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« Festen » de Thomas Vinterberg. Critique DVD

Synopsis: Interdit aux moins de 12 ans Le patriarche Helge Klingenfelt fait préparer une grande fête pour ses 60 ans. Parmi les convives, Christian, le fils aîné, est chargé par Helge de dire quelques mots au cours du dîner sur sa soeur jumelle Linda, morte un an plus tôt. Personne ne se doute que Christian va profiter de ce petit discours pour révéler de terribles secrets..

La fiche du DVD / Blu-Ray

Le film : "Festen"
De : Thomas Vinterberg
Avec : Ulrich Thomsen, Henning Moritzen, Thomas Bo Larsen
Sortie le : 06 septemb 2018
Distribution : Doriane Films
Durée : 228 minutes
Film classé :
Nombre de DVD / Blu-Ray : 2
Le film
Les bonus

1998 Prix du Jury au festival de Cannes (ex aequo avec La Classe de Neige de Claude Miller).

« Festen » a fêté ses vingt ans l’an passé. Remis des exigences du Dogme95 (*), ce film conserve une fraîcheur inouïe sur des sujets aussi graves que l’inceste et l’abus sexuel.

Le jour de son anniversaire un père est mis en accusation par son fils aîné. Toute la famille est là, les amis aussi.

Un peu de gêne, beaucoup d’incompréhension. On va ignorer le discours de Christian (Ulrich Thomsen) qui proposait deux variantes : le jaune ou le vert. On ne sait toujours pas ce que le premier renfermait. Le second est celui de la vérité selon le jeune homme qui décapite le patriarche.

Sur les principes du Dogme95, la tournure des événements est cruelle, épique, presque ludique aussi. La caméra virevolte entre les sarcasmes et les coups de poing. Le vin aidant, les révélations se succèdent, les humeurs deviennent belliqueuses.

Mais l’assemblée demeure bien présente à chaque reprise du gong, sereine et bien élevée. Le clown est mort mais le spectacle continue. On chasse l’intrus et le menu défile derrière une caméra au flou nullement artistique. C’est celui du Super 8 familial que votre gamin tripote en  ignorant la pose et la mise au point.

Le Dogme sert l’intrigue.

Christian avait donné le choix entre deux discours, selon la couleur du papier…

Les embrouilles avec le petit frère qui ne croit pas un mot de son aîné. Un salopard de première que ce Michael (Thomas Bo Larsen) porté par des relents nazillons que les convives partagent avec entrain au moment de fustiger le nouveau petit copain de la sœur, Hélène. Noir comme le goudron…

La sœur qui reste, l’autre est morte. On l’apprend très vite, mais on ne sait comment, ou pourquoi. C’est pourquoi Christian sonne l’hallali…

Dès son arrivée à la gare où personne ne l’attend jusqu’à la présentation des personnages savamment guidés par le petit personnel qui de la cuisine à l’entretien n’ignorent rien des dessous de la maisonnée.

Des pièces rapportées, compagnons du piège que Christian a imaginé pour déstabiliser le clan.

Le nouveau copain ne plait pas à la famille qui va le lui faire savoir

Le père s’en défend, contre-attaque en tête à tête, puis devant l’assemblée médusée sur les révélations du cerveau malade de son fils, de ses absences, de son incompétence. Les chiens sont lâchés, la mère est dans la meute, elle si longtemps protectrice des apparences.

C’est la curée et l’explosion d’un huis-clos qui de la fantaisie au drame réunit tous les ingrédients d’une fête de famille à éviter. La fête, comme la famille. Il reste un film qui réconcilie les deux .

(*) Ce film est la première œuvre manifeste du Dogme95 avec « Les Idiots » de Lars Von Trier. Les deux réalisateurs ont imaginé un système pour retrouver la forme de cinéma la plus pure possible. Non aux lumières artificielles, au maquillage, à la musique extradiégétique (qui ne fait pas partie de l’action…). C’est aussi l’apparition des premières caméras numériques…

Les domestiques sont dans la confidence, le piège est en marche …

LES SUPPLEMENTS

  • «Un dernier tour », premier court-métrage professionnel tourné en 1993, suit les dernières heures d’un jeune homme condamné à mourir.
  • « Le garçon qui marchait à reculons », deuxième et dernier court-métrage professionnel, sorti en 1994, retrace le parcours du jeune Andreas qui est persuadé de pouvoir faire revenir à la vie son grand frère décédé s’il passe toute une journée à reculons.
  • « Free Dogme », documentaire de Roger Narbonne et Marie Berthélius, abordant les principes du Dogme95. tourné en 2000.

    Une conversation téléphonique entre Lars Von Trier, Wim Wenders, Jean-Marc Barr et Lone Scherfig. Chaque cinéaste se filme pendant qu’il participe à la conversation. Le film final, monté en images alternées et en temps réel, réunit géographiquement les cinéastes autour d’une réflexion sur la nécessité de ne jamais cesser de repenser le cinéma.

1998 Prix du Jury au festival de Cannes (ex aequo avec La Classe de Neige de Claude Miller). « Festen » a fêté ses vingt ans l’an passé. Remis des exigences du Dogme95 (*), ce film conserve une fraîcheur inouïe sur des sujets aussi graves que l’inceste et l’abus sexuel. Le jour de son anniversaire un père est mis en accusation par son fils aîné. Toute la famille est là, les amis aussi. Un peu de gêne, beaucoup d’incompréhension. On va ignorer le discours de Christian (Ulrich Thomsen) qui proposait deux variantes : le jaune ou le vert. On ne sait toujours pas ce que…
Le film
Les bonus

Le dogme 35 n’est plus mais je crois que pour ce film si explosif certaines de ses règles ont largement contribué à son atmosphère si particulière. Pour dire le mal endémique et secret qui contamine toute une famille aux apparences plus qu’honorables. L’inceste, l’abus sexuel révélés au beau milieu de la célébration de l’anniversaire du patriarche, notable comme il se doit, par son fils aîné qui se voit alors accusé de tous les maux. Malgré les révélations, la fête continue jusqu’à la curée finale, emblématique exutoire à la malfaisance rampante de cette société tout aussi raciste et xénophobe.

Avis bonus Thomas Vinterberg n'a tournée que deux courts métrages : il sont là, prolongés par une conversation téléphonique entre plusieurs réalisateurs sur l'intérêt du Dogme 95. Ca ne manque pas de sel ...

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