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« Le Roi de cœur » de Philippe de Broca. Critique cinéma-dvd

Synopsis: Avant d'évacuer Marville, en 1918, les Allemands dissimulent une charge d'explosifs dans la cathédrale. Avertis, les alliés chargent le soldat Plumpick d'en trouver la cachette. Arrivé en ville, tous les habitants ont déserté à l'exception des pensionnaires de l'asile d'aliénés.

La fiche du film

Le film : "Le Roi de coeur"
De : Philippe de Broca
Avec : Alan Bates, Geneviève Bujold
Sortie le : 25/01/2017
Distribution : Swashbuckler Films
Durée : 102 Minutes
Genre : Comédie dramatique, Guerre
Type : Long-métrage
Le film
Les bonus

Meilleur dvd Janvier 2017 ( 5 ème )

Sur une séquence finale, le général Géranium (Pierre Brasseur) s’amuse du défilé des soldats écossais et allemands, sur  la place du village, masqués par le blockhaus central. Il se demande « s’ils n’en font quand même pas un peu trop ». Je trouve cette remarque aussi savoureuse que la scène qui l’accompagne dans un film où les acteurs en font parfois effectivement un peu trop.

Philippe de Broca a-t-il volontairement posé ce genre de réplique au cœur d’une histoire qui joue beaucoup sur le deuxième voire le troisième degré? Il ne ménage pourtant pas sa peine pour la raconter au ras des pâquerettes. Elle rapporte sur des faits réels l’échappée belle des pensionnaires d’une maison d’aliénés à la fin de la première guerre mondiale.

Sur cette trame, Maurice Bessy et Daniel Boulanger (par ailleurs Colonel Helmut von Krack) imaginent une aventure délirante au cœur d’un village déserté par ses habitants qui devient le théâtre de ces fous qui ne le sont pas forcément. Ils vont, tout au long de leurs délires, le prouver au démineur britannique infiltré peu discrètement dans la bourgade.

Pas si bête que ça le singe, pas si fou que ça le fou

Il s’appelle Plumpick et ne comprend bien évidemment rien à ce qui lui arrive. Une horde d’hommes et de femmes lui tombe sur le grappin en saluant l’avènement du roi de cœur. Autour de ce héros se réinvente alors une autre vie dans les rues et les maisons désertées.

L’appropriation est cocasse. Les filles de joie se poudrent dans les ruines d’une chambre poussiéreuse, ouverte à tous les vents. Le coiffeur (Michel Serrault, plus folle que fou, déjà) au milieu d’une clientèle disparate, minaude et parade dans l’insouciance d’une journée sans soldats. Les animaux du cirque déambulent en toute liberté pour ce « Jour de fête » bien particulier.

C’est effectivement la belle folie des hommes plein d’espoir et de paix au milieu de fantassins allemands abrutis, égarés, iconoclastes. Y’a du Mocky dans l’air, de la poésie à tout crin (savoureuse balade vélocipédique), des carrosses et des tanks pour faire la course et des femmes qui attendent l’amour.

Geneviève Bujold dit Coquelicot découvre son prince charmant (le fameux Plumpick : Alan Bates) conseillée par une mère maquerelle (Micheline Presle) et une duchesse (Françoise Christophe) sous les yeux du duc qui n’y voit que du feu. Jean-Claude Brialy comme un poisson dans l’eau nage vers des jours meilleurs.

« Vous voyez bien qu’il y a une barrière entre eux et nous » prévient-il Plumpick qui s’apprête à rejoindre ses collègues militaires, « ce sont des méchants ». Une séquence fabuleuse là encore mise en scène de manière presque élégante. Philippe de Broca ne se contente pas d’amuser et d’instruire les foules. Il joue de l’œil et de la caméra, brocarde ici et là, le sabre et le goupillon. Julien Guiomar en Monseigneur Marguerite. Ultime bénédiction, la messe est dite !

