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« Maps to the stars » de David Cronenberg . Critique cinéma

Synopsis: A Hollywood, la ville des rêves, se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star; son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités; sa cliente, la belle Havana Segrand, qu'il aide à se réaliser en tant que femme et actrice.  La capitale du Cinéma promet aussi le bonheur sur pellicule et papier glacé à ceux qui tentent de rejoindre les étoiles: Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l'assistante d'Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité. Mais alors, pourquoi dit-on qu'Hollywood est la ville des vices et des névroses, des incestes et des jalousies ? La ville des rêves fait revivre les fantômes et promet surtout le déchainement des pulsions et l'odeur du sang.

La fiche du film

Le film : "Maps To The Stars"
De : David Cronenberg
Avec : Julianne Moore, Mia Wasikowska
Sortie le : 21/05/2014
Distribution : Le Pacte
Durée : 111 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

On parle d’Hollywood, mais c’est le monde entier qui défile devant la caméra de Cronenberg, névrosé, jaloux, égoïste de son petit quartier de privilège. Une humanité pas très belle qu’il faut donc considérer cette fois comme une tranche de nantis, Oscar en perspective et Botox en réserve.

Des histoires de cinéma, de coulisses pas très claires et de starlettes sur le retour qui rêvent de second couteau. C’est tout le portrait d’Havana, en mal de reconnaissance et mégère comme toutes les copines du casting. Ce qui peut paraître caricatural ne l’est pas, Cronenberg se protégeant bien de mettre les pieds dans cette fange qu’il laisse agir et vivre à sa guise, tout en tirant malicieusement les ficelles.

Le réalisateur est encore plus malin, sinon plus vicieux que par le passé pour donner à voir de cet univers une face assez commune du reste de la planète. Manque de chance, ici les gens sont connus, parfois célèbres comme le Dr.Stafford (merveilleux John Cusack) qui s’apprête à faire la promotion de son nouveau livre, alors que son passé familial plus ou moins trouble commence à le rattraper. Au milieu de ses soucis, il lui reste quand même une clientèle huppée dont  Havana est peut-être le plus beau fleuron. Jouera-t-elle un jour avec  son fiston de 13 ans, déjà vedette de cinéma, petit con en puissance, une tête à claque, pédant, imbuvable qui nargue et moque tout son entourage ?

Une assistante qui débarque un peu comme ça , chez la starlette
Une assistante qui débarque un peu comme ça , chez la starlette

On ne sait, tant son envie de paraître fige le reste de son existence , qu’elle confie les yeux fermés à une jeune fille qui revient de nulle part et que lui recommande une amie scénariste. La nouvelle assistante de la star ( Mia Wasikowska, très, très bien )  a elle aussi connu un passé douloureux qui n’est pas sans rappeler celui de la belle Havana.

Qui ne l’est pas forcément sous le regard de Cronenberg impitoyable avec les sentiments qui affleurent sur le visage laiteux et crispé de la vedette. Julianne Moore est plus que méritante dans ses frasques et ses frusques. J’’apprécie ce mauvais lifting de comédie qui résonne avec pertinence dans le hall délabré des illusions cinématographiques où déambulent les fantômes et les démons d’Hollywood.

Le pauvre Eluard est même mis à contribution autour de son fameux poème « Liberté » qui revient souvent tel un leitmotiv. Un mot qui semble-t-il obsède plus d’un pantin de cette farce, allégorie confortable à leurs déambulations. C’est le petit hic d’une déambulation merveilleuse, truffée d’énigmes. Comme elles s’entassent, l’intrigue nous emporte. Ça c’est du cinéma !

On parle d’Hollywood, mais c’est le monde entier qui défile devant la caméra de Cronenberg, névrosé, jaloux, égoïste de son petit quartier de privilège. Une humanité pas très belle qu’il faut donc considérer cette fois comme une tranche de nantis, Oscar en perspective et Botox en réserve. Des histoires de cinéma, de coulisses pas très claires et de starlettes sur le retour qui rêvent de second couteau. C’est tout le portrait d’Havana, en mal de reconnaissance et mégère comme toutes les copines du casting. Ce qui peut paraître caricatural ne l’est pas, Cronenberg se protégeant bien de mettre les pieds…

Review Overview

Le film

C’est peut-être Hollywood qui est visé, mais c’est à la face de l’humanité toute entière que Cronenberg s’adresse avec une superbe éclatante, disséquant plus qu’observant ce monde qui tourne autour de son nombril. Entre Lynch et Jarmusch, le cinéaste canadien opère une mutation sentimentale, croisement hybride de pulsions et d’instincts qui font de l’homme ce qu’il a toujours été. Cronenberg réussit à y mettre des visages, dont celui du Dr des stars que John Cusack fait vibrer de manière sidérante. Le reste du casting n’est pas mal non plus, Julianne Moore enlaidie, portant tout le poids de cette histoire familiale qui pourrait donc être celle d’Hollywood. Ou bien la nôtre, mais de toute façon la chirurgie est efficace…

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