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Les films noirs de la Columbia

Le film noir n’est pas l’apanage de la Warner et de la RKO. Si ces deux studios ont  contribué brillamment au genre, la Columbia a déjà ressorti du placard le meilleur de ses films noirs en version remastérisée.  « Le Violent », « Règlement de comptes » et « Nightfall », ou d’autres plus confidentielles comme « Les Frères Rico », « Meurtre sous contrat » ou « The Lineup ».

Fritz Lang a signé l’âpre « Règlement de comptes » dans lequel Glenn Ford incarne un flic vengeur qui préfigure ses collègues justiciers des seventies. Le même Glenn Ford qu’il retrouvera dans la foulée pour « Désirs humains », remake à la sauce noire de « La Bête humaine » de Jean Renoir.

Autre cinéaste emblématique du genre, Jacques Tourneur a tourné l’un des derniers classiques pour la Columbia avec le très haletant « Nightfall » où Anne Bancroft excelle en femme fatale. Et tout aussi emblématique, bien que moins connu, Phil Karlson a signé la même année, en 1957, un ultime must du film noir avec « Les Frères Rico », d’après Georges Simenon. Sorti peu avant, son « Coincée » peut se flatter de montrer la très glamour Ginger Rogers dans un rôle atypique, celui d’une délinquante cynique et délurée

"La bête humaine" de Jean Renoir va inspirer Fritz Lang
« La bête humaine » de Jean Renoir va inspirer Fritz Lang

. Une prestation aussi inattendue que celle de Mickey Rooney en mécanicien amoureux d’une femme de mafieux dans « Le Destin ». Quant à Irving Lerner, autre cinéaste aguerri, il offre aussi une embellie dans cette période crépusculaire, avec « Meurtre sous contrat », film fauché qui n’en est pas moins devenu culte.

En 1945, lorsque Joseph H. Lewis tourne  le très angoissant « Calvaire » de Julia Ross, il fait encore ses premières armes, bien avant le mythique « Gun Crazy » qui lui vaudra le statut de cinéaste culte. Et le grand Nicholas Ray est un quasi un débutant en 1950, lorsqu’il signe « Le Violent », fleuron du genre qui offre de surcroît à Humphrey Bogart l’un des meilleurs rôles de sa carrière. Quant à Don Siegel, c’est avec le percutant « The Lineup » qu’il a pu imposer sa patte virile et implacable, celle qui présida plus tard au destin d’un certain Inspecteur Harry !

  • Quelques rappels

« Coincée » (1955) (Tight spot), de Phil Karlson, avec Ginger Rogers et Edward G. Robinson
« En marge de l’enquête » (1947) (Dead reckonning), de John Cromwell, avec Humphrey Bogart et Lizabeth Scott
« Le Violent » (1950) (In a lonely place), de Nicholas Ray, avec Humphrey Bogart et Gloria Grahame
« Les Frères Rico » (1957) (The Brothers Rico), de Phil Karlson, avec Richard Conte et Dianne Foster
« La Loi des bagnards » (1950) (Convicted), de  Henry Levin, avec Glenn Ford et Broderick Crawford
« Désirs humains » (1954) (Human desire), de Fritz Lang, avec Glenn Ford et Gloria Grahame
« L’Homme à l’affût » (1952) (The Sniper), de Edward Dmytryk, avec Adolphe Menjou et Gerald Mohr
« Dans la gueule du loup » (1951) (The Mob), de Robert Parrish, avec Broderick Crawford et Richard Kiley

Nicholas Ray dirigeant " Le violent"
Nicholas Ray dirigeant « Le violent » avec Humphrey Bogart

« The Lineup » (1958) (The Lineup), de Don Siegel, avec Eli Wallach et Robert Keith
« Règlement de comptes » (1953) (The Big heat), de Fritz Lang, avec Glenn Ford et Gloria Grahame
« Le Maître du gang » (1949) (The Undercover man), de Joseph H. Lewis, avec Glenn Ford et Nina Foch
« Le Destin est au tournant » (1954) (Drive a crooked road), de Richard Quine, avec Mickey Rooney et Diane Foster

« Eternels ennemis » (1953) (Bad for each other), de Irving Rapper, avec Charlton Heston et Lizabeth Scott
« Chasse à l’homme » (1953) (The Glass wall), de Maxwell Shane, avec Vittorio Gassman et Gloria Grahame
« Les Désemparés » (1949) (The Reckless moment), de Max Ophüls, avec James Mason et Joan Bennett
« Traquée » (1947) (Framed), de Richard Wallace, avec Glenn Ford et Janis Carter
« Meurtre sous contrat » (1958) (Murder by contract), de Irving Lerner, avec Vince Edwards et Phillip Pine
« On ne joue pas avec le crime » (1955) (5 against the house), de Phil Karlson, avec Kim Novak et Guy Madison
« Nightfall » (1957) (Nightfall), de Jacques Tourneur, avec Aldo Ray et Brian Keith
« Des pas dans le brouillard » (1955) (Footsteps in the fog), de Arthur Lubin, avec Stewart Granger et Jean Simmons
« Johnny O’Clock » (1947) (Johnny O’Clock), de Robert Rossen, avec Dick Powell et Evelyn Keyes
« Du plomb pour l’inspecteur » (1954) (Pushover), de Richard Quine, avec Fred MacMurray et Kim Novak

DES DOCUMENTAIRES

  • Si vous tombez dessus à la TV, ne les manquez pas .

« Attendez avant de me dire non : L’Histoire de Richard D. Zanuck » (2013) de Laurent Bouzereau, avec Clint Eastwood, Steven Spielberg, Tim Burton,…
Un portrait inédit  de l’un des derniers grands nababs hollywoodien, décédé l’année dernière, Richard D. Zanuck. A l’instar de son père, le légendaire producteur Darryl F. Zanuck, il a laissé une empreinte immense dans le cinéma de ces 50 dernières années. En plus de permettre l’éclosion de Steven Spielberg (Sugarland Express, Les Dents de la mer), il a notamment été le producteur attitré sur bon nombre des films de Tim Burton comme Big fish, Charlie et la chocolaterie, Alice au pays des merveilles  ou encore Sweeney Todd.
Extraits de films et interviews de réalisateurs ayant travaillé aux cotés du producteur, comme Clint Eastwood, William Friedkin, Steven Spielberg, Tim Burton ou Ron Howard.

Richard D.Zanuck
Richard D.Zanuck

« Réalisé par John Ford » (2006) documentaire de Peter Bogdanovitch, avec Orson Welles, John Ford, John Wayne, Clint Eastwood, Steven Spielberg,…
Réalisé en 1971, ce documentaire a depuis été réédité et agrémenté de 20 minutes supplémentaires d’interviews inédites. Commenté par Orson Welles, il dresse le portrait de John Ford et retrace sa carrière grâce aux interviews réalisées en 1969 de Henry Fonda, James Stewart, John Wayne et John Ford lui-même. Clint Eastwood, Martin Scorsese, Steven Spielberg et Walter Hill viennent compléter ce portrait en 2006. Tous, influencés par le maître, parlent du personnage énigmatique qu’il était et évoquent le gigantesque héritage qu’il a laissé au monde du cinéma.

  • Les autres devoirs de vacances 

« Henri Verneuil, un grand classique »,  « L’intégrale de Fernando Solanas », « M, le maudit » de Fritz Lang , « L’âge atomique » d’Héléna Klotz,  « Le voyage » de Fernando Solanas.

Voir aussi

« Sing street » de John Carney. Critique cinéma-bluray

Deauville n'en voulait pas, Dinard lui a tout accordé