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« Vice » de Adam McKay. Critique cinéma

Synopsis: Fin connaisseur des arcanes de la politique américaine, Dick Cheney a réussi, sans faire de bruit, à se faire élire vice-président aux côtés de George W. Bush. Devenu l'homme le plus puissant du pays, il a largement contribué à imposer un nouvel ordre mondial dont on sent encore les conséquences aujourd'hui…

La fiche du film

Le film : "Vice"
De : Adam McKay
Avec : Christian Bale, Amy Adams
Sortie le : 13/02/2019
Distribution : Mars Films
Durée : 134 Minutes
Genre : Biopic, Drame
Type : Long-métrage
Le film

Oublié Christian Bale. La plus belle métamorphose du cinéma après celle de Gary Oldman dans « Les heures sombres ». Le port de tête, l’absence visible de réactions, de sentiments, l’embonpoint naissant au fil du récit et cet œil scrutateur pour percer la grande Histoire.

On ne sait pas forcément grand-chose de Dick Cheney, homme de l’ombre et des mystères, qui un peu à l’égal de Hoover à la CIA, a pourtant façonné l’avenir des Etats-Unis et d’une partie de la planète pendant 40 ans.

Christian Bale est le personnage incroyable de cette aventure qui à l’origine pourtant n’engage pas la confiance.

Dick Cheney, formé par Donal Rumsfeld ( à droite ) ne le lâchera jamais, ou presque jamais. La politique est impitoyable.

Pochtron de première, peu porté vers l’effort, sa femme s’apprête à le quitter. Elle se désespère de le voir s’adonner aux jeux et à l’alcool quand ses rêves l’entraînent vers  Washington. Son ambition démesurée le sauvera.

Amy Adams ne force pas le trait pour conduire le couple vers cette réussite qui façonne un homme. Elle est de tous ses succès, ses échecs aussi et règle sa vie tel l’agenda d’un puissant.

Ce qu’il devient peu à peu en apprenant très vite auprès de ses aînés. Conseiller de Donald Rumsfeld ( Steve Carell, bluffant) il sait déjà comment bombarder le Cambodge.

L’anticipation est sa force. Celle de Adam McKay également. Sa mise en scène , parfois chichiteuse ( mais ça passe si vite ) nous rappelle que l’Histoire n’a rien d’une fonction linéaire dans ses volte-face et ses aller-retour que le réalisateur illustre de manière efficace.

Les flash-back n’en sont pas, commentaires en voix off, images intercalées qui précèdent ou précipitent le récit , l’aventure historique est parfaitement agencée. 

McKay déroule quarante ans de la vie politique américaine avec une conscience de pédagogue et un savoir-faire de conteur.

Alors que les tours jumelles sont attaquées, Lynne Cheney est encore aux côtés de son mari dans le bunker de crise.

Qui nous dit que dans ses premiers ébats, Dick Cheney n’est pas le mauvais bougre que l’on imagine. Au point d’abandonner un jour toute velléité politique pour ne pas trahir sa famille et particulièrement sa fille Mary qu’il aime tant ( Alison Pill).

Une retraite contrariée par la candidature du fils Bush, le fameux George W ( Sam Rockwell) dont il devient le vice-président. A part leur beuverie de jeunesse, les deux hommes n’ont pas d’atomes crochus.

Face à l’inexpérience,  Cheney désormais vieux briscard va exploiter ce nouveau terrain de jeu où son pouvoir et sa puissance vont régner sans vergogne.

Direction d’acteurs, s’il vous plaît

Le prétexte du 11 novembre sera sans limite. Plus de loi restrictive, attributions nouvelles au vice-président ( « vous êtes meilleur dans l’instinct » dit-il à Bush qu’il tient par la barbichette ), la théorie de « l’exécutif unitaire » mise en place par son équipe est la porte ouverte à toutes les dérives.

Enlèvements, tortures, censure… Adam McKay nous résume tout ça avec une ironie glaçante sur la carte du menu du restaurant où dînent ses proches.

Quand le serveur leur demande ce qu’ils prendront , Dick Cheney ne fait pas de détail. C’est devenu sa ligne de conduite. Sans pitié, comme le lui fait remarquer son ancien mentor Donal Rumsfeld. L’élève a dépassé le maître, et Christian Bale un certain Dick Cheney !

  • La Maison-Blanche, ses coulisses, ses méfaits :

 » W. L’improbable président » de Oliver Stone

« J.Edgar » de Clint Eastwood

« Homeland : Irak, année zéro » de Abbas Fahde

« Fair game » de Doug Liman

« Le Majordome » de Lee Daniels

« The Secret man » de Peter Landesman

« Jackie » de Pablo Larrain

« Frost-Nixon, l’heure de vérité » de Ron Howard

« Kennedy » par Jim Goddard

« Green Zone  » de Paul Greengrass

« Démineurs » de Kathryn Bigelow

Oublié Christian Bale. La plus belle métamorphose du cinéma après celle de Gary Oldman dans « Les heures sombres ». Le port de tête, l’absence visible de réactions, de sentiments, l’embonpoint naissant au fil du récit et cet œil scrutateur pour percer la grande Histoire. On ne sait pas forcément grand-chose de Dick Cheney, homme de l’ombre et des mystères, qui un peu à l’égal de Hoover à la CIA, a pourtant façonné l’avenir des Etats-Unis et d’une partie de la planète pendant 40 ans. Christian Bale est le personnage incroyable de cette aventure qui à l’origine pourtant n'engage pas la confiance.…
Le film - 90%

90%

Un film riche, dense, historiquement fort et mis en scène de manière si particulière qu’il relance l’intérêt pour ce genre de production dont l’Amérique est friande et nous aussi . Avec un casting de tout premier plan mené de main de maître par Christian Bale qui dans le rôle-titre ( Dick Cheney , 40 ans dans l’ombre du pouvoir et pourtant si puissant ) est absolument fabuleux . Depuis Gary Oldman en Churchill je n’avais pas vu une telle métamorphose au cinéma. Sur la ligne éditoriale, on retrouve les mêmes arcanes et chausse-trappes du pouvoir, la manière de le prendre en compte avant de se l’attribuer . Sauf que cette fois le héros a su habilement retourner chaque situation en sa faveur avec des conséquences inéluctables sur le monde ( Cambodge, Afghanistan, Irak …) qui perdurent encore aujourd’hui . La théorie de « l’exécutif unitaire » mise en place par l’équipe Cheney sera la porte ouverte à toutes les dérives. Enlèvements, tortures, censure…

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