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« Souvenirs d’en France » d’André Téchiné. Critique cinéma

Synopsis: 1930.Une petite ville du Sud-Ouest. Les Pedret, notables à la tête de l’usine locale, marient leur fils cadet Prosper à Régina, une jeune femme de son rang. Puis son frère Hector officialise sa relation avec Berthe, la blanchisseuse. Mme Pedret est contre ce mariage, mais son mari reconnaît en Berthe la personne qu’il fut autrefois : fils d’immigrés espagnols, il a épousé une Française et a acquis sa fortune par ses propres moyens. Berthe deviendra la véritable chef du clan …

La fiche du film

Le film : "Souvenirs d'en France"
De : André Téchiné
Avec : Jeanne Moreau, Michel Auclair
Sortie le : 09/10/2019
Distribution : Carlotta Films
Durée : 95 Minutes
Genre : Comédie dramatique, Historique
Type : Long-métrage
Le film

C’est un cinéma d’époque, un cinéma d’auteur. Voilà comment les années 70’ reproduisent le monde et son histoire, de façon très romanesque, pour parler très sérieusement de son avenir.

Téchiné serait aujourd’hui encore à contre-courant d’un réalisme que l’on nommait alors naturalisme. Et pourtant son récit pose réellement les bases d’une période capitale, de l’émergence du Front Populaire aux balbutiements de la révolution industrielle. Elle a vu la famille Pedret prendre les rênes de la société.

Un microcosme local confiné à cette usine que le père issu de l’immigration espagnole a bâti de ses mains. Le voici notable au sein d’une famille aisée, bourgeoise et provinciale, mais assez disparate. Si Prosper a épousé une fille du rang, Hector ( Michel Auclair) fréquente la lingère du village.Mme Pedret ne le supporte pas un instant.

Mais son mari voit en cette femme le jeune immigré de son enfance. Et l’union se fera donc un peu contre nature dans la village où l’amorce de cette soudure sociale annonce des bouleversements bien plus significatifs.

Téchiné illustre sa chronique de manière singulière, par petites touches reprises ici et là pour affiner un portrait, préciser un tableau. Les dialogues, joliment écrits, égaient l’ensemble et participent pleinement à la puissance du récit.

Berthe la lingère va quitter son amie Augustine pour devenir …

« Mes amis ne sont pas mes clients, hélas, ils reprisent eux-mêmes leurs chaussettes » balance Berthe la lingère à la famille Pedret , recadrant chaque personnage à la place qu’il s’est attribuée. Bien évidemment, elles sont souvent tangentes 

Pour ces femmes au cœur de la vie, en tête des luttes et des revendications de l’ingénue Régina ( Marie-France Pisier ) à Berthe la prolo devenue patronne. Elles illuminent les soubresauts d’une période mouvementée. Jeanne Moreau assume avec naturel ce passage de la rue aux dorures, conservant encore dans ces rapports de classes un discours à hauteur d’hommes.

… une madame Pedret, s’il vous plait !

« A force d’entendre parler les autres , j’ai appris à écouter » dira-t-elle en guise de conclusion à cette saga dans laquelle de prestigieux acteurs mettent plus que leurs grains de sel . Orane Demazis ( « Fanny » pour Marcel Pagnol), Claude Mann (« La Baie des anges » de Jacques Demy) ,Michèle Moretti (« Out 1 »de Jacques Rivette)…

Un casting hétéroclite dans un film où effectivement, on ne mélange pas les torchons avec les serviettes.

Marie-France Pisier César de la Meilleure actrice second rôle en 1976 C’est un cinéma d’époque, un cinéma d’auteur. Voilà comment les années 70’ reproduisent le monde et son histoire, de façon très romanesque, pour parler très sérieusement de son avenir. Téchiné serait aujourd’hui encore à contre-courant d’un réalisme que l’on nommait alors naturalisme. Et pourtant son récit pose réellement les bases d’une période capitale, de l’émergence du Front Populaire aux balbutiements de la révolution industrielle. Elle a vu la famille Pedret prendre les rênes de la société. https://www.youtube.com/watch?v=xIFPTM4bOLw Un microcosme local confiné à cette usine que le père issu de l’immigration espagnole…
Le film

Chronique de la vie d’une famille de la bourgeoisie provinciale, au début des années Trente, jusqu’à la révolution industrielle. Elle marque très bien l’histoire de notre pays et celle du cinéma de l’après 68. Téchiné filme de façon très romanesque, le monde à venir  dans les yeux d’une prolo de première qui à force de jugeote, de courage et de réalisme parviendra à quitter sa lingerie pour devenir directrice d'usine. Téchiné serait aujourd’hui encore à contre-courant d’un réalisme que l’on nommait alors naturalisme en croquant de tels portraits ( Marie-France Pisier, ingénue et folâtre ) portés par les événements historiques, du Front Populaire aux mouvements sociaux de la fin des années 1960. La figure centrale de Berthe, c’est Jeanne Moreau, qui de la prolo à l’aristo brosse magistralement le portrait d’une France qui inconsciemment n’en finit pas de s’accrocher au bon vieux temps.

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