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« L’Ordre des médecins » de David Roux. Critique cinéma-dvd

Synopsis: Simon, 37 ans, est un médecin aguerri. Il côtoie la maladie et la mort dans son service de pneumologie. Il a appris à s’en protéger. Mais quand sa mère est hospitalisée dans une unité voisine, la frontière entre l’intime et le professionnel se brouille. L’univers de Simon, ses certitudes et ses convictions vacillent...

La fiche du film

Le film : "L'Ordre des médecins"
De : David Roux
Avec : Jérémie Renier, Marthe Keller
Sortie le : 23/01/2019
Distribution : Pyramide Distribution
Durée : 93 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
le film
Les bonus

Sortie DVD 04 Juin 2019

Le titre n’est pas terrible, le sujet peut rebuter … Et pourtant je vous engage vivement à suivre ce jeune médecin pneumologue qui affronte quotidiennement la maladie. C’est le propre de son activité, beaucoup moins ordinaire quand il s’agit de sa mère.

Comment faire, comment réagir, en l’imaginant toute proche, dans un service où il va confronter ses collègues à un questionnement particulier. Jérémie Rénier prend son rôle très à cœur au point de l’élever à une notion plus générale sur la responsabilité.

Il est question de médecine, et de tout autre activité engageant une autorité quelconque.  Devant le défilé des médecins, ses confrères, de leur avis et prescription, le spécialiste tente de garder ses distances tout en contenant les interrogations de sa famille.

Un père déboussolé, une sœur sur ses gardes (Maud Wyler), consciente de la gravité de la maladie maternelle. L’homme vit par ailleurs une histoire d’amour dans son propre service ce qui parait idéaliser le scénario. Mais la façon dont David Roux en extrait la force et l’intérêt permet à Agathe (Zita Hanrot) d’être un véritable soutien à Samuel.

Elle l’exprime de manière sensée, véridique. Sur des scènes engagées de la même façon autour du processus créatif que le cinéaste réussit à doubler d’un point de vue documentaire pertinent. Le film tient les deux rives sur lesquelles on retrouve tout aussi aisément le héros confondu entre le médecin et l’homme.

Le frère et la soeur dans la cour de l’hôpital, toujours la même famille

Qui vient au chevet de la maman ? Marthe Keller tient le rôle avec la dignité de la vieille dame qui ne veut plus rien entendre des fausses promesses et des espoirs de circonstance. Ce qui interpelle là encore autant le fils que le médecin

« Pourquoi as-tu voulu que je fasse médecine ? »

« C’est un beau métier » lui dit-elle dans un sourire triste mais apaisé, elle qui maintenant laisse la mort l’emporter. Ce n’est pas dans ses yeux quelque chose d’inéluctable, mais de naturel et prévisible. Ce à quoi son grand fiston de spécialiste ne peut plus rien.

David Roux retourne ainsi le sujet en le présentant tel qu’il aura toujours été, retenu et fragile : une famille au cœur de sa plus belle intimité. Un film à tiroirs, peut être, plein d’espoir, certainement.

LES SUPPLEMENTS

  • Entretien avec David Roux ( 28 mn ). « Je connaissais l’envers du décor vu mon environnement familial (…) La maladie de ma mère, mon frère pneumologue, ses réactions, on en parlait beaucoup entre nous (… ) entre l’intime et le professionnel il y avait quelque chose à explorer, creuser une énigme… »

« Montrer l’hôpital tel qu’il est , des dizaines de portes, des couloirs qui n’en finissent pas sur des kilomètres, rien à voir avec l’héroïsme américain des soignants, ici l’héroïsme est quotidien , avec des horaires absurdes, les sous effectifs… »

Influences  pour le film :  « Oslo 31 Aout » de Joachim Trier (photo), «  Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois  . David Roux s’en explique très bien .

Le titre ?  : «  il y a une référence religieuse, la vocation , le vocabulaire de la médecine est assez proche de celui de la religion ».

Sur le casting, «  Jérémie Rénier s’est engagé en premier sans financement, ni partenaires. Ce qui a bien aidé les choses par la suite ».

