours d’une vie qui hante les jours et les nuits de son ancien mari. Sa nouvelle compagne pose les bases d’une autre relation et le triangle amoureux qui se dessine prend des allures de remords et de vengeance. Desplechin scrute l’abîme et le tréfonds de l’âme humaine sans jamais engager un quelconque processus d’identification . On n’est pas vraiment dans l’absurde, mais la logique est toujours contrariée C’est tordu, perturbant jusqu’au point de non-retour, celui d’une troisième composante, le film dans le film, celui que s’apprêtait à tourner notre héros en racontant l’histoire de son frère ambassadeur et pas très bien lui non plus sous la casquette. J’ai essayé d’être clair, le film ne l’est pas vraiment. Dommage pour une histoire qui aurait mérité un traitement peut-être plus académique, en tout cas moins restrictif dans sa narration, avec des comédiens de haut vol : Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg, Louis Garrel, Mathieu Amalric, Alba Rohrwaher ...

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