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« Jeanne, la pucelle » de Jacques Rivette. Critique dvd

Synopsis: Depuis son plus jeune âge, Jeanne entend des voix lui ordonnant de bouter les Anglais hors de France et de mener le Dauphin Charles à Reims. Confiante dans sa mission, la jeune femme persuade son seigneur, le sire de Baudricourt et le Dauphin en personne de lui confier une armée. Devant sa maturité et son courage, il accepte, mettant ainsi le royaume en péril.

La fiche du film

Le film : "Jeanne la Pucelle I - Les batailles"
De : Jacques Rivette
Avec : Sandrine Bonnaire, Tatiana Moukhine
Sortie le : 09/02/1994
Distribution : Les Films du Losange
Durée : 160 Minutes
Genre : Historique, Drame, Biopic
Type : Long-métrage
Le film
  • Meilleur dvd Septembre 2019 ( 7 ème ).
  • DVD : 17 septembre 2019 .-
  • Acteurs : André Marcon, Tatiana Moukhine, Jean-Marie Richier Sandrine Bonnaire
  • Audio et Sous-titres : Français
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Français
  • Studio : Potemkine Films
  • Durée : 324 minutes ( Seconde partie : la prison )

L’histoire : Depuis son plus jeune âge, Jeanne entend des voix lui ordonnant de bouter les Anglais hors de France et de mener le Dauphin Charles à Reims. Confiante dans sa mission, la jeune femme persuade son seigneur, le sire de Baudricourt et le Dauphin en personne de lui confier une armée. Devant sa maturité et son courage, ils acceptent, mettant ainsi le royaume en péril.

 

A l’heure où Bruno Dumont revisite joyeusement les aventures de Jeanne d’Arc et que l’égérie de Luc Besson de l’époque (Milla Jovovich) nous laisse le souvenir d’une héroïne fo-folle au possible, il est bon de retrouver ses fondamentaux. Certes , dans tout ce concert déglingué, voire déjanté (« Jeannette ») Jacques Rivette détonne mais rassérène tout son petit monde .

Il la joue très classique sur des bases historiques indéniables. Linéaire dans sa pensée, le cinéaste ne l’est pas moins sur la mise en scène qui prend le temps du temps que dure une escorte, pause pipi comprise. Si le sérieux de l’affaire ne fait aucun doute, la fantaisie est parfois de mise notamment chez la pucelle que joue avec finesse et honnêteté Sandrine Bonnaire, toute décomplexée.

Le rôle n’est pas facile . Dans les années soixante, Florence Carrez ( « Procès de Jeanne d’Arc » de Robert Bresson ) l’endosse sur un seul aperçu de la personnalité de Jeanne : le jugement stricto-sensu. A l’image du film, elle est superbe.

Sandrine Bonnaire adopte une palette assez large dans l’interprétation, de la béatitude à la grâce, de l’exaltation à la retenue juvénile pour donner un portrait assez juste de la bergère de Domrémy. Avec toujours ce petit air en coin, comme retenu pour ne pas trop en dire, en sourire…

Et tout autour, ces personnages, sa future cour, plus ou moins fanfarons dans les débuts. Il y a là notamment Gilles de Laval ( Bruno Wolkowitch ) fidèle compagnon de Jeanne, avant de devenir tueur d’enfants et pédophile notoire, le fameux baron de Rais.

Plus léger, Jean de Metz ne pense qu’à sauter cette jeune fille qu’il toise de haut, avant de tomber à ses genoux, touché lui aussi par sa lumière. Olivier Cruveiller est parfait.

Ce conseiller aura fort à faire devant le courant défaitiste que l’escorte rencontre au cour de son voyage vers Chinon. Même auprès du roi en exil, l’ambiance n’est pas encourageante. On se méfie de la jeune femme, on la jauge, on la juge à Poitiers pendant plus de trois semaines.

Les questions fusent, elle a réponse à tout, drôle, sérieuse, impertinente .

«  Quel langage parlait la voix ? »

«  Meilleur que la vôtre » cingle l’intéressée au milieu de tous ces docteurs de la foi que Rivette filme avec bonheur et constance, avant de s’offrir les fameuses batailles aux portes d’Orléans. Il faut alors délaisser l’orthodoxie du septième art pour comprendre que la guerre se passait peut-être de la manière dont le rapporte Jacques Rivette.

On ne retrouve pas les sempiternels tableaux d’affrontements, de bruit et de fureur des films de genre, mais plutôt des scènes élaborées dans un certain désordre, sans précipitation, dans des corps à corps maladroits, des défenseurs fébriles, mal harnachés et des attaquants, hésitants.

J’ai souvent souri, tout en me disant qu’autrefois les conflits pouvaient se dérouler de cette façon.

  • Une autre façon d’entendre la pucelle …

« Procès de Jeanne d’Arc » de Robert Bresson

« La papesse Jeanne » de Sonke Wortmann

« Jeanne » de Bruno Dumont

Meilleur dvd Septembre 2019 ( 7 ème ). DVD : 17 septembre 2019 .- Acteurs : André Marcon, Tatiana Moukhine, Jean-Marie Richier Sandrine Bonnaire Audio et Sous-titres : Français Sous-titres pour sourds et malentendants : Français Studio : Potemkine Films Durée : 324 minutes ( Seconde partie : la prison ) L'histoire : Depuis son plus jeune âge, Jeanne entend des voix lui ordonnant de bouter les Anglais hors de France et de mener le Dauphin Charles à Reims. Confiante dans sa mission, la jeune femme persuade son seigneur, le sire de Baudricourt et le Dauphin en personne de lui confier une armée. Devant sa maturité et son courage, ils acceptent, mettant…
Le film

L’Histoire de France telle qu’elle a vécu ! C’est le sentiment que donne Jacques Rivette il y a 25 ans quand il décide de s’attaquer lui aussi à la légende de la pucelle de Domrémy. Il le fait classiquement en reprenant jour après jour l’histoire de cette petit bergère qui allait sauver la France. Linéaire dans sa pensée, le cinéaste ne l’est pas moins sur la mise en scène qui prend le temps du temps que dure une escorte. Ou bien un assaut répété devant une place forte. Tout en conservant une visée historique solide et réelle quant aux événements marqués par la personnalité de l’héroïne. Elle est magnifiquement interprétée par Sandrine Bonnaire  qui de la béatitude à la grâce, de l’exaltation à la retenue juvénile parait donner un portrait assez juste de la bergère de Domrémy. Avec toujours ce petit air en coin, comme retenu pour ne pas trop en dire, en sourire… C’est du sérieux, mais la fantaisie est effectivement parfois de mise.

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