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« Les premiers, les derniers » de Bouli Lanners. Critique cinéma

Synopsis: Cochise et Gilou, deux inséparables chasseurs de primes doivent retrouver un téléphone au contenu sensible, égaré par son influent propriétaire. Leur recherche va les conduire dans une petite ville paumée, où ils vont croiser Esther et Willy, un jeune couple en marge du monde, qui semblent fuir un grand danger…

La fiche du film

Le film : "Les Premiers, les Derniers"
De : Bouli Lanners
Avec : Albert Dupontel, Bouli Lanners
Sortie le : 27/01/2016
Durée : Inconnu
Genre : Comédie dramatique, Policier
Type : Long-métrage
Le film

La magie du cinéma. La région Centre a servi de décor aux agapes cinématographiques de Bouli Lanners, mais le lieu ressemble à nulle part. Les nuages sont lourds, posés très bas sur une glaise sombre et poisseuse, à perte de vue. Comme un no man’s land avec ses friches, ses zones abandonnées, ses usines fermées. Un pays merveilleux pour un cinéaste inspiré.

Pas étonnant que deux types s’égarent dans ce cloaque en quête d’un voleur de téléphone. Pas n’importe qui les chasseurs de primes : Cochise et Gilou déguisés en Albert Dupontel et en réalisateur. Pas n’importe quel portable. Le contenu des vidéos, très sensible, pourrait tomber chez n’importe qui. Chez un pauvre type par exemple qui avec sa copine prend quelques rapines ici et là histoire de sauver chaque jour qui passe.

La chance cette fois ne leur a pas souri, et les voici fuyant le revanchard et ses deux vigiles. Rien d’une course folle, ils ont le temps, l’habitude et désormais des doutes.

David Murgia et Aurore Broutin , deux gamins qui vont rencontrer Jésus
David Murgia et Aurore Broutin , deux paumés qui vont rencontrer Jésus

Leur commanditaire leur parait peu recommandable et les fuyards semblent plus paumés que méchants. Au point que l’objet du délit, toujours en marche, leur indique la marche à suivre. Un bel élément de scénario ficelé sur des portraits ad-hoc, des personnages bien typés, taillés dans le roc, pas des bavards ou bien des freluquets qui prennent la tangente pour un oui pour un non.

Alors, quand des petits loubards de province commandés par un Riaboukine plus méchant que jamais, se mêlent à la danse, Cochise et Gilou montrent  les dents. Ils dévissent un tout petit peu plus, rencontrent un dénommé Jésus qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Philippe Rebbot, lui-même en compassion devant les petits moineaux égarés. La séquence avec le chatterton est excellente. Un grand moment de cinéma,un de plus…

David Murgia et Aurore Broutin ( le couple en fuite ) dressent un juste chemin dans ce monde de grands, jamais adultes. L’oraison funèbre par Max Von Sydow, face à Michael Lonsdale, on n’en rêvait pas forcément. Mais le couple est fulgurant, comme si Millet nous sonnait à nouveau l’Angélus.

les premiers, les derniers

Les durs deviennent alors de bons samaritains, légèrement déjantés, les méchants rentrent dans leur cage, et deux petits êtres qui ne demandaient rien à personne vont reprendre un peu de vie.

Bouli Lanners est devenu un doux rêveur. Apaisé, peut-être, couillu, certainement. » L’errance fait parti de ma vie » dit-il. Il en fait un grand film.

La magie du cinéma. La région Centre a servi de décor aux agapes cinématographiques de Bouli Lanners, mais le lieu ressemble à nulle part. Les nuages sont lourds, posés très bas sur une glaise sombre et poisseuse, à perte de vue. Comme un no man’s land avec ses friches, ses zones abandonnées, ses usines fermées. Un pays merveilleux pour un cinéaste inspiré. Pas étonnant que deux types s’égarent dans ce cloaque en quête d’un voleur de téléphone. Pas n’importe qui les chasseurs de primes : Cochise et Gilou déguisés en Albert Dupontel et en réalisateur. Pas n’importe quel portable. Le contenu…
Le film

La voie d’essais de l’aérotrain d’Orléans abandonnée depuis des lustres est le point de départ du décor de Far-West imaginé par Bouli Lanners au cœur du centre de la France. Un décor sublimé dans une histoire tout aussi insolite de deux chasseurs de prime en quête d’un téléphone portable compromettant. C’est parfaitement œuvré autour d’une série de portraits qui se comportent un peu à l’emporte-pièce mais souvent avec une humanité toujours en réserve. L’acteur réalisateur a choisi d’excellents comédiens, dont l’invité surprise Max von Sydow assurant une oraison funèbre. C’est tout simplement magique. Le maître mot de ce grand film qui dans son décor infini, crépusculaire l’hiver, ses gares désertées, magnifie l’aventure de deux amoureux un peu paumés. L’errance fait parti de ma vie, dit le cinéaste. Il l’a parfaitement illustrée.

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10 Commentaires

  1. On ne comprend pas toujours tout et il y a quelques maladresses, mais on est toujours dans l’émotion totale, dans l’humour décalé et dans la spiritualité (quel plaisir de revoir dans ces rôles Michael Lonsdale, Max Von Sydow et Philippe Rebbot) . En fait ce film est une fable voire un conte même si on reste dans des paysages aussi tristes que dénudés (quelle trouvaille d’y retrouver les restes du rail de l’aérotrain !) toujours filmés à l’horizontale. Bref, un très bon moment et 4 étoiles pour moi aussi.

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