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« 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance » de Martin McDonagh. Critique cinéma

Ils font la paire, à la vie , mais pas forcément à la mort...

Synopsis: Après des mois sans que l'enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l'entrée de leur ville.

La fiche du film

Le film : "3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance"
De : Martin McDonagh
Avec : Frances McDormand, Woody Harrelson
Sortie le : 17/01/2018
Durée : 116 Minutes
Genre : Drame, Comédie
Type : Long-métrage
Le film

Golden Globes 2018 : meilleurs film, actrice (Frances McDormand ), acteur second rôle ( Sam Rockwell)  et scénario.

Ils sont racistes, xénophobes, débiles. Martin McDonagh n’aime pas les flics. Ils le lui rendent bien. A la mort de leur chef, ils pleurent comme des madeleines ( normal, c’est  Woody Harrelson ) et se voilent la face devant les exactions du plus minable d’entre eux. Jason Dixon a l’air tellement bête qu’il nous fait beaucoup rire, de tant d’âneries accumulées sous la gâchette. Dixon tire sans réfléchir, il cogne beaucoup et très fort à la moindre occasion.

Un rôle qu’il faut tenir dans un scénario ( Sam Rockwell, très à l’aise ) où il est question de viols, de meurtres et de propos haineux. Un scénario improbable que Martin McDonagh ajuste parfaitement dans le cadre d’une mise en scène rigoureuse, revêche parfois. Ses personnages ne tiennent pas en place. Ils ne se conforment surtout pas aux attentes de leur histoire.

Comme celle de l’héroïne (il y aussi des héros) qui après la mort de sa fille va relancer l’enquête policière, de manière très expéditive. 

Mildred est une femme forte, déterminée, indépendante sur toute la ligne. Son mari l’a quittée pour une jeunesse, elle mène sa barque à la hussarde. Ça choque un peu, beaucoup et même à la folie quand ses actions conduisent à d’autres drames, plus ou moins consciemment, ou indirectement, allez savoir.

Martin McDonagh joue sur cette incertitude, cette attente du lendemain qui peut virer sur une pichenette mal ajustée. Le regard de Frances McDormand ne plaide pas pour l’amnistie. Mildred est en guerre et le curé va en faire les frais. Ses frères pédophiles ne sont pas tous à la une des gazettes…

Un travers de plus au tableau d’un réalisateur-scénariste qui nous concocte un panorama de cinéma éblouissant dans l’hommage et la reconnaissance (j’ai beaucoup pensé aux frères Coen) avant d’imposer une écriture qui au flash-back préfère le post-scriptum. Habile et subtile cette manière de conduire le récit entre deux époques, deux ou trois histoires dans la juste mesure des regrets et de la culpabilité.

Frances McDormand et Peter Dinklage dans un second rôle qui n’a rien de mineur.

Le rire ne fait que passer dans le cœur des hommes et des femmes bringuebalés par la mort et ses fantômes. Le combat d’une mère seule contre tous, et d’un bon samaritain, « de couleur » (Clarke Peters) comme les appelle maintenant Dixon qui ne cassera donc plus du nègre. Un vocabulaire approprié à son propre destin, bien renversant et un brin facile cette fois, de la part d’un scénariste sauvé in extremis par son double, réalisateur avisé des contre-temps de l’existence.

A l’image des flash-backs détournés, suspense, rebondissement et retournement ne pèsent d’aucune autorité sur une aventure nourrie par son propre destin. Mildred s’apprête à tuer l’assassin qui n’est pas forcément le coupable. Elle hésite dit-elle à l’homme qui l’accompagne, rédempteur revenu de l’enfer. Dont Mildred n’est jamais partie.

Caleb Landry Jones est à l’origine de l’installation des affiches contestées, notamment par l’un des flic (Zeljko Ivanek)

  • L’esprit ou la raison, des films qui s’en rapprochent

« Manchester by the sea » de Kenneth Lonergan.

« Comancheria » de David Mackenzie.

« La colère d’un homme patient » de Raúl Arévalo

Golden Globes 2018 : meilleurs film, actrice (Frances McDormand ), acteur second rôle ( Sam Rockwell)  et scénario. Ils sont racistes, xénophobes, débiles. Martin McDonagh n’aime pas les flics. Ils le lui rendent bien. A la mort de leur chef, ils pleurent comme des madeleines ( normal, c'est  Woody Harrelson ) et se voilent la face devant les exactions du plus minable d’entre eux. Jason Dixon a l’air tellement bête qu’il nous fait beaucoup rire, de tant d’âneries accumulées sous la gâchette. Dixon tire sans réfléchir, il cogne beaucoup et très fort à la moindre occasion. Un rôle qu’il faut tenir dans un scénario ( Sam…
Le film

C’est un film plein et entier, en ce sens que l’écriture du scénario est tout à fait raccord à la manière dont se comportent (plus qu’ils ne jouent) les personnages dans une mise en scène rigoureuse, parfois presque revêche. Martin McDonagh, également scénariste n’est pas là pour faire de cadeaux à l’histoire et à ses protagonistes dont le meilleur profil tarde toujours venir. L’urgence est ailleurs, derrière cette caméra affutée entre le bien et le mal sans voir qui détient la vérité. La mère de la victime ou le flic sur la voie de départ ? Le réalisateur laisse peu d’espace à l’évidence, lui préférant les pleins et les déliés d’un récit sans manichéisme, ni pathos. Une sorte de vie en condensé où chacun tire un numéro avec lequel il va pouvoir jongler. Au début le numéro est souvent drôle, on rit, et puis un raté de l’existence, le drame, le bien, le mal, le cinéma, du grand cinéma …

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