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« Out 1 » et « Spectre » de Jacques Rivette. Critique cinéma-Bluray

Synopsis: Paris, 13 avril 1970. Deux troupes de théâtre d’avant-garde répètent chacune une pièce d’Eschyle. Un jeune sourd-muet fait la manche dans les cafés en jouant de l’harmonica. Une jeune femme séduit des hommes pour leur soutirer de l’argent. Alors qu’une conspiration se dessine, des liens se tissent entre les différents protagonistes...

La fiche du film

Le film : "Out 1 : Noli me tangere - 1 - De Lili à Thomas"
De : Jacques Rivette
Avec : Juliet Berto, Bernadette Lafont
Sortie le : 18/11/2015
Distribution : Carlotta Films
Durée : 90 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Evénement spécial
Le film
Les bonus

Electron libre de la Nouvelle Vague à l’esthétique radicale, Jacques Rivette l’affirme avec « Out 1 », son quatrième long-métrage invisible depuis plus de quarante ans…Les mauvais esprits penseront qu’il aurait pu le rester encore pendant des siècles. Le processus artistique emprunte des déviantes artistiques laborieuses pour raconter une histoire simple, mais  complexe dans sa forme.

Jean-Pierre Léaud, un jeune homme fantasque reçoit des messages anonymes le mettant sur la piste d’un mystérieux groupe de conspirateurs. Ce jeune homme n’est-il pas le sourd-muet faisant la manche dans les cafés en jouant de l’harmonica, avec une insistance désobligeante ? D’ailleurs est-il vraiment sourd et muet ?

Pendant ce temps, deux troupes de théâtre d’avant-garde répètent chacune une pièce d’Eschyle. Tandis qu’une jeune femme se rapproche dangereusement des hommes, au hasard, dans la rue, les cafés…

Juliette Berto, un talent parti bien tôt
Juliet Berto, un talent parti bien tôt

A l’origine, la première version de plus de 12 h (huit épisodes aujourd’hui) est déclinée, ensuite par le film « Spectre », trois fois plus courte. Les personnages que Léaud croise au cours de sa quête sont interprétés par des comédiennes d’une grande personnalité : Juliet Berto, Bernadette Lafont, Bulle Ogier, Françoise Fabian. Il est intéressant de découvrir aussi Michael Lonsdale en tout jeunot. La leçon balzacienne d’Éric Rohmer  à Jean-Pierre Léaud demeure une séquence réjouissante.

En mêlant théâtre, littérature et cinéma, Rivette explorait semble-t-il les possibles interactions de ces pratiques artistiques rarement mises en symbiose. Mais le procédé devient vite fastidieux, notamment dans la première version. Les répétitions de théâtre sont interminables. C’est plutôt l’imprévu, l’improvisation, l’approche ethnologique d’un Paris encore sous le charme de ses pavés, et des terrasses peu enfumées que je retiens dans « Spectre ».

Avec ce clin d’œil carrollien. Une chasse au trésor  qui bien plus tard retrouve les échos d’une chanson d’Yves Simon, « Au pays des merveilles de Juliette ». Mlle Berto n’est plus de ce monde, mais la vague qui se voulait nouvelle revient encore 45 ans plus tard titiller nos fondements. Quand je revois des plans comme celui qui oppose dans l’habitacle d’une voiture Michèle Moretti et Françoise Fabian, je sais que le cinéma d’hier est encore celui d’aujourd’hui.

Le maître et l'une de ses élèves
Le maître et l’une de ses élèves ( Bulle Ogier)

LES SUPPLEMENTS

  • Les mystères de Paris : « out 1 » de jacques rivette revisité (2015 – Couleurs – 110 mn) ; Robert Fischer et Wilfried Reichart reviennent sur les principaux lieux de tournage et interviewent des membres de l’équipe.  Bulle Ogier, Michael Lonsdale et Hermine Karagheuz, le chef-opérateur Pierre-William Glenn (qui a supervisé cette sortie), l’assistant-réalisateur Jean-François Stévenin et le producteur Stéphane Tchal Gadjieff, ainsi que des entretiens d’époque rares avec les acteurs Jacques Doniol-Valcroze et Michel Delahaye et, surtout, des propos éclairants de Jacques Rivette.
  • Le livre (120 pages) exclusif. Un essai inédit de Jonathan Rosenbaum (historien du cinéma et spécialiste de Jacques Rivette) et de nombreux textes et archives dont des photos de Pierre Zucca, photographe de plateau.
Electron libre de la Nouvelle Vague à l’esthétique radicale, Jacques Rivette l’affirme avec « Out 1 », son quatrième long-métrage invisible depuis plus de quarante ans…Les mauvais esprits penseront qu’il aurait pu le rester encore pendant des siècles. Le processus artistique emprunte des déviantes artistiques laborieuses pour raconter une histoire simple, mais  complexe dans sa forme. Jean-Pierre Léaud, un jeune homme fantasque reçoit des messages anonymes le mettant sur la piste d’un mystérieux groupe de conspirateurs. Ce jeune homme n’est-il pas le sourd-muet faisant la manche dans les cafés en jouant de l’harmonica, avec une insistance désobligeante ? D’ailleurs est-il vraiment sourd et…
Le film
Les bonus

Il est parfois fastidieux de reprendre les élucubrations imagées de Rivette imaginées pendant plus de 12 h  dans un continuum artistique aujourd’hui inimaginable à l’heure des effets spéciaux bidouillés sur le numérique. Mais l’œuvre du cinéaste de la Nouvelle Vague fixe dans une seconde version «  Spectre », trois fois plus courte, des intentions plus raisonnables, ludiques et tout aussi palpables dans sa volonté exploratoire d’une grammaire à peine déchiffrée à l’époque par la Nouvelle vague. Rivette en était l’électron libre le plus iconoclaste. Quand je revois des plans comme celui qui confronte dans l’habitacle d’une voiture Michèle Moretti et Françoise Fabian, je sais que le cinéma d’hier est encore celui d’aujourd’hui.

Avis bonus Un documentaire éclairant tourné 45 ans après le tournage et un livre richement documenté

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