Accueil » A la une » « Ma Loute » de Bruno Dumont. Critique cinéma

« Ma Loute » de Bruno Dumont. Critique cinéma

Synopsis: Eté 1910, Baie de la Slack dans le Nord de la France. De mystérieuses disparitions mettent en émoi la région. L'improbable inspecteur Machin et son sagace Malfoy (mal) mènent l'enquête. Ils se retrouvent bien malgré eux, au cœur d'une étrange et dévorante histoire d'amour entre Ma Loute, fils ainé d'une famille de pêcheurs aux mœurs bien particulières et Billie de la famille Van Peteghem, riches bourgeois lillois décadents.

La fiche du film

Le film : "Ma Loute"
De : Bruno Dumont
Avec : Fabrice Luchini, Juliette Binoche
Sortie le : 13/05/2016
Durée : 122 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
Le film

Il fallait oser. Faire un tel film, et surtout le sélectionner à un festival de l’envergure cannoise. Une arrière-pensée de polémique en puissance. Bruno Dumont n’y va pas par quatre chemins : dans l’esprit de son « P’tit Quinquin » il débarque à nouveau sur une plage du nord de la France où disparaissent mystérieusement des touristes.

Les enquêteurs sont de la trempe du Carpentier de la série TV, au profil Laurel et Hardy, et légère intonation des Dupond de chez Tintin. Une illustration de la caricature que le réalisateur écorche à grands coups d’objectifs dans une galerie de portraits plus barjos les uns que les autres. Des personnages de BD. Il y a le gamin du rôle-titre et surtout ses parents, des Thénardier marins charcutant la chair fraîche de toute provenance.

Des gueules à faire peur à la bourgeoisie consanguine des Van Peteghem, décadents et tout aussi déglingués, mais qui ne le savent pas encore.Fabrice Luchini, quasi méconnaissable en comte de fin de France est une marionnette de foire à lui tout seul, extraordinaire et lassant à la longue. Est-ce le personnage qui nous amuse ou le comédien portant ses rictus ? C’est un peu la faiblesse du scénario qui une fois le théâtre de sa comédie bien en place ne sait plus trop où donner de la tête.

photo-ma-loute-182931

Dumont a demandé à la plupart de ses comédiens de jouer à l’excès. Juliette Binoche la cousine de Tourcoing des Van Peteghem suit la recommandation avec une gourmandise qu’on ne lui soupçonnait pas.Ca fonctionne plutôt  bien. Comme l’ensemble du casting (Valeria Bruni-Tedeschi, Didier Desprès, Jean-Luc Vincent…) qui malheureusement constitue bien un ensemble. Tous les acteurs mis bout à bout en font  beaucoup trop. On se lasse de les voir virevolter pour un rien, ricaner pour encore moins, dans un cadre parfaitement ajusté par un réalisateur qui tient bien sa partition sans aller à la coda.

Il nous reste alors la lutte des classes qui s’enlise dans les marais avoisinants, quelques baisers interdits entre Billie Van Peteghem (fille ou garçon ?) et Ma Loutte qui n’y voit que du feu, et des paysages étonnants, magnifiquement baignés par une eau d’un bleu délavé dans un ciel tout aussi diaphane. Le Nord de la France paradisiaque, toutes les nouvelles ne sont pas mauvaises !

Il fallait oser. Faire un tel film, et surtout le sélectionner à un festival de l’envergure cannoise. Une arrière-pensée de polémique en puissance. Bruno Dumont n’y va pas par quatre chemins : dans l’esprit de son « P’tit Quinquin » il débarque à nouveau sur une plage du nord de la France où disparaissent mystérieusement des touristes. Les enquêteurs sont de la trempe du Carpentier de la série TV, au profil Laurel et Hardy, et légère intonation des Dupond de chez Tintin. Une illustration de la caricature que le réalisateur écorche à grands coups d’objectifs dans une galerie de portraits plus barjos les uns que les…
Le film

Reprendre l’esprit du « P’tit Quinquin » dans une galerie de portraits poussés à la caricature, Bruno Dumont en fait cette fois un peu trop dans une histoire aussi fine qu’un papier de cigarette. La disparition de touristes sur une plage du Nord de la France inquiète beaucoup deux inspecteurs de police aussi nigauds que le Carpentier de la série TV. Alors voir Luchini excellent dans une marionnette défraichie ou Juliette Binoche exaltée à la démesure prend quelques minutes d’attention, mais le tempo ne suit pas la cadence du réalisateur. Le fil de la marionnette se casse. On se lasse de tous les voir virevolter pour un rien, ricaner pour encore moins, dans un cadre parfaitement ajusté par un réalisateur qui tient sa partition sans aller à la coda.

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

« Lion » de Garth Davis . Critique cinéma

Je ne sais pas si les Oscars vont suivre ( 6 nominations ) , mais ça ne mérite pas ça