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« Le Temps des Gitans » de Emir Kusturica. Critique Blu-ray

Synopsis: La dramatique vie de Perhan, fils naturel d'un soldat et d'une Tzigane, qui rêve d'un avenir riche et heureux. Elevé par sa grand-mère qui l'adore, il est bientôt arraché à elle et part en Italie travailler pour un trafiquant d'enfants. Il reviendra au pays mais ne réussira pas à réaliser son rêve.

La fiche du film

Le film : "Le Temps des Gitans"
De : Emir Kusturica
Avec : Davor Dujmovic, Bora Todorovic
Sortie le : 15/11/1989
Distribution : Carlotta Films
Durée : 142 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film
Les bonus
  • Prix de la mise en scène en 1989 Festival de Cannes . –
  • DVD : 22 mai 2019 – (1)
  • Acteurs : Davor Dujmovic, Bora Todorovic, Ljubica Adzovic, Husnija Hasimovic, Sinolicka Trpkova
  • Audio : Français

 

A l’époque, Gitans, Roms, Tziganes … n’avaient pas vraiment les honneurs du cinéma. Emir Kusturica, comme l’un d’entre eux, a percé le silence, sans forcément leur rendre grâce.

A l’origine de son scénario, l’histoire vraie de trafiquants yougoslaves qui enlèvent des enfants vers l’Italie. Pehran, l’une des jeunes victimes n’a pas vu le coup venir.

Sa petite sœur Danira doit être opérée à Belgrade, grâce à la sollicitude de Ahmed (Bora Todorović) riche propriétaire du village. Pehran (Davor Dujmovic) se propose de l’accompagner et de l’attendre à sa sortie.

 

Mais la petite fille se perd dans les méandres administratifs de l’hôpital où Ahmed et son argent ouvrent bien des portes. L’homme brouille les pistes et  rassure Pehran maintenant contraint de jouer l’infirme et le voleur sur les places italiennes…

Le sujet est délicat, la réalisation flamboyante.

Cet antagonisme, Kusturica l’assume de sublime manière, en menant sa caméra, au cœur de la fange et des fleurs de poésie. Dans ce village où Pehran coule une vie tranquille entre sa sœur et sa grand-mère, tellement aimante (Ljubica Adzovic) . Protectrice et maternelle , consolation à cette mère qu’il n’a jamais connue.

L’oncle est bien rabat-joie, jaloux et maladif, image gitane d’une contrariété toujours passagère. De ces colères si vite apaisées par l’amour et l’amitié, et la fête qui s’improvise.

D’un coup d’œil onirique, femmes et dindons virevoltent et s’envolent les maisons. La scène n’est pas forcément drôle, mais elle fait sourire. Kusturica la rend raisonnable, presque réaliste.

Comme cette femme accrochée au mur de la maison pour qu’elle se taise, ce désespéré pendu à la corde du clocher qui n’en finit plus de sonner.

C’est  Pehran malheureux de ne pouvoir convoler en justes noces avec Azra (Sinolička Trpkova) qui l’aime en retour. Mais la maman rêve d’un tout autre parti pour sa fille qui dit pourtant qu’elle attendra son amoureux … Parti très loin, on ne sait plus trop où, sans nouvelle, de lui , de sa petite sœur…

La dénonciation du sort des enfants prostitués est inscrite dans ce paysage qui rend hommage au cinéma du monde entier ( Charles Chaplin , Orson Welles…) et salue l’exubérance d’un Fellini et ses musiques fanfaronnes.

Pour Kusturica et son compositeur d’alors,  Goran Bregovic (sont-ils toujours fâchés ? …) la musique est une partenaire à part entière, une seconde mise en scène.
Les flonflons crépitent, les cuivres rutilent, les chœurs envoûtent, comme dans cette superbe célébration de la Saint-Georges.

Et même ce gamin, devenu parrain mafieux, pauvre gosse grandi trop vite qui ne possède que sa rengaine d’accordéon pour dire tout son désarroi, sa solitude, sa misère. L’eau et le feu ,l’enfer et le paradis. Charlie Chaplin qui renaît sous cette âme gitane, cette exubérance naturelle.

Kusturica ne leur rend effectivement pas grâce, mais loin de les juger, honneur et dignité.

