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« Première année » de Thomas Lilti. Critique cinéma

Synopsis: Antoine entame sa première année de médecine pour la troisième fois. Benjamin arrive du lycée, et réalise rapidement que ce ne sera pas une promenade de santé. Dans un environnement compétitif violent, avec des journées de cours ardues et des nuits dédiées aux révisions, ils devront trouver un juste équilibre.

La fiche du film

Le film : "Première année"
De : Thomas Lilti
Avec : Vincent Lacoste, William Lebghil
Sortie le : 12/09/2018
Distribution : Le Pacte
Durée : 92 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
le film

Thomas Lilti connait bien le milieu médical. Le généraliste le parcourt à nouveau derrière l’œilleton d’une caméra qu’il manipule aussi bien que le scalpel. Pour nous parler d’une spécificité universitaire avec un savoir-faire de cinéaste. Sa mise en scène est immédiate, évidente, pour dire l’histoire avec une simplicité confondante.

On entend par la rumeur l’ambiance des facs de médecine, et particulièrement cette fameuse première année du quitte ou double. Stress, pression, nuits blanches et bachotage, le réalisateur ne nous épargne rien de tout cet environnement traumatique.

Mais la tendresse de son regard, le naturel de sa direction d’acteurs, la vigueur de sa mise en scène interdisent tout ressentiment pathétique à l’égard d’une institution qu’il ne se prive pas d’égratigner. Pour ses concours débiles « où il faut chercher à apprendre, mais pas à comprendre », quand les meilleurs qui en sortiront seront plus « de l’ordre du reptilien que de l’être humain ».

Un cliché qui peut paraître excessif si l’on n’a pas vu le film. Cette scène est tout à fait juste, réaliste…

Des critiques, des commentaires, portés par deux copains de circonstance, Benjamin ( William Lebghil, très bien) jeune pensionnaire du cursus médical qu’Antoine tente de démarrer depuis trois ans. A ces profils bien distincts s’ajoute un environnement tout aussi différent.

Intellectuellement très à l’aise, Benjamin est issu d’un milieu aisé dont le père chirurgien entretient une culture familiale sans nuance. Antoine ( Vincent Lacoste) bosse comme un dingue pour tenter de décrocher une seconde année.

En compagnie de ces deux personnages aux tempéraments tranchés, Thomas Lilti ficelle un récit d’une belle humanité au cœur d’un système totalement inhumain. Il fait le cinéma qu’un documentaire n’aurait pu imaginer. C’est drôle, poignant, émouvant, avec des petites scènes formatées comme de grandes séquences cinématographiques.

Chez Lilti, il n’est pas besoin d’échanger à outrance (malgré des dialogues bien écrits) pour comprendre l’amour, l’espoir, la déception, tous ces sentiments conditionnés par une caméra avertie.

Le réalisateur a fait appel à nouveau avec justesse à Vincent Lacoste dont le duo avec William Lebghil confirme la relève des comédiens français. Une bien belle école.

Thomas Lilti connait bien le milieu médical. Le généraliste le parcourt à nouveau derrière l’œilleton d’une caméra qu’il manipule aussi bien que le scalpel. Pour nous parler d’une spécificité universitaire avec un savoir-faire de cinéaste. Sa mise en scène est immédiate, évidente, pour dire l’histoire avec une simplicité confondante. On entend par la rumeur l’ambiance des facs de médecine, et particulièrement cette fameuse première année du quitte ou double. Stress, pression, nuits blanches et bachotage, le réalisateur ne nous épargne rien de tout cet environnement traumatique. Mais la tendresse de son regard, le naturel de sa direction d’acteurs, la vigueur…
le film

Je pense que Thomas Lilti a réussi à retranscrire l’ambiance de cette fameuse première année en fac de médecine que l’on sait par la rumeur dure et parfois imbécile. Et bien que médecin de formation, le réalisateur réussit surtout à faire du cinéma en imaginant l’amitié entre deux étudiants, bien différents socialement et intellectuellement. Ils vont se serrer les coudes pour franchir le cap fatidique. A travers leurs relations, et frisant toujours la technique du documentaire, le cinéaste nous convie sans peine à le suivre dans ce dédale administratif où tous les sentiments se cognent et s’éloignent dans une mise en scène quasiment évidente. Un récit d’une belle humanité au cœur d’un système totalement inhumain. Thomas Lilti imagine le cinéma qu’un documentaire n’aurait pu façonner. Il a fait à nouveau appel avec justesse à Vincent Lacoste dont le duo avec William Lebghil confirme la relève des comédiens français. Une bien belle école.

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