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« La Forteresse cachée » d’Akira Kurosawa. Critique cinéma

Synopsis: Japon, XVIe siècle. En croisant un homme puis une femme dont ils ignorent la véritable identité, deux petits escrocs querelleurs, Matashishi et Tahei se retrouvent mêlés à une guerre de clans entre les Akizuki défaits par les Yamana. Il s’agit du samouraï Rokurota, chargé de la protection de la princesse d’Akizuki. Attirés par le trésor qu’ils transportent, les deux compères vont les suivre jusqu’au royaume Hayakawa où ils pensent pouvoir  trouver refuge...

La fiche du film

Le film : "La Forteresse cachée"
De : Akira Kurosawa
Avec : Toshirô Mifune, Misa Uehara
Sortie le : 25/01/2017
Distribution : Carlotta Films
Durée : 139 Minutes
Genre : Aventure
Type : Long-métrage
Le film

Ours d’Or au Festival de Berlin de 1959

« Encore cette tête » dit la princesse à son protecteur, « elle suinte la loyauté ».

C’est une route semée d’embûches. Une poursuite incessante pour échapper aux soldats et préserver l’or qui permettra de remettre à flot un empire anéanti. Une princesse qui se cache, un protecteur Rokurota et deux abrutis débarqués là un peu par hasard.

Matashishi et Tahei accumulent toutes les tares. Ils n’arrêtent pas de se chamailler pour avoir toujours plus. Quand il s’agit d’or, leur cupidité doublée d’une stupidité rare ravive les querelles que Rokurota  maîtrise de plus en plus difficilement.

Toshirô Mifune au coeur de la mise en scène de son fidèle réalisateur.

Les conséquences souvent fâcheuses peuvent-être catastrophiques devant la menace qui leur fait craindre d’être à tout moment démasqués. Ironique, un brin machiste, mais obligatoirement respectueux, le samouraï met la princesse au défi de faire la muette pour ne pas être repérée. Comme c’est une fille cela lui sera difficile pense-t-il tout en haut.

La belle s’exécute et se tait, ses yeux parlent pour elle. Elle sait qu’elle est l’espoir d’un peuple perdu et pour le reconquérir, il lui faut faire preuve d’abnégation et de patience.

Une détermination à toute épreuve que Kurosawa élève au rang de l’honneur d’un blason, celui du combat féminin au cœur de celui des hommes. Il le traduit dans une aventure picaresque qui ne manque pas de piquant, mais aussi de longueurs chevaleresques dans un japon médiéval, pauvre et cruel.

Ces personnages sont pourtant le plus souvent assez drôles, bien évidemment contrôlés par les deux pieds nickelés de service quasiment de tous les plans. Un humour pour alléger un propos quasi séditieux. On dit que George Lucas aurait pioché dans le discours pour alimenter celui de « Star Wars » . Ces américains auront décidément beaucoup pris à Kurosawa.

LES AUTRES FILMS DU CYCLE II

  • « Un merveilleux dimanche ». Dans un style mêlant réalisme et lyrisme, une chronique sociale bouleversante sur un Tokyo en pleine reconstruction
  • « Le plus dignement ». Un hommage aux femmes japonaises et à leur courage en temps de guerre.

 

  • « L’Ange ivre ». Matsunaga, gangster respecté d’un quartier malfamé de Tokyo, se rend chez le docteur Sanada pour faire soigner sa blessure. Ce dernier lui apprend qu’il est atteint de tuberculose…
  • « Chien enragé ». « L’idée originale du scénario me vint en entendant parler d’un vrai détective qui eut le malheur pendant cette époque de restrictions de perdre son pistolet. […] J’aime beaucoup Georges Simenon, et j’ai voulu faire quelque chose qui fût dans sa manière. »

  • « Vivre ». Un fils et sa bru n’attendent qu’une chose : la mort du vieil homme et l’héritage tant convoité.
  •  « Sanjuro ». Neuf jeunes samouraïs sont réunis pour célébrer leur victoire. Ils  pensent avoir enfin réglé les problèmes de corruption qui gangrènent leur clan grâce à leur alliance avec l’inspecteur Kikui.
  •  » Barberousse ». Japon, début du XIXe siècle. Yasumoto vient de finir de brillantes études de médecine et se prépare à être affecté à un poste prestigieux. Contre toute attente, il est nommé dans un dispensaire d’un quartier défavorisé de la capitale
Ours d’Or au Festival de Berlin de 1959 « Encore cette tête » dit la princesse à son protecteur, « elle suinte la loyauté ». C’est une route semée d’embûches. Une poursuite incessante pour échapper aux soldats et préserver l’or qui permettra de remettre à flot un empire anéanti. Une princesse qui se cache, un protecteur Rokurota et deux abrutis débarqués là un peu par hasard. Matashishi et Tahei accumulent toutes les tares. Ils n’arrêtent pas de se chamailler pour avoir toujours plus. Quand il s’agit d’or, leur cupidité doublée d’une stupidité rare ravive les querelles que Rokurota  maîtrise de plus en plus difficilement.…
Le film

Un film d'aventures dans lequel Kurosawa prend beaucoup de plaisirs à caricaturer son couple de héros, deux malheureux paysans, stupides et cupides. Ils se chamaillent sans cesse et créent des imbroglios qui risquent de mettre en péril la princesse qu’ils accompagnent sans le savoir en compagnie d’un valeureux samouraï. Leur chemin est bien évidemment pavé de quelques anicroches favorables aux duels que le cinéaste sublime une fois encore dans la confrontation entre le samouraï protecteur (Toshirô Mifune) et le chef du clan vainqueur les Yamana. Le réalisateur agrémente le tout d’un regard souvent drôle, ou léger, comme pour mieux faire oublier que ce Japon, bien que médiéval suinte de la misère populaire et croule sous les guerres.

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