(1) Il existe une édition collector 2009 …

(2) Pour les suppléments, il faut cliquer …

  • Le monde des Gitans

 » A Ciambra » de Jonas Carpignano-« Mange tes morts – Tu ne diras point » de Jean-Charles Hue-« Liberté » de Tony Gatlif-« Spartacus et Cassandre » de Ioanis Nuguet-« Zaneta » de Petr Vaclav-« Just the wind » de Benedek Fliegauf

  • Quelques chefs d’oeuvre, selon mon blog :

« Le temps des gitans » et  » Underground » de Kusturica. « Il était une fois en Amérique » de Sergio Leone- « Festen » de Thomas Vinterberg –  » Le troisième homme » de Carol Reed – « Le désert des Tartares » de Valerio Zurlini –  » Donnie Brasco » de Mike Newell-« Tetro » de Francis Ford Coppola,-«Black Swan» de Darren Aronofsky –  » La Liste de Schindler » de Steven Spielberg – « Pelle le conquérant » de Bille August. -« Chinatown » de Roman Polanski- « Usual Suspect » de Bryan Singer –  » A most violent year » de J.C.Chandor – Guerre et paix »de Serguei Bondartchouk – « Manchester by the sea » de Kenneth Lonergan- « Mia Madre » de Nanni Moretti- « La reine Margot » de Patrice Chéreau-« Le ruban blanc » de Michael Haneke-« L’armée des ombres » de Jean-Pierre Melville- « Hara-Kiri » de Masaki Kobayashi -« Voyage au bout de l’enfer » de Michael Cimino-« Le dictateur » de Charlie Chaplin- » Le dernier métro«  de François Truffaut-« A brighter summer day » d’Edward Yang-« Le troisième homme » de Carol Reed- « Les sept samouraïs » d’Akira Kurosawa-« Whiplash » de Damien Chazelle- « Le diable n’existe pas » de Mohammad Rassoulof – « Le Pont des Espions » de Steven Spielberg – « Drive » de Nicolas Winding -« Et la vie continue » de Abbas Kiarostami-« « Le désert des Tartares  » de Valério Zurlini- « Autopsie d’un meurtre«  d’Otto Preminger – « Marché noir » de Abbas Amini-« Pelle le conquérant » de Bill August- « La Porte du Paradis » de Michael Cimino –  » 120 battements par minutes » de Robin Campillo-« Scarface » de Brian de Palma -« Argo » de Ben Affleck -« Phoenix » de Christian Petzold-« Onoda-10.000 nuits dans la jungle » de Arthur Harari -« Paris Texas » de Wim Wenders – « La communion » de Jan Komasa- « L’étreinte du serpent » de Ciro Guerra –  » Le Prince de Hombourg » de Marco Bellochio- « Une affaire de famille » de Hirokazu Kore-Eda- « Barry Lyndon » de Stanley Kubrick

 

Prix de la mise en scène en 1989 Festival de Cannes . - DVD : 22 mai 2019 - (1) Acteurs : Davor Dujmovic, Bora Todorovic, Ljubica Adzovic, Husnija Hasimovic, Sinolicka Trpkova Audio : Français   A l’époque, Gitans, Roms, Tziganes … n’avaient pas vraiment les honneurs du cinéma. Emir Kusturica, comme l’un d’entre eux, a percé le silence, sans forcément leur rendre grâce. A l’origine de son scénario, l’histoire vraie de trafiquants yougoslaves qui enlèvent des enfants vers l'Italie. Pehran, l’une des jeunes victimes n’a pas vu le coup venir. Sa petite sœur Danira doit être opérée à Belgrade, grâce à la sollicitude de Ahmed (Bora Todorović)…
Le film
Les bonus

Pour parler d'un sujet grave, la prostitution enfantine et l'usage des enfants pour le commerce, Kusturica use de lyrisme et de poésie dans un film flamboyant . 30 ans après , il n’y a rien à changer, à redire, à refaire . Pour parler du peuple gitan, de son histoire et de ses composants, pour dire leurs joies, leurs peines et leur contradiction marquée par la colère et la joie immédiate, Emir Kusturica a repris un fait divers tragique : l’organisation d’une mafia yougoslave en direction de l’Italie où des enfants se prostituent. De la légèreté à la gravité des situations, du réalisme social à l’imaginaire fantastique, Kusturica élabore un monde qui loin du cinéma nous échappe toujours.

AVIS BONUS Beaucoup de chapitres intéressants sur l’histoire de la Yougoslavie à travers ce film, lui-même historique. Ce sont souvent les mêmes séquences qui illustrent les propos des nombreux intervenants. En prime des interviews du réalisateur dont celle réalisée dans son village qui a le droit également à un petit documentaire.

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