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« 1917 » de Sam Mendes. Critique cinéma

Synopsis: Première Guerre Mondiale. Schofield et Blake, deux jeunes soldats britanniques sont porteurs d’un message qui pourrait empêcher une attaque dévastatrice et la mort de centaines de soldats, dont le frère de Blake. Une véritable course contre la montre s’engage derrière les lignes ennemies.

La fiche du film

Le film : "1917"
De : Sam Mendes
Avec : George MacKay, Dean-Charles Chapman
Sortie le : 15/01/2020
Durée : 119 Minutes
Genre : Drame, Historique, Guerre
Type : Long-métrage
Le film
  • «  Rien de tel qu’un ruban pour réconforter une veuve » . —
  • Golden Globes : meilleur film dramatique, meilleur réalisateur
  • Oscars 2020 :  Meilleure Photographie – Meilleurs Effets spéciaux (Guillaume Rocheron)- Meilleur Mixage son 

Dans la cohorte des films du genre, « 1917 » est une pièce unique, d’autant plus inédite qu’elle rappelle aux jeunes générations ce que fut la première guerre mondiale. Au-delà de l’œuvre de mémoire dont on nous serine les tympans, Sam Mendes renoue avec l’Histoire, la rend visible, factuelle, en usant de procédés techniques et créatifs, novateurs.

Sa narration en conserve une rigueur exemplaire. Pas d’effets de style, encore moins spéciaux, pas de boucherie au sens de nos manuels scolaires et de quelques films encore à la traîne.

La boucherie on la voit, elle est du no man’s land des tranchées aux ruines fumantes des villages fantômes, l’expression même du carnage. Des milliers d’hommes vont y laisser leur peau, entre Tommies et Teutons que le réalisateur américain distingue à peine de son objectif.

C’est l’homme qui fait la guerre, la défend, la préserve. C’est à l’homme que le cinéaste s’attache .Deux jeunes garçons effrayés par la tâche qui leur incombe : sauver des milliers de soldats en portant un message à leur compagnie qui s’apprête à tomber dans une embuscade. Le parcours du combattant n’est pas un vain mot. Parsemé d’embûches, de cadavres, de pièges et de rats «  plus gros que les nôtres » s’amuse Blake (Dean-Charles Chapman) en découvrant les lignes ennemies désertées.

Au fil de leur périple, les deux hommes parcourent des champs de bataille désolés, puis de vertes campagnes que la guerre a souillées .

 

Il n’ira pas plus loin, ne verra jamais son frère lieutenant sur le front que Schofield ( George MacKay) seul désormais, lui promet d’atteindre. Dans ce périple éprouvant, à travers ce village abandonné, théâtre d’ombres et de sang que Sam Mendes exécute dans l’une de ses plus grandes séquences émotionnelles. Une traque dans les ruines  enflammées d’Écoust, époustouflante.

Sa vision labyrinthique et cauchemardesque  figure à mon avis parmi les monuments de cinéma comme put l’être à l’époque l’arrivée du capitaine Willard dans les eaux du colonel Kurtz. ( «Apocalypse Now» ).

Un lyrisme débordant, si près de la vérité dont Schofield ne ressortira pas indemne. C’est une autre vision de la guerre qu’il affronte, loin des tranchées et des baïonnettes au canon. Loin de la bravoure médaillée sur citation, et de ses héros.  Loin de la gloire et de ses reliques dont il s’est depuis longtemps débarrassé contre une bouteille de vin français.

Une très belle scène au cours de laquelle le lieutenant Leslie (Andrew Scott) informe gentiment, mais avec ironie des dangers que les deux hommes encourent une fois la butte escaladée.

 

A l’époque Schofield avait soif .Un détail que Sam Mendes note au passage, remarque inopinée au cœur de ses ressentiments à l’encontre de la folie guerrière.

Sa rage toute contenue explose dans cette sublime revendication filmée . Sa virtuosité n’entache en rien sa vérité.

Des films dans les tranchées et tout autour … :

« Mémoires de jeunesse » de  James Kent

« Men of honor » de Saul Dibb

« Les croix de bois » de Raymond Bernard

« Parade’s end » de Susanna White

« Les sentiers de la gloire » de Stanley Kubrick

« Birdsong » de Philip Martin

En toile de fond,  la première guerre mondiale :

 » Au-revoir là-haut » de et avec Albert Dupontel

» La promesse de l’aube » de Eric Barbier

« Cessez-le-feu » d’Emmanuel Courcol

« Le baron rouge » de Nikolaï Mullerschon

« La grande illusion » de Jean Renoir

« Le roi de coeur » de Philippe de Broca

« L’odeur de la mandarine » de Gilles Legrand

« Cheval de guerre » de Steven Spielberg

«  Rien de tel qu’un ruban pour réconforter une veuve » . --- Golden Globes : meilleur film dramatique, meilleur réalisateur Oscars 2020 :  Meilleure Photographie - Meilleurs Effets spéciaux (Guillaume Rocheron)- Meilleur Mixage son  Dans la cohorte des films du genre, « 1917 » est une pièce unique, d’autant plus inédite qu’elle rappelle aux jeunes générations ce que fut la première guerre mondiale. Au-delà de l’œuvre de mémoire dont on nous serine les tympans, Sam Mendes renoue avec l’Histoire, la rend visible, factuelle, en usant de procédés techniques et créatifs, novateurs. Sa narration en conserve une rigueur exemplaire. Pas…
Le film

Un très grand film, qui dans la cohorte des pièces rapportées sur cette première guerre mondiale , conforte le fait qu’il est toujours bon d’en rappeler l’existence, avec les moyens d’aujourd’hui et une vision aussi pertinente que particulière. C’est le cas pour Sam Mendes , dont la rigueur narrative s’accorde à une mise en scène saisissante de réalisme, bien que s’écartant des clichés des films du genre. Même la musique renouvelle la partition , soufflant le noir et la tempête avant de s’enflammer pour des variations lyriques d’une belle tenue. Pas d’effets de style, encore moins spéciaux, pas de boucherie au sens de nos manuels scolaires . La boucherie on la voit, elle est du no man’s land des tranchées aux ruines fumantes des villages fantômes, l’expression même du carnage. Le cinéaste en fait un état de fait pour mieux s’attarder sur ses protagonistes, des héros sans breloque convoqués pour une mission suicide.

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