 

  • Un peu le même esprit, tout aussi sérieux et loufoque :

« La Souris qui rugissait » de Jack Arnold avec Peter Sellers et Jean Seberg

LES SUPPLEMENTS

  • Entretien avec Pierre Lhomme (10 mn). Il est entrecoupé de petites vidéos du tournage où le réalisateur apparait tel que le présente son directeur de la photographie. « Personne ne comprenait quel film on faisait, c’était difficile pour les acteurs, mais aussi pour les techniciens, Philippe tenait la charrette avec beaucoup d’énergie »

Pierre Lhomme évoque aussi l’échec du film en France (un succès aux USA) « on a parlé d’un film sur les fous, ce qui n’était pas vraiment le cas ».

  • Entretien avec Michelle de Broca (8 mn). Epouse un temps, et productrice, elle revient sur l’histoire de ce film, son financement difficile et les péripéties du tournage où il fallait notamment surveiller la consommation d’alcool de Mr Brasseur. Il y aura aussi les conséquences de l’accident de Alain Bates, un pied cassé après une semaine de tournage…
Les personnalités assistent au défilé des militaires allemands et écossais

La sortie du film demeure un mauvais souvenir « je n’ai pas fait ce qu’il fallait… ». Quand le succès revient des USA, on lui explique que c’est « grâce aux étudiants, qui ont fait une comparaison avec la guerre du Vietnam, je ne sais pas pourquoi ». Effectivement on peut encore se poser la question.

  • Les comédiens sur le tournage (5 mn). Ils disent tout le bien qu’ils pensent de leur réalisateur, mais avec des arguments qui n’ont rien de la langue de bois.
  • Le monde irréel de Philippe de Broca (1.35 mn). Son point de vue sur le film en définissant ce qui peut être irréel
Meilleur dvd Janvier 2017 ( 5 ème ) Sur une séquence finale, le général Géranium (Pierre Brasseur) s’amuse du défilé des soldats écossais et allemands, sur  la place du village, masqués par le blockhaus central. Il se demande « s’ils n’en font quand même pas un peu trop ». Je trouve cette remarque aussi savoureuse que la scène qui l’accompagne dans un film où les acteurs en font parfois effectivement un peu trop. Philippe de Broca a-t-il volontairement posé ce genre de réplique au cœur d’une histoire qui joue beaucoup sur le deuxième voire le troisième degré? Il ne ménage pourtant pas…
Le film
Les bonus

Un flop à sa sortie en 1966, un succès dans la foulée aux USA, la méprise a suscité bien des commentaires sur un film qui aujourd’hui apparaît bonifié par ses rides et son histoire. Loufoque à priori quand tous ces pensionnaires d’un asile d’aliénés prennent la poudre d’escampette pour redonner vie à un village déserté devant l’arrivée des troupes allemandes qui à la fin de la première guerre détruise tout ce qu’ils peuvent avant de battre en retraite. C’est presque sur le ton de la galéjade que Philippe de Broca, léger et désinvolte rapporte des faits véridiques pour en faire une parodie d’un quotidien pas très reluisant. Les plus fous ne sont bien évidemment pas ceux que l’on imagine, et on se plait à suivre cette fête ininterrompue sur la place de l’église où Tati et Mocky auraient pu se rencontrer. L’affiche est magnifique de célébrités confirmées ou en devenir dont Michel Serrault en folle Figaro qui précédait l’événement. A l’image de ce réalisateur qui ne se contente pas d’amuser et d’instruire les foules. Il joue de l’œil et de la caméra, brocarde ici et là, le sabre et le goupillon. Julien Guiomar en Monseigneur Marguerite. Irrésistible !

Avis bonus Le point de vue du directeur de la photo, des comédiens et de Mme de Broca… C’est très intéressant d’autant que dans le premier chapitre, plusieurs vidéos du tournage donnent un excellent aperçu des coulisses de ce film.

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