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« Faute d’amour » de Andrei Zvyagintsev. Critique cinéma

Synopsis: Boris et Genia divorcent. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui est prêt à l'épouser... Aucun des deux ne semble avoir d'intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu'à ce qu'il disparaisse.

La fiche du film

Le film : "Faute d'amour"
De : Andrey Zvyagintsev
Avec : Alexey Rozin, Maryana Spivak
Sortie le : 20/09/2017
Distribution : Pyramide Distribution
Durée : 128 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Grand Prix du Jury. Cannes 2017

C’est un pays qui abandonne ses enfants. La disparition de l’un d’entre eux n’affecte pas outre mesure le commissariat de police qui « transfère » le dossier à son voisin. Soit le GRED, un mouvement non étatique constitué de citoyens bénévoles.

Parfaitement organisé, personne ne trouve à redire. Surtout pas Boris ( Alexey Rozin) et Genia ( Maryana Spivak ) les parents d’Aliocha qui entre deux scènes de ménages le laissaient se morfondre dans sa petite chambre.

Divorce en vue. Chacun a déjà refait sa vie. Quand l’établissement scolaire signale l’absence du garçonnet, 24 h se sont écoulées. C’est un pays qui ne donne plus signe de vie. Pour participer aux recherches les parents traînent les pieds.

Une mère et son fils, sans engagement, aucun…

C’est un film sur le désamour, un film policier sans arme ni police. Dans la Russie de Andrei Zvyagintsev et surtout dans son cinéma pouvait-il en être autrement ? Le réalisateur soviétique relate une fois encore dans la perte et l’abandon, un pays voué à des sentiments anarchiques et contradictoires.

Boris s’inquiète des répercussions de son divorce auprès de son employeur quand son ex se complaît dans un style de vie inespéré auprès d’un nouveau compagnon, aisé et suffisant. Autrefois chez Pavel Louguine ces deux mondes s’affrontaient. Aujourd’hui ils s’ignorent dans la froidure ambiante que rien ne semble pouvoir réchauffer.

Les recherches demeurent vaines et la grand-mère du garçon disparu s’étonne qu’on ait pu les conduire jusque dans sa demeure.

Ou bien dans cet établissement qui autrefois dut être le rendez-vous des grandes fêtes et des bals somptueux. Aujourd’hui, une bâtisse lépreuse ouverte à tous les vents, crevassée, lézardée. C’est un pays qui se fissure.

Andrei Zvyagintsev n’a jamais été aussi intransigeant dans son regard, sa mise en scène, sa liberté de penser. Le coup de grâce, il l’assène à la morgue où le corps du gamin repose peut-être. Un lieu informe et sale, poisseux, à peine éclairé. On n’y fait que passer, mais la patte du réalisateur est suffisante pour y laisser une empreinte indélébile. A l’image de son film !

  • D’autres films sur la paternité ( parmi l’un des nombreux thèmes ) :

« Otez-moi d’un doute » de Carine Tardieu

« Les filles d’Avril » de Michel Franco

« Le fils de Jean » de Philippe Lioret.

« Tel père, tel fils » de Hirokazu Koreeda

« Keeper » de Guillaume Senez

  • Les autres films de Andrei Zvyagintsev  ( aussi excellents ) :

« Le retour » (Lion d’Or à Venise 2003 ) – « Léviathan » (Prix du scénario 2014 à Cannes ) « Elena » (Prix spécial du Jury à Cannes 2011 )

Grand Prix du Jury. Cannes 2017 C’est un pays qui abandonne ses enfants. La disparition de l’un d’entre eux n’affecte pas outre mesure le commissariat de police qui « transfère » le dossier à son voisin. Soit le GRED, un mouvement non étatique constitué de citoyens bénévoles. Parfaitement organisé, personne ne trouve à redire. Surtout pas Boris ( Alexey Rozin) et Genia ( Maryana Spivak ) les parents d’Aliocha qui entre deux scènes de ménages le laissaient se morfondre dans sa petite chambre. Divorce en vue. Chacun a déjà refait sa vie. Quand l’établissement scolaire signale l’absence du garçonnet, 24 h se sont écoulées. C’est…
Le film

Un divorce. La garde de l’enfant pose à nouveau problème mais pas dans le sens communément entendu : ni le père, ni la mère ne se précipitent ici pour récupérer le garçonnet.  Dans la Russie de Andrei Zvyagintsev et surtout dans son cinéma pouvait-il en être autrement ? Le réalisateur de « Léviathan » saisit une fois encore l’opportunité de dévier le sens commun pour relater l’état d’une société qui dans le bien être apparent se sclérose et refuse d’admettre sa propre évolution vers une espèce de nihilisme. Au point que la police se désintéresse de la fugue du garçonnet dont les parents demeurent eux aussi bien en retrait. La violence verbale qui les réunit forge par contre une haine de plus en plus destructrice et aveugle. Andrei Zvyagintsev est pessimiste et c’est peu de le dire. Son film est noir, désespéré et d’une efficacité terrible dans le chaos qu’il prévoit plus qu’il ne le dépeint. Sous ses apparences mortifères, il raconte merveilleusement bien (direction d’acteurs parfaite) l’histoire simple et commune d’un couple qui ne s’aime plus et la recherche d’un enfant disparu. Le cinéma nous a déjà conté ce type d’aventures, mais sous l’œil du cinéaste soviétique c’est toujours un nouveau cinéma qui s’annonce.

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