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« Réparer les vivants » de Katell Quillévéré. Critique cinéma

Synopsis: Sur le chemin du retour d’une matinée de surf, c'est l'accident. Suspendue aux machines dans un hôpital du Havre, la vie de Simon n'est plus qu'un leurre. Au même moment, à Paris, une femme attend la greffe providentielle qui pourra prolonger sa vie...

La fiche du film

Le film : "Réparer les vivants"
De : Katell Quillévéré
Avec : Tahar Rahim, Emmanuelle Seigner
Sortie le : 02/11/2016
Distribution : Mars Films
Durée : 103 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

C’est un manifeste pour le don d’organe, le don de soi. Donner, mais aussi recevoir, l’acte est tout aussi responsable nous dit la réalisatrice. Katell Quillévéré s’inspire du roman de Maylis De Kerangal, récit d’une transplantation cardiaque, pour tracer le parcours à priori ordinaire des gens du quotidien, méchamment rattrapés par la vie.

Simon (Gabin Verdet ) était un bel adolescent, amoureux et surfeur, du côté du Havre. Il n’avait pas sa ceinture serinent les grandes personnes penchées sur son corps inerte, devenu comme inutile. Un peu à l’image de celui de Claire, la parisienne, dont le cœur grossit dangereusement. « Mon heure est peut-être venue » sourit-elle doucement à la chirurgienne qui lui propose un libre échange.

Doute, réflexions, cas de conscience. La réalisatrice s’accorde elle aussi un temps de pause devant l’incertitude de ces destins inattendus. « Surtout pas ses yeux » prévient la mère (Emmanuelle Seigner, magnifique) quand l’autre mère cache à ses deux fils son mal grandissant. Ce souffle qui s’essouffle et auquel toute assistance technique lui parait illusoire. Voire indécente.

Une mère et un père confrontés aux choix du don d'organes
Une mère et un père ( Kool Shen )  confrontés à l’autorisation du don d’organes

En une journée, tout peut se jouer. La cause est noble, vitale.  Katell Quillévéré la filme sans l’excès d’une médiatisation événementielle. Une petite musique pianotée égrène seulement les secondes, et le monde est à l’écoute. Dans l’ombre bien souvent, comme ce médecin chargé d’accompagner les familles. La retenue de Tahar Rahim pose parfaitement les données d’une situation sans véritable issue. Il y aussi ses collègues infirmiers-infirmières, et leur patron, Bouli Lanners qui figure le personnage dans sa bonne perspective.

Celle d’une prise de position à la fois générale et très personnelle sur la marche à suivre. On ne s’attarde pas dans le centre chargé de la répartition des organes, mais le coup d’œil est suffisant pour nous rappeler l’ampleur du problème.

Un écran de contrôle que l’on éteint, un murmure pour un consentement, un regard appuyé comme l’espoir qui patiente, la tension est dans tous ces petits détails qui font désormais le commun de l’existence d’une femme entre deux âges, joliment interprétée par Anne Dorval. Sans pathos, ni fioriture.

En ne retenant pas toute la tension littéraire, Katell Quillévéré vise pourtant droit au cœur, ce muscle qui symboliquement devient celui de nos préoccupations, quand il est aussi celui de l’amour. La cinéaste renvoie cette image comme un reflet dans le miroir de nos vies. Dans la salle d’attente où Maxime (Finnegan Oldfield) et Sam (Théo Cholbi) attendent le réveil de leur mère, sa compagne (Alice Taglioni) les regarde avec une infinie tendresse . Ils ne se connaissent pas, elle n’avait plus de nouvelles de son amie, mais le monde les a rattrapés. L’espoir avait raison d’insister.

C’est un manifeste pour le don d’organe, le don de soi. Donner, mais aussi recevoir, l’acte est tout aussi responsable nous dit la réalisatrice. Katell Quillévéré s’inspire du roman de Maylis De Kerangal, récit d’une transplantation cardiaque, pour tracer le parcours à priori ordinaire des gens du quotidien, méchamment rattrapés par la vie. Simon (Gabin Verdet ) était un bel adolescent, amoureux et surfeur, du côté du Havre. Il n’avait pas sa ceinture serinent les grandes personnes penchées sur son corps inerte, devenu comme inutile. Un peu à l’image de celui de Claire, la parisienne, dont le cœur grossit dangereusement.…
Le film

Sur un sujet un peu hors norme dans le contexte cinématographique actuel, Katell Quillévéré réussit le pari de transplanter le roman de Maylis De Kerangal au cœur d’un scénario, véritable manifeste pour le don d’organes. Face à une famille confrontée à cette proposition du monde médical, une patiente s’interroge sur les raisons qui lui font accepter le cœur d’un autre, un anonyme, elle-même anonyme pour les parents du donneur. La réalisatrice n’en fait jamais trop pour dire toute l’emprise d’une telle activité qui de la médecine à celui de l’intimité familiale bouleverse considérablement les fondations mêmes de notre existence. En ne retenant pas toute la tension de l’écriture romanesque, Katell Quillévéré vise malgré tout droit au cœur, ce muscle qui symboliquement devient celui de nos préoccupations quand il est aussi celui de l’amour. La cinéaste renvoie cette image comme le reflet du miroir de nos vies, avec des comédiens totalement immergés dans cet univers où le blanc et le silence s’accordent jusqu’à l’apaisement, presque l’harmonie.

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