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« Falling » de et avec Viggo Mortensen. Critique cinéma

Synopsis: John vit en Californie avec son compagnon Eric et leur fille adoptive Mónica, loin de la vie rurale conservatrice qu’il a quittée. Son père, Willis, un homme obstiné vit seul dans la ferme isolée où a grandi John. Willis déclinant, John l’emmène dans l’Ouest, dans l’espoir que sa sœur Sarah et lui pourront trouver un foyer proche de chez eux. Mais Willis ne veut rien changer à son mode de vie...

La fiche du film

Le film : "Falling"
De : Viggo Mortensen
Avec : Viggo Mortensen, Lance Henriksen
Sortie le : 19/05/2021
Durée : 113 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Sélection Officielle Cannes 2020.

Viggo Mortensen, je l’associe immédiatement à David Cronenberg …

Mais quand celui-ci apparait dans le rôle du Dr.Klausner chargé de vérifier la prostate de Willis le héros acariâtre, l’association tourne au délire, je suis plié en deux.

La scène n’a rien de drôle. Elle est de guingois, Cronenberg exécute son personnage et Viggo Mortensen ( le fiston du vieux monsieur que l’on ausculte ) ne réagit pas plus que ça.

Est-il dans son personnage ou en train de régler la séquence ? Cette vague impression de flottement revient à plusieurs reprises dans ce premier film au souffle passéiste .

Il débute pourtant sous les meilleurs auspices d’une vie de famille assez paisible où les enfants n’ont pas encore compris le monde qui les attend. Adulte, marié à Eric ( Terry Chen ) , John retourne épisodiquement dans ses souvenirs, face à un père aujourd’hui sénile et hargneux.

Il est aussi grossier, dégoûtant, repoussant, vulgaire.

Caractère atrabilaire hérité de ce passé où remonte les images des enfants apeurés. John et sa petite sœur impuissants pour leur mère ( Hannah Gross ) désavouée. Puis battue.

Falling
Sverrir Gudnason, Hannah Gross, la mère et le père de John au temps de leur jeunesse, et d’un bonheur furtif

Mortensen joue habilement de ce montage à rebours pour dire combien le mal endémique ne s’arrête jamais et pire, se répand méchamment au fil des ans. John fait tout ce qu’il peut pour un père qui l’insulte à longueur de journée, sur son mode de vie, mais rien ne l’arrête.

Ce caractère de cochon, exécrable, noircit les pages d’un scénario qui s’en repait , malheureusement , et s’enlise dans les redites et les retouches d’un fabuleux portrait qui ne demandait pas tant de couleurs.

Lance Henriksen excelle dans sa composition de vieil homme malfaisant.

 

Mais une fois la première heure passée, le décorum ne change guère. A peine si l’arrivée de la sœur (Laura Linney) et de ses enfants influence les contraintes familiales : Willis est tout aussi détestable, atrabilaire. On le connait désormais très bien, beaucoup trop.

Un géniteur qui n’aura jamais su trouver le chemin du cœur. Viggo Mortensen, plus en retrait oublie parfois son personnage, trop sollicité semble-t-il derrière la caméra.

A plusieurs reprises je me suis demandé s’il jouait ou dirigeait. A la fin j’ai vu qu’il retrouvait pleinement ses marques. Mais c’était la fin, elle était bien tardive …

Sélection Officielle Cannes 2020. Viggo Mortensen, je l’associe immédiatement à David Cronenberg … Mais quand celui-ci apparait dans le rôle du Dr.Klausner chargé de vérifier la prostate de Willis le héros acariâtre, l’association tourne au délire, je suis plié en deux. La scène n’a rien de drôle. Elle est de guingois, Cronenberg exécute son personnage et Viggo Mortensen ( le fiston du vieux monsieur que l’on ausculte ) ne réagit pas plus que ça. Est-il dans son personnage ou en train de régler la séquence ? Cette vague impression de flottement revient à plusieurs reprises dans ce premier film au…
Le film

Un premier film pour un comédien qui après avoir endossé de superbes personnages se prend les pieds entre réalisation et interprétation. Plusieurs fois je me demandais si Viggo Mortensen jouait ou dirigeait ses acteurs. La scène médicale avec David Cronenberg ( plutôt ratée ) est l’exemple type de maladresses qui s’accumulent au fil d’un récit joliment raconté entre passé et présent, où se répètent à la longue sinon les mêmes scènes, du moins les mêmes arguments. Autour du héros, un vieil homme atrabilaire qui ne pardonne rien à son fils qui tente désespérément de lui venir en aide. Hargneux et insupportable, homophobe, Willis porte en lui la méchanceté que l’on retrouve à l’époque où jeune papa il commençait à planter ses méchantes banderilles. De l’éducation familiale au racisme, de l’homophobie à la violence ménagère, Viggo Mortensen aborde plusieurs thèmes où se mêlent des émotions diverses et confuses, qui de l’amour à  la haine, se confondent et se perdent.  Lance Henriksen excelle dans sa composition de vieil homme malfaisant ,un géniteur qui n’aura jamais su trouver le chemin du cœur.

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