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« Camille Claudel 1915 » de Bruno Dumont . Critique Cinéma

Synopsis: Hiver 1915. Internée par sa famille dans un asile du Sud de la France - là où elle ne sculptera plus - chronique de la vie recluse de Camille Claudel, dans l’attente d’une visite de son frère, Paul Claudel.

La fiche du film

Le film : "Camille Claudel 1915"
De : Bruno Dumont
Avec : Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent
Sortie le : 13/03/2013
Distribution : ARP S?lection
Durée : 95 Minutes
Genre : Biopic
Type : Long-métrage
Le film

Nous infliger un tel traitement ! Pour dire la paranoïa, l’enfermement, la déraison. Tout ce que Camille Claudel a subi pendant des dizaines d’années et que Bruno Dumont , habité par la grâce, nous renvoie dans la figuration mimétique d’un univers carcéral.
Juliette Binoche, extraordinaire, puis à la peine, recompose à la ride près, le malheur de cette femme dont le réalisateur prend d’emblée la défense. C’est un film à thèse qui veut que l’artiste n’aurait jamais dû se retrouver au milieu de ces « vrais » fous. Des têtes affligeantes, édentées, perdues dans un monde de démence, à la longue insupportable. Et pourtant le réalisateur insiste et s’appesantit sur ces corps désœuvrés où se noie la pauvre Camille, paranoïaque certes, mais bien isolée dans sa maladie.

Elle est encore jeune, ils sont plutôt âgés, elle est consciente… Tout le poids du film repose sur cette inadaptation au monde psychiatrique que la contrainte du réalisateur réussit à nous faire admettre. Son regard, naturaliste, donne à son cadre des compositions de nature morte. Mais passer trente secondes sur la cuisson des pommes de terre…

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La lueur d’espoir est la même pour Camille que pour le spectateur. Son frère, Paul, l’éminent écrivain doit lui rendre visite. On nous la promet depuis une demi-heure, quand un quart d’heure plus tard, le messager se fait annoncer. Las, c’est un boulet.
De la réclusion, on passe à la lumière. Du genre mystique et bigoterie. C’est pesant, pompeux, contemplatif. Je veux bien croire que le plus fidèle des croyants ira brûler un cierge pour cette scène qui n’en finit pas. Et saluera un film pieux mais si pieux…

Car à cet instant j’ai définitivement décroché de cette réalisation, aussi ébaubie que ce pauvre prêtre en arrêt devant le discours illuminé de son visiteur. Paul Claudel s’attardera beaucoup en chemin ,dans une abbaye ,pour y prier et méditer. Il sera plus expéditif une fois rendu dans l’asile où sa sœur se morfond. Surtout quand le directeur émettra l’hypothèse de… la libérer.
La suite est une litanie de plaintes et d’aliénés.

Nous infliger un tel traitement ! Pour dire la paranoïa, l’enfermement, la déraison. Tout ce que Camille Claudel a subi pendant des dizaines d’années et que Bruno Dumont , habité par la grâce, nous renvoie dans la figuration mimétique d’un univers carcéral. Juliette Binoche, extraordinaire, puis à la peine, recompose à la ride près, le malheur de cette femme dont le réalisateur prend d’emblée la défense. C’est un film à thèse qui veut que l’artiste n’aurait jamais dû se retrouver au milieu de ces « vrais » fous. Des têtes affligeantes, édentées, perdues dans un monde de démence, à la longue…

Review Overview

Le film

Malgré les efforts de Juliette Binoche dans un rôle-titre acharné, ce film sombre dans la démesure mystique, décalque d’une histoire vraie gâchée par la fidélité de son réalisateur à ces attendus historiques. Il prend la défense de la pauvre Camille mais sa plaidoirie est pesante.

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3 Commentaires

  1. J’étais moyennement motivé pour aller le voir. Je sais à quoi m’en tenir, merci Loïc.

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