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« Sandra » de Luchino Visconti. Critique dvd

  • Date de sortie du DVD : 3 juin 2019
  • Acteurs : Claudia Cardinale, Julien Sorel, Michael Craig
  • Réalisateurs : Luchino Visconti
  • Audio : Italien (Dolby Digital 2.0 Mono)
  • Sous-titres : Français
  • Studio : Films sans Frontières
  • Durée : 105 minutes

J’imagine que dans la filmographie de Visconti que je suis loin de posséder, ce film est parmi les moins spectaculaires.

Déjà pour son thème. Il se réfère clairement à la mythologie grecque et au récit d’Electre revenant au pays venger son père assassiné. Oreste, le frère, avec qui elle aurait eu des relations coupables, est aussi du voyage…

Sur une trame fidèle, Visconti et ses scénaristes transposent le drame dans l’immédiate après-guerre, au cœur d’une ville italienne où la bourgeoisie tente de refaire surface. Mais chez les Wald-Luzatti la débâcle est familiale. Un père disparu en déportation, une mère au bord de la folie remariée avec son ancien amant (Renzo Ricci) que Sandra soupçonne d’être le responsable de la mort du père à Auschwitz.

Récemment mariée, la jeune épouse imagine pouvoir écarter son mari d’une histoire à laquelle il est totalement étranger.

Depuis, la jeune femme n’est jamais revenue à Volterra. Gianni, son frère, est lui aussi aux abonnés absents.  A l’occasion d’une cérémonie à la mémoire du père , ils vont se retrouver et renouer avec un passé que Sandra entend solder à tout jamais .

Ce point d’achoppement, le cinéaste le met à profit pour sceller une tragédie qui remonte à la nuit des temps. L’amour, l’inceste, la trahison , dramatiquement, l’histoire de Sandra se pose dans une théâtralité  parfaitement revendiquée par le réalisateur.

La mère est suivie par le Dr Formari ( Fred Williams) l’amour de jeunesse de Sandra. Ce qui n’arrange pas forcément la situation…

Le jeu des personnages, l’emphase , s’accordent à une mise en scène presque dévoyée. Nous sommes en représentation, excepté l’étranger, Andrew Dawson (Michael Graig) le mari de Sandra, un américain, qui s’étonne d’un tel environnement. Un palais avec ses fastes et ses mystères, ses secrets encore tapis dans l’ombre.

Il va les déterrer, un peu malgré lui, mais complice d’une histoire qu’il ne peut revendiquer. Celle d’une dénonciation possible à la police allemande, d’un amour interdit entre Sandra et Gianni, et d’une mère que l’on dit folle au point de l’écarter des jours qui passent…

Elle est jouée par Marie Bell, autrefois pianiste rayonnante et désormais confrontée à la déchéance physique que la beauté de sa fille relève avec gravité. Claudia Cardinale sombre et mystérieuse dans un rôle au romantisme suranné. L’interprétation de Jean Sorel (Gianni) tout aussi énigmatique nous renvoie le même écho, la même intensité dramatique d’une tragédie universelle.

Luchino Visconti la peint de manière très expressive, presque impressionniste. Brisant l’intimité familiale pour dire au monde sa vérité. Mais une cérémonie hommage peut-elle suffire à refermer les plaies ? Visconti est sceptique.

Date de sortie du DVD : 3 juin 2019 Acteurs : Claudia Cardinale, Julien Sorel, Michael Craig Réalisateurs : Luchino Visconti Audio : Italien (Dolby Digital 2.0 Mono) Sous-titres : Français Studio : Films sans Frontières Durée : 105 minutes J’imagine que dans la filmographie de Visconti que je suis loin de posséder, ce film est parmi les moins spectaculaires. Déjà pour son thème. Il se réfère clairement à la mythologie grecque et au récit d’Electre revenant au pays venger son père assassiné. Oreste, le frère, avec qui elle aurait eu des relations coupables, est aussi du voyage… Sur une trame fidèle, Visconti et ses scénaristes transposent le drame dans l’immédiate après-guerre, au cœur d’une…
Le film

Je pense que dans la filmographie du maître italien, ce film demeure dans la marge. Par son formalisme accentué sur l’idée d’une transposition du mythe d’Electre à l’après-guerre en Italie. A Volterra très exactement, là où revient après des années d’absence une jeune femme qui soupçonne son beau-père d’être le responsable de la déportation de son père. Claudia Cardinale adopte la couleur noire de ce récit par un jeu très intriguant et un regard aussi sombre que le passé qu’elle entend solder à tout jamais. Pour cela il lui faut reprendre des histoires douloureuses, notamment avec son frère qui l’aime depuis toujours. Une tragédie sociale, historique et amoureuse, universelle. Luchino Visconti la peint de manière très expressive, presque impressionniste. Et demeure sceptique sur la tonalité de son tableau.

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