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« Les garçons de Fengkuei » de Hsiao-Hsien Hou . Critique cinéma

Synopsis: Ah-ching, Ah-jung et Kuo-tzu habitent Fengkuei, un paisible village de pêcheurs des îles Penghu. Les trois amis troquent leur ennui en multipliant bagarres et petits larcins. Suite à un règlement de comptes qui a mal tourné, ils partent à Kaohsiung pour commencer une nouvelle vie plus trépidante. Leur rencontre avec la grande ville et ses habitants sera bientôt un test pour leur amitié.

La fiche du film

Le film : "Les Garçons de Fengkuei"
De : Hsiao-Hsien Hou
Avec : Niu Doze, Niu Cheng-Che
Sortie le : 03/08/2016
Distribution : Carlotta Films
Durée : 101 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

 (1983 – inédit)

On peut évoquer cette fois la nouvelle vague, celle du réalisateur taiwanais et la française de Truffaut et de ses 400 coups. Et puis, l’influence également de réalisateur comme Nagisa Oshima pour ses «  Contes cruels de la jeunesse » à travers l’histoire de quatre copains qui deviendront trois , frappés dans  leur jeunesse par les  contingences du monde adulte.

Les débuts de l’œuvre autobiographique de Hsiao-Hsien Hou sont aussi ceux de sa collaboration avec la scénariste et romancière Chu Tien-wen. Contrairement à ses premières productions, le style est ici  totalement affirmé dans la liberté de ton de la mise en scène. Elle nous convie instinctivement à accompagner ses personnages dans les paisibles paysages marins de l’adolescence, avant que les rumeurs et les bruits de la ville ne viennent fracasser leur belle insouciance.

Assez irresponsables, bagarreurs et chapardeurs, ils sont drôles quand devant une jeune fille ils improvisent une danse à mourir de rire. Préambule scénique pour un cinéaste dont l’énergie est aussi joyeuse que désespérée tant le sort de ces jeunes gens paraît bien compromis. La fuite en avant s’impose dans la grande ville voisine.

Ils découvrent la ville, ils apprennent le monde..
Ils découvrent la ville, ils apprennent le monde…

Hsiao-Hsien Hou la filme à la façon de Jerry Schatzberg dans Needle Park  .Les piétons semblent photographiés à leur insu dans des séquences volées pleine de vie, d’entrain, de vérité au milieu de laquelle le trio tente de se frayer un chemin. Ce sont des instants forts de cinéma renforcés par un scénario qui joue sur le même vibrato.

On ne sait rien du couple qui vit dans l’appartement voisin, mais l’insistance du trio ouvre bien des perspectives à la caméra qui ne se prive pas de fureter les premiers sentiments amoureux, et les avatars de la jalousie. Le couple se dit ami «  et on ne touche pas à une amie » prévient fièrement le garçon qui avoue de son côté suivre des cours du soir, mais revient le plus souvent les poches pleines d’argent, qu’il dissimule dans un tiroir.

Ces non-repères, ces fausses vérités forgent un autre destin à des protagonistes peu enclins à se livrer. Les trois copains commencent à comprendre comment fonctionne la  ville et ses habitants. Ce n’est pas forcément ce dont ils rêvaient, mais ils ont grandi et mûri. Personne ne l’a peut-être remarqué, à part un voyeur bien particulier attentif derrière l’œilleton de sa caméra. Un voyeur, ou plutôt un observateur avisé.

Les autres titres sortis cette semaine en salle :   « Cute Girl », « Green Green, Grass of Home », « Un temps pour vivre, un temps pour mourir », « Poussières dans le vent ». Je vous en parlerai prochainement.

 

 (1983 – inédit) On peut évoquer cette fois la nouvelle vague, celle du réalisateur taiwanais et la française de Truffaut et de ses 400 coups. Et puis, l’influence également de réalisateur comme Nagisa Oshima pour ses «  Contes cruels de la jeunesse » à travers l’histoire de quatre copains qui deviendront trois , frappés dans  leur jeunesse par les  contingences du monde adulte. Les débuts de l’œuvre autobiographique de Hsiao-Hsien Hou sont aussi ceux de sa collaboration avec la scénariste et romancière Chu Tien-wen. Contrairement à ses premières productions, le style est ici  totalement affirmé dans la liberté de ton de la mise…
Le film

C’est des cinq films récemment sortis autour des œuvres de jeunesse de Hsiao-Hsien Hou, celui qui me paraît le plus original, le plus abouti, et le plus conforme à une étiquette nouvelle vague attribuée à sa filmographie, relayée par la nouvelle vague française et quelques références bien senties autour du thème de la jeunesse malmenée. Un quatuor de copains qui devient très vite trio se voit dans l’obligation de quitter le village de leur enfance pour échapper à la police, et aux mauvais coups. Dans la grande ville voisine, les trois jeunes gens imaginent poursuivre leurs aventures en dilettante quand l’amour et les préoccupations pécuniaires les confrontent à leurs propres responsabilités. Hsiao-Hsien Hou filme des scènes pleines de vie, d’entrain, de vérité, des instants forts de cinéma renforcés par un scénario qui joue sur le même vibrato.

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