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« Pupille » de Jeanne Herry. Critique cinéma

Synopsis: Théo est remis à l'adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. Elle a deux mois pour revenir sur sa décision...ou pas. L'aide sociale à l’enfance se met en place. Pour s'occuper du bébé, le porter (au sens plein du terme) dans ce temps suspendu, cette phase d'incertitude. Et trouver celle qui deviendra sa mère adoptante.

La fiche du film

Le film : "Pupille"
De : Jeanne Herry
Avec : Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche
Sortie le : 05/12/2018
Distribution : StudioCanal
Durée : 107 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Elodie, que faisiez-vous en ces temps -là ? Cinq-six années à peine marquées par la « Réalité » de Quentin Dupieux, et une apparition au mariage de Gaspar. Vous avez fréquenté « Guy » en chanteuse sixties, mais très furtivement, là encore…

Et puis ce retour éblouissant sur le devant de la scène dressée par Jeanne Herry avec un tel brio que tout votre entourage se retrouve embarqué sur le même tempo. Pour cette lumière à nulle autre pareille dans les couloirs d’une administration cloisonnée.

Habituellement on s’y perd.

Alice vient de dépasser la quarantaine. Elle attend depuis 10 ans l’autorisation d’adopter…

Là où l’assistance familiale côtoie sa collègue du sociale et celle que l’on nomme maternelle. Toutes réunies auprès d’un conseil de famille qui statue sur leurs commentaires et leurs appréciations, des dossiers presque anonymes, si dans le couloir attenant, un couple n’attendait l’autorisation d’adopter un enfant.

Lui-même ballotté d’un service à l’autre. Pour une santé déficiente, une réaction déviante, un regard un peu vague… Le cas d’un bébé ici, à peine né, et déjà rejeté par sa maman. Le processus s’engage alors, qui de la reconnaissance de l’abandon à celui de l’adoption, dresse un plaidoyer pour le bonheur.

A l’écoute des obligations et recommandations, ce droit à la vie n’est pas simple.  Jeanne Herry en rappelle les principes dans quelques disgressions didactiques qui une fois passée l’envie de raccrocher prennent vie et sens dans le quotidien de ces gens affairés autour de l’enfant.

Elle nous accoutume à leurs gestes et leurs manies, et les pousse à grandir en même temps que la raison, et la force de leurs sentiments. La distribution est exceptionnelle. De l’auxiliaire puéricultrice, Elodie (Stéfie Celma, qui s’impose) à l’assistante maternelle (Olivia Côte, trop rare) on ne lâche rien de cette humanité que Gilles Lellouche incarne avec une détermination rare, exemplaire, touchante.

Je ne l’imaginais pas aussi paternel, aussi vrai dans ses rapports avec l’enfance, aussi aimant. Ce qui fait craquer sa collègue Karine que Sandrine Kiberlain accompagne elle aussi avec beaucoup de sensibilité. Et de vérité.

Pour accompagner la mère candidate à sa plénitude dans l’acceptation d’un rôle qu’Elodie Bouchez porte merveilleusement bien. La grâce de l’instinct maternel sublimé par le regard tout aussi bienveillant d’une réalisatrice en état de grâce.

  • L’adoption, sous tous les angles au cinéma et dans ce blog :

 » La brindille » d’Emmanuelle Millet

« Je me suis fait tout petit » de Cécilia Rouaud

« Je suis heureux que ma mère soit vivante » de Claude et Nathan Miller

« Les filles d’avril » de Michel Franco

« Il a déjà tes yeux » de Lucien Jean-Baptiste

« Ma vie de courgette » de Claude Barras

« L’histoire officielle » de Louis Puenzo

« Les chevaliers blancs » de Joachim Lafosse

« Le secret de l’enfant fourmi » de Christine François

Elodie, que faisiez-vous en ces temps -là ? Cinq-six années à peine marquées par la « Réalité » de Quentin Dupieux, et une apparition au mariage de Gaspar. Vous avez fréquenté « Guy » en chanteuse sixties, mais très furtivement, là encore… Et puis ce retour éblouissant sur le devant de la scène dressée par Jeanne Herry avec un tel brio que tout votre entourage se retrouve embarqué sur le même tempo. Pour cette lumière à nulle autre pareille dans les couloirs d’une administration cloisonnée. Habituellement on s’y perd. Là où l’assistance familiale côtoie sa collègue du sociale et celle que l’on nomme maternelle. Toutes…
Le film

Ça fonctionne un peu comme tous ces excellents films français, récents (Les Chatouilles, En Liberté, Amanda …) : le titre n’a rien d’engageant, le sujet parait peu exaltant, et puis une fois dans le place et par la grâce d’une réalisatrice, l’histoire vous emporte. Ça fonctionne très vite, et vous retient dans une vérité totale qui jamais n’est appuyée. La distribution est exceptionnelle. Des seconds rôles, indispensables et vitaux (Stéfie Celma, Olivia Côte, Miou Miou…) on ne lâche rien de leur humanité que Gilles Lellouche incarne avec une détermination rare, exemplaire, touchante. Accompagné sur le même tempo par sa collègue Karine que Sandrine Kiberlain accompagne avec beaucoup de sensibilité. Et de vérité. Pour porter la mère candidate à sa plénitude dans l’acceptation d’un rôle qu’Elodie Bouchez accapare avec un brio et une force qui salue un retour sur le devant la scène où elle nous a beaucoup manqué.

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Voir aussi

« The Guilty » de Gustav Möller. Critique cinéma-dvd

Prix de la critique au festival de Beaune 2018 , en toute justice.

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