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« Paris pieds nus » de Fiona Gordon et Dominique Abel. Critique cinéma

Synopsis: Fiona, une bibliothécaire canadienne, débarque à Paris pour venir en aide à sa vieille tante Martha, menacée d'internement dans une maison de retraite. Mais Fiona perd ses bagages et découvre que Martha a disparu. C'est le début d'une avalanche de catastrophes, qui lui feront croiser le chemin de Dom, SDF égoïste, frimeur et collant qui lui pourrit la vie.

La fiche du film

Le film : "Paris pieds nus"
De : Fiona Gordon, Dominique Abel
Avec : Fiona Gordon, Dominique Abel
Sortie le : 08/03/2017
Distribution : Potemkine Films
Durée : 83 Minutes
Genre : Comédie
Type : Long-métrage
Le film

Un couple qui décoiffe. Rumba sur une péniche, romantique, et puis ce petit pas de deux dans les rues de Paris où débarque de son Québec de carte postale, Fiona qui rend visite à sa tata qui n’est pas là, et que l’on croit morte, mais peut-être pas, car rien n’est plus dans l’ordre des choses et des habitudes.

Le hasard, le manque de chance et ce petit brin de poésie qui fleurit au gré de la fantaisie joyeuse et débordante d’Abel et Gordon. Les magiciens du rêve éveillé entraînent cette fois leur héroïne sur les pavés de la grande ville où elle croise un acolyte SDF aussi drôle que pot de colle. En perdant ses bagages dans le grand fleuve parisien, Fiora ne pensait pas que le pire était encore devant elle.

Fiona rencontre Dom, et les ennuis commencent..

En compagnie de Dom, son guide improvisé, la petite sœur de Mr Hulot gambade alors gaillardement sur les pas de Tati et de Pierre Etaix, empreintes à jamais gravées dans le marbre de la comédie. Mais Fiona n’a pas vraiment envie de s’amuser, elle qui cherche désespérément sa tante, la vieille dame indigne qui flirte elle aussi avec ses rencontres de la nuit.

Au passage, la capitale, jonchée de mégots de cigarettes, et sous les ponts toute une faune qui se prête au jeu de la survie. C’est juste un clin d’œil, mais ça fait flipper

Imaginez-vous Fiona, maintenant, sorte de chameau à deux pattes, égarée dans le métro. Puis atterrissant dans une cérémonie mortuaire où sa tata vient d’expirer. Dom se charge de l’oraison funèbre (impayable !) avant de reprendre ses divagations parisiennes, car on n’est pas vraiment sûr que la morte était bien morte. Ou alors s’agissait-il vraiment de Martha ?

Le genre de séquences d’autant plus amusantes qu’elles se répétent sous des angles et avec des intervenants tout aussi différents.

Rien qu’en clignant des yeux Abel et Gordon réinventent l’humour et la comédie, l’amour et la poésie, un véritable hommage, simple et discret à leurs aînés. Dans un cinéma lui aussi réinventé sur la danse des petits pieds que Pierre Richard et Emmanuelle Riva (rencontre magique) orchestrent avec élégance et naturel.  Pour ouvrir une nouvelle et belle page de cinéma hexagonale écrite par un belge et une québécoise.

Une francophonie qui coule de source à l’image de ce cinéma de l’absurde et de la fantaisie qui nous déride les mirettes et retend nos zygomatiques.

 

Un couple qui décoiffe. Rumba sur une péniche, romantique, et puis ce petit pas de deux dans les rues de Paris où débarque de son Québec de carte postale, Fiona qui rend visite à sa tata qui n’est pas là, et que l’on croit morte, mais peut-être pas, car rien n’est plus dans l’ordre des choses et des habitudes. Le hasard, le manque de chance et ce petit brin de poésie qui fleurit au gré de la fantaisie joyeuse et débordante d’Abel et Gordon. Les magiciens du rêve éveillé entraînent cette fois leur héroïne sur les pavés de la grande…
Le film

Pour qui connaît et apprécie le cinéma d’Abel et Gordon, les aventures de Fiona la québécoise s’inscrivent dans ce même et agréable voyage entamé par le couple canado-belge (Dom c’est le SDF cette fois) qui cette fois revendique haut et fort le patronage des anciens, comme Etaix et Tati. Une évidence affichée avec beaucoup de distinction, d’humour et assez d’élégance pour ne pas plagier une histoire qui se suffit à elle-même dans le dédale parisien de l’absurdité et des fantaisies incongrues. Fiona est en quête de sa tante Martha qui a mis les voiles on ne sait pour où. Sa mort annoncée, et voici l’héroïne au cœur d’une cérémonie où elle ne reconnaît personne. Le genre de séquence d’autant plus amusante qu’elle peut se répéter sous des angles différents et avec des intervenants tout aussi différents. Dans ce monde de brutes comme dit la pub qu’il l’est tout autant, toute cette poésie lunaire, cette fantaisie douce et légère, nous dérident les mirettes et retendent nos zygomatiques.

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