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« L’Atelier » de Laurent Cantet. Critique cinéma

Synopsis: La Ciotat, été 2016. Antoine a accepté de suivre un atelier d'écriture où quelques jeunes en insertion doivent écrire un roman noir avec l'aide d'Olivia, une romancière connue. Le travail d'écriture va faire resurgir le passé ouvrier de la ville, son chantier naval fermé depuis 25 ans, toute une nostalgie qui n'intéresse pas Antoine. Davantage connecté à l'anxiété du monde actuel, il va s'opposer rapidement au groupe et à Olivia, que la violence du jeune homme va alarmer autant que séduire.

La fiche du film

Le film : "L'Atelier"
De : Laurent Cantet
Avec : Marina Foïs, Matthieu Lucci
Sortie le : 11/10/2017
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 113 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

L’écriture libératoire au cœur d’un second procédé créatif, le cinéma. Laurent Cantet et Robin Campillo posent leur récit dans une perspective en trompe l’œil. Quand on ne sait plus trop qui du roman ou du script façonne le scénario, Olivia, une romancière à succès rebat les cartes.

Elle est la responsable de l’atelier d’écriture où des jeunes en insertion professionnelle doivent imaginer un roman noir avec pour décor leur propre ville : La Ciotat.

La maîtresse du jeu n’est donc pas neutre. Elle se nourrit de cette élaboration collective qui lui renvoie les histoires des participants et l’écho qu’ils en font dans leurs propositions et leurs écrits. Le passé d’un chantier naval, ses heures de gloire et de luttes consumées.

C’est habilement présenté et tout aussi généreux dans le libre affrontement qui se formule entre les garçons et les filles de l’Atelier. Si chacun apporte une pierre originale à l’édifice, en souvenir d’un grand père ouvrier sur le port ou d’une origine étrangère fortement ancrée dans le pays, la personnalité d’Antoine retient très vite l’attention de la jeune femme.

Il est taciturne, parle peu et quand il le fait c’est bien souvent pour contrer ses voisins, ou encore mieux les provoquer. Les idées qui fusent permettent alors d’élever le débat sur des problèmes d’actualité (radicalisation, terrorisme…) difficiles à relier à la thématique retenue. Cantet joue habilement de cet obstacle pour donner un semblant de vérité à sa mise en scène quand celle-ci penche trop sur le réalisme du documentaire.

Une tendance évocatrice du cinéma qu’il soumet de manière flatteuse mais trompeuse. Toujours ce fameux trompe-l’œil. Les rapports de plus en plus ambigus entre Olivia et Antoine inclinent vers une relation amoureuse platonique que seul un véritable danger pourra écarter.

Mais de quelle menace nous parle-t-on ?  Entre un ado de la Ciotat qui pianote de violentes vidéos et une intello parisienne en quête d’un meurtrier en papier. Ces deux-là (Marina Foïs, confirmation, Matthieu Lucci, révélation) n’étaient pas faits pour se rencontrer, mais le cinéma de Laurent Cantet nous prouve joliment le contraire.

 

L’écriture libératoire au cœur d’un second procédé créatif, le cinéma. Laurent Cantet et Robin Campillo posent leur récit dans une perspective en trompe l’œil. Quand on ne sait plus trop qui du roman ou du script façonne le scénario, Olivia, une romancière à succès rebat les cartes. Elle est la responsable de l’atelier d’écriture où des jeunes en insertion professionnelle doivent imaginer un roman noir avec pour décor leur propre ville : La Ciotat. La maîtresse du jeu n’est donc pas neutre. Elle se nourrit de cette élaboration collective qui lui renvoie les histoires des participants et l’écho qu’ils en font…
Le film

Prenant le prétexte d’un atelier d’écriture destiné à de jeunes garçons et filles en insertion professionnelle, Laurent Cantet imagine avec habileté les affres de la création littéraire qui ne sont pas sans rejoindre ceux du septième art. Mais il le fait sans pontifier, bien au contraire, laissant entendre et voir une histoire dans laquelle le vieux port de La Ciotat retrouve sa superbe, et des élans de générosité dans sa mise en scène . Quand celle-ci penche trop sur le réalisme du documentaire, il s’arc boute alors à la bonne vieille technique du trompe l’œil. Quand on ne sait plus trop qui du roman ou du script façonne le scénario, l’héroïne rebat les cartes jusqu’à devenir un autre personnage désarçonné et baissant la garde devant l'un de ses stagiaires. Marina Foïs, confirmation et Matthieu Lucci, révélation, n’étaient pas faits pour se rencontrer, mais le cinéma nous prouve joliment le contraire.

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