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« Indochine » de Régis Wargnier. Critique cinéma

Synopsis: Dans l'Indochine des années trente, Eliane Devries dirige avec son père Emile une plantation d'arbres à caoutchouc. Elle a adopté Camille, une princesse annamite orpheline. Toutes les deux ne vont pas tarder à tomber amoureuses de Jean-Baptiste, un jeune officier de la marine. Au même moment, sur fond de nationalisme ambiant, sont perpétrés les premiers attentats contre les Français...

La fiche du film

Le film : "Indochine"
De : Régis Wargnier
Avec : Catherine Deneuve, Vincent Perez
Sortie le : 19/10/2016
Distribution : Bac Films
Durée : 160 Minutes
Genre : Drame, Historique, Romance
Type : Long-métrage
Le film

César – meilleure actrice, meilleur second rôle féminin, meilleure photographie, meilleurs décors et son

Oscar du meilleur film étranger-Golden Globe du meilleur film étranger.

« Je ne comprendrais jamais les histoires d’amour des français, folie, fureur, souffrance, elles ressemblent à nos histoires de guerre. »

Le murmure d’un chant colonial, un Empire qui s’éteint, des amours perdues… Le survol d’une feuille de route d’une fresque romantique qui aux charmes de l’Asie mêle les fureurs de la guerre. Les soubresauts de l’époque française dans les années 30, quand ce territoire colonisé faisait prospérer l’économie de l’hexagone.

Sans trop de frais, ni de sueur, sinon celle des autochtones menés de mains de maîtres par des colons installés à vie. Trop confortablement, ils rêvent sur des propriétés autour desquelles les germes de  la révolte poussent. Des escarmouches, un notable assassiné, des regards de plus en plus assassins.

Eliane Devries observe sans se l’avouer cette époque qui disparait, depuis son immense plantation d’arbres à caoutchouc, héritage d’un père ( Henri Marteau )  autant attaché à ses arbres qu’à sa fille unique. Premier dilemme d’un conflit larvé au cœur d’un monde dont la belle propriétaire tente de se protéger auprès de Camille, sa fille adoptée. Des origines princières consacrées par un mariage convenu,la jeune femme se soumet tout en reniant les liens qui l’unissent désormais à cet homme appelé à réveiller son pays.

la caste dirigeante, les mandarins, les notables n'imaginent pas la colère qui est en train de monter parmi le peuple, les étudiants et les intellectuels
La caste dirigeante, les mandarins, les notables n’imaginent pas la colère qui monte parmi le peuple, les étudiants et les intellectuels .

L’amour de Camille, c’est un beau capitaine français, qui fut l’amant de sa mère. Nouvelle alternative. Une mutation disciplinaire le renvoie très loin de la plantation, dans des contrées hostiles où Camille va partir le retrouver. C’est romantique, dramatique, c’est l’Histoire qui prend le cours des choses à la hauteur des sentiments. Quatre scénaristes, dont le cinéaste et Erik Orsena, les ont imaginés en brodant la dentelle sur la soie et le confort d’une écriture bienheureuse. Je veux bien que le hasard se mêle des aléas de la grande Histoire, mais réunir tout ce petit monde en un même lieu, témoin de l’émergence d’une révolution populaire qui chassera les français hors d’Asie,  me paraît assez confortable, voire improbable.

Une aisance dont Régis Wargnier ne profite d’ailleurs pas. Sa mise en scène effleure à peine la beauté sublime des paysages, et les décors magnifiques conçus autour de la plantation. Elle demeure formelle dans un cadre très rigide. Le talent de Catherine Deneuve  et  celui de Jean Yanne (mais sa barbe est au charbon de bois ?) suffisent à donner du souffle à cette épique aventure.

Je suis réservé de la même manière sur l’interprétation des « petits jeunes » de l’époque, Linh-Dan Pham balbutiante, pas vraiment convaincante, et Vincent Perez appuyant lourdement ses interventions de beau ténébreux déchiré par trop de bouleversements . Ce qui revient à douter de la direction d’acteurs d’un cinéaste visiblement subjugué par son héroïne.

Filmée parfois hors propos, Catherine Deneuve apparait au cœur de la gadoue et des incendies criminels en tenue d’apparat, ou de soirée, star parmi les stars. Elle est sublime, mais c’est de la poudre aux yeux. L’Histoire professe pendant ce temps-là d’autres vérités que le film de Régis Wargnier n’arrive pas à cerner.

  • Mais aussi :

« L’amant » de Jean-Jacques Annaud a été tourné un an auparavant (1991). Il relate des faits précédant d’une décennie «  Indochine » et me parait pourtant plus approprié sur la peinture de  la colonisation française à cette époque.

César - meilleure actrice, meilleur second rôle féminin, meilleure photographie, meilleurs décors et son Oscar du meilleur film étranger-Golden Globe du meilleur film étranger. "Je ne comprendrais jamais les histoires d’amour des français, folie, fureur, souffrance, elles ressemblent à nos histoires de guerre." Le murmure d’un chant colonial, un Empire qui s’éteint, des amours perdues… Le survol d'une feuille de route d’une fresque romantique qui aux charmes de l’Asie mêle les fureurs de la guerre. Les soubresauts de l’époque française dans les années 30, quand ce territoire colonisé faisait prospérer l’économie de l’hexagone. Sans trop de frais, ni de sueur,…
Le film

Chronique d’un mélodrame annoncé.  Une petite fille adoptée par une riche propriétaire de plantations de caoutchouc tombe amoureuse à l’adolescence d’un beau capitaine de la marine française. Il est l’amant de sa maman, elle ne le sait pas et le drame se noue. Mariée contre son gré à celui qui allait devenir le chef de la révolte, la jeune femme le quitte. Désormais rebelle elle aussi, elle mène le combat pour la liberté, tout en retrouvant son amant militaire, qui vient de déserter. Une aventure épique où les hasards de la vie rencontrent ceux de la grande Histoire alignée ainsi dans un défilé de poncifs que le réalisateur n’arrive pas à maîtriser, tellement subjugué par son héroïne qu’il filme aveuglément. Le talent de Catherine Deneuve arrive à colmater les brèches d’une réalisation sans le souffle attendu au milieu d’un tel décor. Je suis réservé de la même manière sur l’interprétation des « petits jeunes » de l’époque, Linh-Dan Pham balbutiante, pas vraiment convaincante, et Vincent Perez appuyant lourdement ses interventions de beau ténébreux déchiré par trop de bouleversements . Ce qui revient à douter de la direction d’acteurs. Jean Yann, affublé d’une barbe charbon de bois, est bluffant.

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