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« Plaire, aimer et courir vite » de Christophe Honoré. Critique cinéma

Synopsis: 1990. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite.

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Christophe Honoré est un réalisateur singulier. Il ne fait jamais le même film et s’éloigne souvent de ses précédentes inclinations. Le plus bel écart, de la Comtesse de Ségur ( 2016 )  à ce nouveau roman amoureux où les  premières années du Sida prennent à témoin notre passé et des souvenirs bien tenaces.

Robin Campillo nous l’a récemment racontée cette histoire qui n’en finit pas et qui tue l’amour à petit feu. Comme un rappel à l’ordre plus qu’aux sentiments que le réalisateur exalte dans la rencontre d’un écrivain déjà soigné pour sa séropositivité et d’un jeune étudiant, tout aussi libre de sa vie que de ses amours.

Arthur vit à Rennes avec Nadine dont il est plus ou moins amoureux . Si elle le lui demande, il hausse les épaules. Arthur ne cache pas son penchant pour les garçons. Quand il rencontre Jacques, le romancier parisien venu faire une conférence dans la capitale bretonne, l’attirance est évidente. Et d’emblée, les règles du jeu établies.

C’est sur un film de Jane Campion qu’ils se sont rencontrés. Les références culturelles ne manquent pas…

L’urgence préside à leurs ébats distants et à leurs rendez-vous lointains. Paris-Rennes, Christophe Honoré insiste, il y a un monde. Comme celui qui sépare l’univers des deux amants, le lettré qui sait que sa passion lui est comptée, le dilettante, un brin désinvolte dans ses tourbillons amoureux.

Vincent Lacoste porte encore un peu ce regard nihiliste sur son personnage, et cet environnement qu’il aborde sans complexe. Il est fort dans son rôle , en équilibre instable sur les apparences qu’il maîtrise parfaitement. Contrairement à son compagnon que Pierre Deladonchamps dévoile avec une grande intelligence, une remarquable interprétation.

Jacques est aussi papa et son fils le voit en alternance. Une valeur humaine supplémentaire à cette vision du monde que son ami Mathieu, dont il fut l’amant prévenant, lui rappelle avec un brio sans égal. Etonnant Denis Podalydès qui trouve dans ce rôle une échappée belle à un talent sans fin. Leurs échanges sont savoureux et la belle écriture de Christophe Honoré joliment portée  par ces comédiens .

Un peu trop parfois quand la préoccupation clinique de la maladie prend le pas sur les élans intempestifs d’une vie qui leur échappe. Des considérations littéraires mêlées aux références culturelles des uns et des autres . « La leçon de piano » n’est pas qu’un beau livre d’images rectifie gentiment Jacques à son compagnon, dans un sourire dévastateur, creusé par les marques du temps.

On les efface dans des cimetières nous dit Christophe Honoré, mais on ne les abandonne pas. Égarement passager dans des allées caillouteuses où  Koltès, Laffin, Truffaut, se sont arrêtés eux aussi un jour. On ne conjure pas la mort nous dit encore le cinéaste, on l’oublie. C’est pour ça que l’on s’aime.

Christophe Honoré est un réalisateur singulier. Il ne fait jamais le même film et s’éloigne souvent de ses précédentes inclinations. Le plus bel écart, de la Comtesse de Ségur ( 2016 )  à ce nouveau roman amoureux où les  premières années du Sida prennent à témoin notre passé et des souvenirs bien tenaces. Robin Campillo nous l’a récemment racontée cette histoire qui n’en finit pas et qui tue l’amour à petit feu. Comme un rappel à l’ordre plus qu’aux sentiments que le réalisateur exalte dans la rencontre d’un écrivain déjà soigné pour sa séropositivité et d’un jeune étudiant, tout aussi…
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Sur la filmographie de Christophe Honoré il me semble que ce film est le plus intéressant, le plus important dans une carrière portée par la diversité et le risque contenu. Il nous parle cette fois des amours masculines à l’époque où le Sida fait des ravages ( le début des années 90 ) , quand  cette maladie est loin d’être sous contrôle. Jacques, un écrivain à la réputation grandissante est déjà soigné pour sa séropositivité. Il fait la connaissance à Rennes d’un jeune étudiant qui sexuellement pratique l’alternance. Mais leur rencontre va complètement bouleverser l’ordre des choses pour le jeune homme, qui pour la première fois de sa vie est vraiment amoureux. Deux personnages auxquels le cinéaste s’attache avec brio ( beaucoup d’élégance et de pertinence dans la mise en scène, et des dialogues !... ) tout en retenant un environnement propice à des échanges savoureux. Podalydès-Deladonchamps, le duo est extraordinaire quand au milieu s’intercale Vincent Lacoste, brillant, même s’il porte toujours cette même désinvolture, ce regard nihiliste qui semble devenir une marque de fabrique.

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