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« Taipei story » d’Edward Yang. Critique cinéma

Synopsis: Lung et Chin se connaissent depuis de nombreuses années. Lui est un ancien joueur de base-ball sans véritable ambition professionnelle ; elle a un poste de secrétaire au sein d’un grand cabinet d’architectes. Le sentiment qu’ils éprouvent l’un pour l’autre est un mélange d’amour et d’affection profonde, jamais bien défini. Mais le licenciement brutal de Chin va bientôt fissurer leur « couple » et compromettre leur projet de vie commune…

La fiche du film

Le film : "Taipei Story"
De : Edward Yang
Avec : Hsiao-Hsien Hou, Su-yun Ko
Sortie le : 12/04/2017
Distribution : Carlotta Films
Durée : 119 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
Le film

Le second film d’Edward Yang, alors réalisateur phare du Nouveau cinéma taïwanais posait la Chine des années quatre-vingt dans une sorte de no man’s land maladroit. Communiste, le pays le demeurait malgré les coups de boutoir d’une jeunesse avide d’horizons moins contraignants.

« Taipei story » révèle encore aujourd’hui toute l’acuité de Yang et de son complice et compatriote Hou Hsiao-hsien qui poursuit désormais une filmographie en phase avec l’esprit de son ami disparu. Un couple se dégrade :  tout un pan de la société chinoise affiche son défaitisme, social, professionnel et surtout personnel. L’individu peine à se dégager de son désenchantement face à un univers qu’il devine meilleur.

A l’image du cambodgien Davy Chou (le récent « Diamont Island »), c’est encore l’Amérique qui fascine le monde asiatique partagé entre son passé, ses traditions et une vision plus moderniste de l’avenir. Tous les personnages de Yang tendent vers cette utopie dont le héros Lung (Hou Hsiao-hsien en personne) qui revient des USA et n’en dit quasiment pas un mot. Il retrouve sa compagne tout aussi déboussolée par la perte inattendue de son activité.

Le couple se délite (« je rentre tard et tu ne me demandes rien ») lui devant son poste de TV, amorphe, ailleurs revenu de son rêve yankee et pourtant près à y retourner. Edward Yang nous parle alors d’un monde plus interlope où les jeux de l’argent scellent une économie souterraine qu’il filme autant de l’extérieur que de l’intérieur, comme en extase.  Une sorte d’ode cinématographique, une déambulation chromatique et nocturne (sur fond de panneau publicitaire insistant Fuji),  échappatoire, avant la liberté, qui sait !

Cette transgression scénique, ses plans suggestifs dans une lumière ad hoc heurtent le comportement des protagonistes qui n’échappent pas au nombrilisme de la mise en scène. A ses attentes et ses longueurs. Sans issue possible désormais pour le couple, ses envies d’ailleurs et cet amour en écharpe que Chin Tsai (Chin) porte maintenant comme un fardeau. Trente ans plus tard, la Chine s’est bien réveillée.

 

Le second film d’Edward Yang, alors réalisateur phare du Nouveau cinéma taïwanais posait la Chine des années quatre-vingt dans une sorte de no man’s land maladroit. Communiste, le pays le demeurait malgré les coups de boutoir d’une jeunesse avide d’horizons moins contraignants. « Taipei story » révèle encore aujourd’hui toute l’acuité de Yang et de son complice et compatriote Hou Hsiao-hsien qui poursuit désormais une filmographie en phase avec l’esprit de son ami disparu. Un couple se dégrade :  tout un pan de la société chinoise affiche son défaitisme, social, professionnel et surtout personnel. L’individu peine à se dégager de son désenchantement face…
Le film

On ressort 30 ans après ce film qui alors était apparu comme le renouveau du cinéma asiatique. Une sorte de nouvelle vague dont l’étonnement va aujourd’hui à la modernité toujours présente de la mise en scène, de ses cadres lumineux – dans tous les sens du terme et de la scénographie-, et à la confirmation des espoirs portés par la jeunesse qu’il suggérait à l’époque. "Taipei Story" demeure pourtant un film sur l’illusion et l’incommutabilité dans cette grande ville où le réalisateur se sent comme un poisson dans l’eau, contrairement à ses personnages prisonniers de leurs rêves américains. On connait aujourd’hui la suite et le film de Edward Yang révèle ainsi dans un nombrilisme parfois lassant, la perspicacité de son propos d’alors.

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