samedi , 12 septembre 2026

« Baisers volés » de François Truffaut. Critique Blu-ray

  • Réalisateur ‏ : ‎ François Truffaut
  • Acteurs ‏ : ‎ Jean-Pierre Léaud, Claude Jade, Daniel Ceccaldi, Delphine Seyrig, Michael Lonsdale
  • Durée ‏ : ‎ 87 minutes
  • Coffret  :  01 er Décembre 2021
  • Studio  ‏ : ‎ Carlotta Films

Le Coffret : 1959, « Les 400 Coups » l’acte de naissance de François Truffaut et de son double de fiction, Antoine Doinel. Avec ce personnage, qui trouve en Jean-Pierre Léaud un interprète idéal, le cinéaste raconte la vie au cours d’une saga intimiste, drôle et tendre, filmée sur vingt ans.

L’histoire : Après son service militaire, Antoine Doinel, toujours amoureux de Christine Darbon, cherche un emploi. Après s’être fait renvoyer d’un travail de veilleur de nuit, il est engagé dans une agence de détective privé où on lui confie une mission dans un magasin de chaussures. Le propriétaire, Mr Tabard, cherche à découvrir la raison de la haine de ses clients et de sa femme à son égard.

  • Film et Bonus 

François Truffaut se rappelle à notre bon souvenir à travers les émois sentimentaux d’un jeune homme confronté aux aléas d’une vie sociale indissociable de ses amours.

De petits boulots en petits boulots, Antoine Doinel rencontre des femmes plus attirantes les unes que les autres. Quand elles ne le fuient pas, il les rejette. Un va et vient romanesque propice à la balade filmée d’un cinéaste déjà très inspiré. J’ai cru déceler, le temps aidant, des références à la Tati (le PV, la filature devant la poste…) avec des personnages de pure comédie.

Celui de Michael Lonsdale en vendeur de chaussures est fabuleux. «  Personne ne m’aime et je voudrais savoir pourquoi » dit-il au patron des détectives privés que vient de rejoindre le jeune héros.

 

Sa ressemblance physique avec Truffaut n’est peut-être qu’un détail, mais l’assimilation joue pleinement la vision autobiographique de l’auteur. Et si l’histoire apparaît banal, Truffaut la transcende en compagnie d’une caméra très complice, toujours en attente de l’imprévu qui guette le héros . Comme si la mise en scène parlait d’elle-même.

Qui aime se référencer à la littérature classique (Balzac et son lys, prétextes à quelques escapades adultérines) et à la chanson française. Le titre générique «  Que reste-t-il de nos amours » de Charles Trenet est en totale adéquation avec la portée sentimentale de l’éducation que se forge le personnage du film.

« Baisers volés, rêves mouvants, que reste-t-il de tout cela ? »  

 

Un héros romantique, anachronique qui devient le personnage emblématique du cinéma de François Truffaut. Le voici réuni dans un joli coffret  » Les aventures d’Antoine Doinel ».

LES SUPPLEMENTS

Le film
Les bonus

Il est difficile de revenir sur une œuvre sollicitée depuis bientôt cinquante ans, sans la départir de ses rides et de sa portée historique. J’y vois dans cette première période le travail d’un créateur en quête d’inspiration, de nouveautés, de révélations. Truffaut applique à cette époque (les années 60) les bases d’une mise en scène aussi légère que dynamique, qui parle bien souvent d’elle-même, un peu à la manière dont Tati conduisait ses personnages. L’histoire assez banale d’un jeune homme qui quête les petits boulots de la même manière que les femmes est  transcendée par la relation apportée entre le héros et la caméra. Une complicité, une attente qui se révèleront significatives dans des œuvres d’une autre envergure (« La femme d’à-côté », «  Le dernier métro », «  La nuit américaine »…)

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