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« Loin des hommes » de David Oelhoffen. Critique cinéma

Synopsis: Alors que la rébellion gronde dans la vallée, deux hommes, que tout oppose, sont contraints de fuir à travers les crêtes de l’Atlas algérien. Au cœur d’un hiver glacial, Daru, instituteur reclus, doit escorter Mohamed, un paysan accusé du meurtre de son cousin. Poursuivis par des villageois réclamant la loi du sang et par des colons revanchards, les deux hommes se révoltent. Ensemble, ils vont lutter pour retrouver leur liberté.

La fiche du film

Le film : "Loin des hommes"
De : David Oelhoffen
Avec : Viggo Mortensen, Reda Kateb
Sortie le : 14/01/2015
Distribution : Path? Distribution
Durée : 101 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

 Après «  L’Oranais » sorti fin novembre, l’histoire de l’Algérie (et celle de la France, par conséquent) revient sur nos écrans, avec cet excellent film. David Oelhoffen se nourrit d’une nouvelle de Camus « L’hôte » pour atteindre des thèmes universels, transcendés par un discours cinématographique  qui allie à la simplicité du propos, une force évocatrice sans pareil.

Rien que la beauté des images sublimées par l’âpreté du paysage des montagnes de l’Atlas algérien, où la rocaille ne laisse que peu d’espoir à l’herbe tendre. Et encore moins à la nourriture de survie que grignotent par défaut Daru et Mohamed, perdus dans ce grand désert inhumain.

Par manque de moyens, c’est bizarrement à cet instituteur  que l’on ordonne de conduire un prisonnier vers la ville garnison, dans l’attente de son jugement. C’est le début de l’insurrection, les premières bombes se font entendre, les attentats isolés ameutent les résidents français. Mais l’homme que l’on escorte, Mohamed, n’a rien d’un rebelle. Pour défendre son lopin de terre, il a tué un cousin : la famille veut lui faire payer le droit du sang.

loin des hommes

Ce n’est pas là le moindre danger encouru par nos deux héros qui doivent aussi se préserver des colons de plus en plus agressifs, des maquisards terrés dans les grottes et de l’armée français qui les traquent. Une épopée que David Oelhoffen évoque dans l’esprit du Western moderne, dans l’application d’une mise en scène sobre et luxuriante à la fois. La lumière, le cadre, formellement beau, et le contraste avec une histoire douloureuse, ses images donnent le frisson. Car le rythme du cinéaste est celui de son décor, la caillasse, l’aridité du sol, et du parcours de ces deux hommes que rien ne prédisposait à se rencontrer.

Mais Daru, homme de paix, toujours en quête de sa propre identité (« Pour les français on était des arabes, et aujourd’hui pour les arabes nous sommes des français ») tient autant à sa liberté qu’à celle de son compagnon d’infortune. Sans gestes éloquents, ni paroles superflues, ils vont  se comprendre et bâtir à leur façon un pays qui n’existera jamais. Viggo Mortensen, et Reda Kateb, peut-être le couple au cinéma que l’on n’attendait pas, fonctionne à merveille dans cette échappatoire en demi-teinte, dans l’ombre de ce passé qu’ils vont tenter d’effacer, ensemble, et chacun pour soi.

 Après «  L’Oranais » sorti fin novembre, l’histoire de l’Algérie (et celle de la France, par conséquent) revient sur nos écrans, avec cet excellent film. David Oelhoffen se nourrit d’une nouvelle de Camus « L’hôte » pour atteindre des thèmes universels, transcendés par un discours cinématographique  qui allie à la simplicité du propos, une force évocatrice sans pareil. Rien que la beauté des images sublimées par l’âpreté du paysage des montagnes de l’Atlas algérien, où la rocaille ne laisse que peu d’espoir à l’herbe tendre. Et encore moins à la nourriture de survie que grignotent par défaut Daru et Mohamed, perdus dans ce…

Review Overview

Le film

Un grand film sur l’humanité qui raconte la marche forcée vers l’oubli pour deux hommes que rien ne prédisposait à se rencontrer. Mais alors que la guerre d’Algérie atteint sa période la plus cruelle, ils font cause commune afin d’obéir aux ordres, mais pour mieux les contourner. Des paysages grandioses, perdus, à perte de vue dans la rocaille se jouent du temps et des circonstances pour donner au récit inspiré d’une nouvelle de Camus une dimension épique, où les codes du western jouent pleinement derrière la caméra attentive de David Oelhoffen. Un texte écrit avant la guerre par le Camus visionnaire sur la dégénérescence du système. Viggo Mortensen porte avec une élégance rare la parole et les frusques de son héros, Daru, un homme que l’on rencontre encore parfois à travers le monde, là où le discours humaniste n’est toujours pas audible. La performance de Reda Kateb est tout aussi magnifique. La communication entre les deux personnages est remarquable.

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