« Marthe Keller, un rôle ingrat qu’elle a eu la gentillesse d’accepter, il y a quand même mieux pour une actrice que de passer le tournage dans un lit d’hôpital ».

Contrainte de budget, 25 jours :  «  je savais que l’on aurait pas  le temps de tout faire pour se border, être sécurisé, sur certaines séquences, il fallait donc que le plan de travail soit rigoureux et bien respecté , les prises, les axes que l’on s’était fixé dans un cadre idéal, alors l’idée première était de bien s’attacher au héros , en plan séquence et si l’on avait le temps on découpait dedans ».

  • La musique avec Jonathan Fitoussi et David Roux (  10 mn 30 ) . « Certaines images au montage ont demandé un peu de musique, mais l’univers musical n’était pas défini pour moi  (…) J’avais des titres qui allaient participer au film dont la chanson de Colette Magny que j’ai découverte avec un immense plaisir. C’était tout à fait l’esprit du film  ».

On  voit le compositeur Jonathan Fitoussi au travail et avec un instrument bizarre le Cristal Baschet dont il nous dévoile les richesses, tout en soulevant le mystère de ses compositions …

  • Rencontre avec Céline Lefèvre, philosophe de la médecine ( 18 mn ) . Un discours très théorique , sans débordement scénaristique, dans lequel Céline Lefèvre explique en détail, la profondeur scientifique et déontologique du monde de l’hôpital , et le rapport que le cinéma en fait.  Cette dame est maître de conférence à Paris .
  • « Répétitions » de David Roux ( 17 mn ) .Avec Bruno Moynot.

Un employé du nettoyage d’un théâtre s’empare de Beckett et de son Godot…

Le court-métrage est de mauvaise qualité, mais il mérite d’être vu pour l’originalité du sujet et la mise en scène tout à fait adaptée à l’environnement scénique.

 « Leur jeunesse » de David Roux ( 12 mn ) .Avec Gisela Ion, Iacob Ion

Gisela et son petit frère Jacob sont deux enfants Roms. Ce matin-là, ils se rendent à l’école, comme tous les jours. Mais dans leur campement, l’angoisse règne : l’expulsion semble imminente.

Un regard pénétrant sur une situation quasi quotidienne et banalisée. L’œil de David Roux réussit un temps à remettre les choses dans l’ordre et à dire ce qui se tait .

Sortie DVD 04 Juin 2019 Le titre n’est pas terrible, le sujet peut rebuter … Et pourtant je vous engage vivement à suivre ce jeune médecin pneumologue qui affronte quotidiennement la maladie. C’est le propre de son activité, beaucoup moins ordinaire quand il s’agit de sa mère. Comment faire, comment réagir, en l’imaginant toute proche, dans un service où il va confronter ses collègues à un questionnement particulier. Jérémie Rénier prend son rôle très à cœur au point de l’élever à une notion plus générale sur la responsabilité. https://www.youtube.com/watch?v=WsYW-4cKYlQ Il est question de médecine, et de tout autre activité engageant…
le film
Les bonus

Le titre n’est pas engageant, le sujet ne l’est pas plus. Dommage car la proposition va bien au-delà d’une quelconque déontologie médicale. Elle sonde l’âme et le cœur des humains au sein de l’établissement hospitalier dans toute sa généralité. Un grand spécialiste se voit ainsi confronté à la maladie de sa mère, confiée à un service voisin. Comment peut-il réagir et intervenir auprès de ses confrères ? Comment contenir une famille qui en s’adressant à l’institution parle avant tout à un fils, à un frère… Au cœur de son dilemme Jérémie Renier pose très bien les règles de son activité maintenant contestée par sa filiation maternelle. Celle qui malgré tout ne peut aller à l’encontre du fameux serment d’Hippocrate C’est le suspense entretenu dans une conduite jamais établie formellement. Samuel va et vient, divague surtout lors de la décision finale de sa mère quant à la suite à donner à son traitement … Et le film se révèle tout autre, dans sa grandeur et ses espoirs.

AVIS BONUS Le réalisateur parle de son parcours, raconte la genèse de son film avant de nous faire découvrir deux courts métrages très intéressants.

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