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« 120 battements par minute » de Robin Campillo. Critique cinéma

Synopsis: Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean.

La fiche du film

Le film : "120 battements par minute"
De : Robin Campillo
Avec : Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois
Sortie le : 23/08/2017
Durée : 140 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

« On est train de crever, vous comprenez ça ! »

Grand Prix du Jury, Cannes 2017

Le film est long (2 h 20). Bien avant la fin, on a tout compris. D’une œuvre militante que Robin Campillo révèle comme l’émergence d’un monde nouveau. Il a bientôt trente ans, trente ans d’un virus prénommé Sida qui s’attaque à l’amour et à ses pensionnaires.

Trente ans déjà. On n’a donc rien compris, le cinéaste insiste, il a raison. Il a tant à dire sans jamais se répéter sur un événement devenu catastrophe. Il y a encore urgence et nécessité, comme ce film voué au travail incessant d’Act Up-Paris qui d’emblée affiche la couleur. « Nous sommes des militants d’une association qui lutte contre le sida » prévient Thibault (Antoine Reinartz) aux nouveaux venus.

Une intrusion au coeur des débats officiels, et c’est la charge policière assurée

Issue de la communauté homosexuelle, sans clivage idéologique ou politique, elle mène depuis 1989 un combat de tous les instants, inspiré disent-ils par la léthargie des pouvoirs publics. Des responsables politiques qui repasseront la patate chaude aux labos coupables selon l’association de ne pas se préoccuper des garçons et des filles qui meurent du sida. L’un d’eux est particulièrement montré du doigt pour avoir refusé la publication des résultats d’un nouveau médicament.

Une véritable bataille s’engage alors entre spécialistes et malades, une guerre totale où l’affrontement n’est pas seulement verbal. La caméra intrusive de Campillo saisit parfaitement ces moments de tensions extrêmes, révélateurs d’une attente désespérée. Celle que Sean incarne pleinement dans sa hargne à vouloir toujours aller plus loin, avant que la petite bête n’ait raison de sa volonté.

Dans le personnage, Nahuel Perez Biscayart est époustouflant d’amour et de colère, de vie et de rogne pour donner à son action la vitalité nécessaire que relaie une mise en scène tout aussi pleine et dynamique. Robin Campillo raconte l’histoire d’Act Up-Paris, celle du sida et de ses composants. Comme ce point de vue scientifique agrémenté de quelques diapos que les membres de la commission médicale se disputent à qui mieux mieux.

L’allusion nous rappelle l’enjeu de la maladie. Un regard clinique différent, distancé mais totalement vécu. L’affaire du sang contaminé n’est plus très loin. On replonge là dans le cœur du récit, ses manifestations, la violence policière et le sourire d’avoir vaincu la peur (Adèle Haenel, toujours aussi parfaite) , d’avoir aussi franchi les portes d’un lycée pour dire le bienfait d’une capote. 

Révolte, intransigeance, détermination. Sean est tout ça dans la démesure et ses amours avec Nathan (Arnaud Valois) que le réalisateur filme sans la complaisance de l’esthète. Il donne à voir l’intimité, la rencontre et la plénitude de l’échange amoureux. Une fiction documentée, entre fierté et liberté. Une œuvre sans égal…

« On est train de crever, vous comprenez ça ! » Grand Prix du Jury, Cannes 2017 Le film est long (2 h 20). Bien avant la fin, on a tout compris. D’une œuvre militante que Robin Campillo révèle comme l’émergence d’un monde nouveau. Il a bientôt trente ans, trente ans d’un virus prénommé Sida qui s’attaque à l’amour et à ses pensionnaires. Trente ans déjà. On n’a donc rien compris, le cinéaste insiste, il a raison. Il a tant à dire sans jamais se répéter sur un événement devenu catastrophe. Il y a encore urgence et nécessité, comme ce film voué au…
Le film

Entre le plaidoyer et le réquisitoire, mais jamais plaintif ni larmoyant ce film est une grande fiction documentée qui nous rappelle les années sida toujours au cœur de nos villes et de nos villages. A travers l’hommage rendu aux militants d’Act Up-Paris, pierre angulaire du récit, la caméra intrusive de Campillo saisit parfaitement les moments de tensions extrêmes, révélateurs d’une attente désespérée. Celle que Sean incarne pleinement dans sa hargne à vouloir toujours aller plus loin, avant que la petite bête n’ait raison de sa volonté. Dans le rôle, Nahuel Perez Biscayart est époustouflant d’amour et de colère, de vie et de rogne pour donner à son action la vitalité nécessaire que relaie une mise en scène tout aussi pleine et dynamique. Le reste de l’affiche joue la même partition enfiévrée. Révolte, intransigeance, détermination, c’est une œuvre sans égal…

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