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« Parasite » de Bong Joon Ho. Critique cinéma

Synopsis: Toute la famille de Ki-taek au chômage s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à̀ se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne...

La fiche du film

Le film : "Parasite"
De : Bong Joon Ho
Avec : Song Kang-Ho, Lee Sun-kyun
Sortie le : 05/06/2019
Durée : 132 Minutes
Genre : Thriller
Type : Long-métrage
Le film

Palme d’or 2019 à Cannes . – 

On allait donc voir ce que l’on allait voir. Une Palme d’or. On a vu, on oublie Cannes, son tapis rouge et son palmarès pour ne regarder qu’un film extravagant, époustouflant, horrifique, une somme d’images inouïes par leur beauté, leur cruauté, leur humour et leur pertinence.

L’affiche et le titre s’accordent bien pour nous parler d’une famille sans relief , recluse dans l’anonymat d’un quartier mal fréquenté et qui joue facilement des coudes pour se frayer un chemin plus ou moins honorable. On pense déjà à celle de Hirokazu Kore-eda , elle aussi Palme d’or l’an passé à Cannes.

Mais question arnaque, le clan Ki-taek joue largement au-dessus.

La famille Ki-taek aimerait bien quitter ce quartier peu recommandable

Le fils Ki-Woo, ( Choi Woo-shik ) à l’intelligence supérieure, favorise sa dynamique et sa débrouillardise autour de parents un brin benêts. Belle comme tout, la fille Ki-jing, (Park So-Dam ) complète le tableau peu reluisant …

Il faut faire avec claironne le père ( Song Kang-Ho) aux plans foireux, qui n’en veut à personne et surtout pas à sa descendance qu’il chérit par-dessus-tout. Surtout quand elle lui offre peut-être la solution à son chômage à rallonge.

Un copain propose en effet au fiston des cours particuliers d’anglais à donner à une jeune fille d’une famille très riche, les Park. Il en est amoureux, mais doit s’absenter quelques mois. Alors si Ki-Woo peut assurer …

Beaucoup d’argent en perspective, peu d’investissement personnel, et la chance de côtoyer le beau monde, le jeune homme n’hésite pas . Un faux diplôme universitaire, une aisance de premier de la classe et le voici adoubé par Mme Park (Jo Yeo-jeong) qui ne jure désormais que par lui.

Elle a raison de lui faire confiance. Une fois dans la place Ki-Woo s’évertue à faire fructifier ses connaissances au profit d’un environnement qu’il m’est impossible de révéler.

Tout le sel du récit, son intérêt, sa construction, ordonnent au héros la même discrétion que requiert le réalisateur quand il se lance dans ce récit labyrinthique. Un emboîtement de poupées russes dans lesquelles chaque fois une solution se heurte à un nouveau problème. Joli scénario, diabolique.

Chez les Park, c’est la fête, la vie facile, l’insouciance des jours heureux

Pas de souci, Ki-Woo vient toujours à la rescousse de la famille Park . Ses matriochkas sont de plus en plus ingénieuses ou … terrifiantes.

Bong Joon Ho réserve ainsi une fois encore à la société coréenne un sort peu enviable sur la socialisation du pays. Il aligne de la même manière plus d’une allusion sur la situation détestable entre les deux Corée.

C’est finement joué et interprété, parfois drôle, mais aussi tragique que ce carnage annoncé le jour d’une fête anniversaire. Un humour mortifère en quelque sorte dont on sort indemne si l’on croit aux vertus du septième art et à la résonance de ses images. Ce que Cannes a pu entrevoir. Et que le cinéma nous confirme, grandeur nature.

  • Quelques films coréens sélectionnés dans ce blog :

» Battleship Island » de Seung-Wan Ryu

« Joint Security Area » de Park Chan Wook

« Memories of murder » de Joonho Bong

« Entre deux rives » de Kim ki Duk

» Man on high heels » de Jang Jin

« A cappella » de Lee Sujin

« Sea fog » de Shim Sung bo

» A girl at my door » de July Jung

« Mother » de Bong Joon ho

Palme d’or 2019 à Cannes . -  On allait donc voir ce que l’on allait voir. Une Palme d’or. On a vu, on oublie Cannes, son tapis rouge et son palmarès pour ne regarder qu’un film extravagant, époustouflant, horrifique, une somme d’images inouïes par leur beauté, leur cruauté, leur humour et leur pertinence. L’affiche et le titre s’accordent bien pour nous parler d’une famille sans relief , recluse dans l’anonymat d’un quartier mal fréquenté et qui joue facilement des coudes pour se frayer un chemin plus ou moins honorable. On pense déjà à celle de Hirokazu Kore-eda , elle aussi…
Le film

Il est impossible de parler de ce film dans son intégralité sous peine d'en révéler l’essence même, le raisonnement profond d’un réalisateur véritablement habité par son histoire, ses personnages et les répercussions qui en découlent plus ou moins joliment. Un sujet ahurissant, extravagant et parfois horrifique et toujours la même mise en scène. Une élégance décalée dans ce monde de faux semblants, sur un scénario délirant, où l’on s’approprie les histoires, les identités . Deux récits en parallèles, l’un ignore l’autre, mais se complètent peu à peu subrepticement pour aboutir  à cette somme d’images inouïes par leur beauté, leur cruauté, leur humour et leur pertinence. Un humour mortifère en quelque sorte dont on sort indemne si l’on croit aux vertus du septième art et à la résonance de ses images. Ce que Cannes a pu entrevoir. Et que le cinéma nous confirme, grandeur nature.

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