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« Au-revoir là-haut » de Albert Dupontel. Critique cinéma

Synopsis: Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l'un dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l'entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire...

La fiche du film

Le film : "Au revoir là-haut"
De : Albert Dupontel
Avec : Nahuel Perez Biscayart, Albert Dupontel
Sortie le : 25/10/2017
Distribution : Gaumont Distribution
Durée : 117 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
Le film

Film après film, Nahuel Pérez Biscayart atteint les sommets. « 120 battements par minute » à peine projeté , le voici à nouveau dans le top de nos coups de cœur. En compagnie cette fois d’Edouard Péricourt, le héros du roman éponyme de Pierre Lemaître – Goncourt 2013 – que Albert Dupontel réécrit de manière aussi magistrale que fervente.

Porté pour mort par ses propres soins, afin d’échapper à un père richissime et notable, Edouard Péricourt est une gueule cassée de la première guerre mondiale. Il vit reclus dans un coin de Paris avec son copain de toujours Albert Maillard, revenu lui aussi des tranchées assassines. Maillard lui assure le qui-vive au grand jour que le jeune homme délaisse au profit de la pénombre d’une masure oubliée où ses dessins et sa peinture retrouvent le goût du chevalet.

A la vie, à la mort, les deux hommes se complètent de l’ombre à la lumière rehaussée par la présence d’une gamine débrouillarde. Louise est une orpheline de guerre, une Gavroche adorable, indispensable et maligne.

Un trio étonnant pour une affaire qui ne le sera pas moins

Le trio est un peu bizarre mais il fonctionne dans cette ambiance si particulière de l’après-guerre où les combines et les arnaques reconstruisent une économie bien chancelante.

Elle fait le commerce des morts et le bonheur du Lieutenant Pradelle, dont Péricourt et Maillard eurent à subir les mauvais traitements. Sans scrupule sous la mitraille, sa reconversion est tout aussi fulgurante auprès d’une clientèle qui ne renâcle pas. Pradelle a trouvé la faille, Péricourt en décèle une nouvelle : la fabrication de Monuments aux Morts commercialisés sur plan. Le dessin appâte le client, l’affaire est florissante, leur rêve de quitter le pays va pouvoir se réaliser.

L’histoire s’arrête quasiment dans ces contrées, mais tout ce qui l’a nourri est encore dans ces images saisissantes que le réalisateur puise au cœur même de l’époque. Comme si le vieux Paris n’avait jamais disparu, à peine reconstitué par l’urgence de raconter l’Histoire, ses héros et ses salauds.

 Cet ordure d’officier que Laurent Laffite galonne de la plus sale espèce, ce papa orgueilleux et fier, blanchi sous la toison de Niels Arestrup, magnifique patriarche qui nous vaut des scènes sublimes. Et ces femmes admirables sous leurs dentelles et leurs sourires contrits.

Emilie Dequenne, Mélanie Thierry, et la jeune et craquante Héloïse Balster … l’assemblage est sensible, exigeant. D’une totale abnégation face à l’œuvre d’Albert Dupontel interprète et metteur en scène chavirés par les tourments de la littérature et les fantômes de la représentation. Un théâtre où les masques de Péricourt ne cachent plus un visage craquelé, mais révèlent un savoir, une intelligence, une soif de vivre. Comme dans un film de Dupontel.

Film après film, Nahuel Pérez Biscayart atteint les sommets. « 120 battements par minute » à peine projeté , le voici à nouveau dans le top de nos coups de cœur. En compagnie cette fois d’Edouard Péricourt, le héros du roman éponyme de Pierre Lemaître – Goncourt 2013 - que Albert Dupontel réécrit de manière aussi magistrale que fervente. Porté pour mort par ses propres soins, afin d’échapper à un père richissime et notable, Edouard Péricourt est une gueule cassée de la première guerre mondiale. Il vit reclus dans un coin de Paris avec son copain de toujours Albert Maillard, revenu lui…
Le film

Habituellement, la reconstitution historique made in France est d’une laideur à vous dégoûter de l’Histoire et du cinéma. Voyez maintenant ce Paris au sortir de la première guerre mondiale, comme si le réalisateur (Dupontel) avait filmé in situ. Un environnement idéal pour reprendre le verbe du Goncourt 2013, Pierre Lemaitre et cette histoire de gueule cassée, que l’on croit mort et qui revit pour mieux se venger. De l’Histoire, de ses salauds et de sa famille qui pourtant le pleure et le supplie en souffrant. Exceptionnel, Nahuel Pérez Biscayart est dans la peau de ce personnage aux côtés de gens tout aussi beaux et forts pour exprimer une œuvre totalement habitée.  Dupontel en premier, qui de la caméra au plateau façonne un itinéraire que le spectateur ne peut lâcher un instant, tant la prise de paroles et la force de l’image confèrent à l’ensemble une stature cinématographique imposante. Laurent Lafitte, Niels Arestrup, Emilie Dequenne, Mélanie Thierry et la jeune Héloïse Balster en constituent l’ossature. Un grand plaisir de les voir jouer.

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2 Commentaires

  1. C’est indiscutablement un des films de l’année 2017, excellente adaptation du très bon Goncourt (si, si, il y en a) de Lemaître. Il y a des libertés prises par rapport au livre ou la BD mais elles nous surprennent très agréablement. Comme le dit l’auteur de ce blog, les acteurs sont tous parfaits et le rôle d’intermédiaire joué par la jeune Héloïse Balster est très bien vu. A voir et revoir…

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