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« Le Grand bain » de Gilles Lellouche. Critique cinéma

Synopsis: Dans les couloirs de leur piscine municipale, Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée.

La fiche du film

Le film : "Le Grand Bain"
De : Gilles Lellouche
Avec : Mathieu Amalric, Guillaume Canet
Sortie le : 24/10/2018
Distribution : StudioCanal
Durée : 118 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
le film

La famille du cinéma français s’agrandit joliment. Après les copains d’enfance rassemblés dans « Le Jeu », Gilles Lellouche convoque avec grand bonheur une nouvelle tribu de comédiens et comédiennes appelée à forger joliment les esprits.

La filiation entre Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry est pourtant bien vague si ce n’est celle de la piscine où ils se retrouvent pour compenser leurs angoisses. Delphine (Virginie Efira, excellente ) les entraîne, sans plus de conviction.

Tout aussi secrète et névrosée que ses pensionnaires aquatiques que Gilles Lellouche nous présente avec des pincettes et beaucoup d’agilité. Gentiment largués par leur femme, leur boulot, leur humeur, ils sont tous en orbite désespérée dans leur environnement social et familial.

Mais une fois réunie autour de la piscine, la fratrie est tout à fait sympathique, bras dessus bras dessous pour se remonter le moral avec des arguments et des moyens qui parfois dépassent l’entendement. C’est pourquoi les coups de gueule de Laurent (Guillaume Canet, impressionnant) ont quelques raisons d’être, même si l’individu manque de tact et de civilité.

Ce qui fait tout son charme et sa tendresse devant une éducation parentale chahutée par les accidents de la vie.

Lellouche en aborde certains sans remplir la piscine de larmes et de sanglots. Pour parler de la solitude, de la vieillesse, de la séparation des couples, de l’alcoolisme ou de la bêtise humaine (un grand Jonathan Zaccaï), le réalisateur y met le cœur et l’intelligence.

Marina Fois, une femme forte pour réconforter un père de famille dépassé par les événements

Car ces gens sont cabossés et attachants. On sourit de leur maladresse et de leur désespoir, mais jamais à leurs dépens. Rocker raté et pitoyable, Jean Hughes Anglade nous entraîne à fleur de peau dans sa dérive.

Dans sa dépression presque chronique, Bertrand (Mathieu Amalric, toujours aussi grandiose) nous ramène au seuil de la douleur imperceptible, du malaise indicible.

C’est la vie qui les mène et les entraîne dans ce tourbillon insensé qui va les emporter au fond d’une piscine pour un défi impossible. Participer au championnat du monde de natation synchronisée pour hommes. On les traite déjà de pédés et l’esprit de Robert Carlyle dans « The full Monty » reprend vie.

Le même entrain, la même folie et une dynamique qui jamais ne se relâche sous la coupe d’un cinéaste inspiré comme on ne pouvait pas l’imaginer. Son casting, du premier choix, lui renvoie le compliment à cent pour cent avec en prime un Benoit Poelvoorde, fidèle à lui-même, mais … remarquable et Philippe Katerine inattendu de bienveillance, de douceur et d’ingénuité.

Une reine pour couronner le tout : Leïla Bekhti. Depuis son fauteuil roulant elle assure l’entraînement de ce petit monde et le mène par le bout du nez. Il faut la voir et l’entendre à l’unisson de cette aventure humaine qui nous fait bien rire et bien penser. Sans grimace, ni tarte à la crème, cette comédie à la française joue dans la cour des grands.

La famille du cinéma français s’agrandit joliment. Après les copains d’enfance rassemblés dans « Le Jeu », Gilles Lellouche convoque avec grand bonheur une nouvelle tribu de comédiens et comédiennes appelée à forger joliment les esprits. La filiation entre Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry est pourtant bien vague si ce n’est celle de la piscine où ils se retrouvent pour compenser leurs angoisses. Delphine (Virginie Efira, excellente ) les entraîne, sans plus de conviction. Tout aussi secrète et névrosée que ses pensionnaires aquatiques que Gilles Lellouche nous présente avec des pincettes et beaucoup d’agilité. Gentiment largués par leur femme, leur boulot, leur…
le film

Plusieurs choses rassurantes dans ce film qui confirme avant tout que l’on peut faire une excellente comédie à la française sans grimacer toutes les quatre secondes, ni jeter de tarte à la crème dans des situations grotesques. En réunissant une nouvelle famille de comédiens (après celle des Petits Mouchoirs et du récent Jeu de Cavayé) Gilles Lellouche reprend l’esprit de « The Full Monty » pour imaginer une bande de copains légèrement désœuvrés socialement et familialement, qui sous la coupe de deux femmes au tempérament bien particulier, vont reprendre du poil de la bête au fond d’une piscine. Chaque personnage est parfaitement dessiné par un réalisateur qui joue avec des pincettes, mais avec le cœur. Ce qui nous procure des moments de bonheur et de tendresse, souvent marqués par des douleurs secrètes, des vérités qui se révèlent peu à peu derrière une caméra attentive. A l’excellence de la réalisation répond un casting prestigieux et qui fournit le meilleur de lui-même. Près de deux heures, pas une seconde d’ennui ….

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