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« En attendant les hirondelles » de Karim Massaoui . Critique cinéma

Trois destins, trois générations pour dire l'Agérie d'aujourd'hui , où elle va et surtout comment va-t-elle !

Synopsis: Mourad, un promoteur immobilier, divorcé, sent que tout lui échappe. Aïcha, une jeune fille, est tiraillée entre son désir pour Djalil et un autre destin promis. Dahman, un neurologue, est soudainement rattrapé par son passé, à la veille de son mariage. Dans les remous de ces vies bousculées qui mettent chacun face à des choix décisifs, passé et présent se télescopent pour raconter l'Algérie contemporaine.

La fiche du film

Le film : "En attendant les Hirondelles"
De : Karim Moussaoui
Avec : Mohamed Djouhri, Sonia Mekkiou
Sortie le : 08/11/2017
Distribution : Ad Vitam
Durée : 113 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

C’est un beau film, prenant, émouvant, mais auquel je n’ai pas tout compris. Ma voisine me dit qu’il n’est pas nécessaire de toujours comprendre. Certes, mais l’homme qui nous quitte maintenant, à peine rencontré, met déjà un point final à un triptyque humanitaire qui joue beaucoup sur les ambiguïtés et le non-dit. Et me laisse personnellement sur ma faim.

La femme retranchée dans un bidonville (Nadia Kaci) dit que l’homme est son frère. Rien n’est moins sûr et le témoignage de son viol par des terroristes est sujet à caution. Non pas qu’elle affabule, mais sa mise en cause d’un médecin spécialiste qui ne lui est pas venu en aide, pose une toute autre conscience. Il s’appelle Dahman et à quelques jours de son mariage, la rumeur de sa participation au crime lui est plus que préjudiciable.

Mais que pouvais-je faire ? interroge l’intéressé (Hassan Kachach) alors lui-même prisonnier à l’époque des faits. C’est par l’intermédiaire d’un tiers que nous avons fait sa connaissance selon un principe formellement appliqué par le réalisateur Karim Moussaoui. Chaque personnage nous conduit vers un autre personnage qui introduit une nouvelle histoire, ouvre de nouvelles perspectives, et nous renvoie à ce que l’on sait déjà ou pas.

Aîcha détachée des contraintes familiales retrouve le plaisir de la danse et de la liberté, en compagnie de son ex qui lui sert maintenant de chauffeur…

C’est dans cette incertitude permanente que fonctionne le scénario co écrit avec Maud Ameline pour qui l’Algérie est encore un vaste terrain à reconstruire. Quelques ébauches ici et là fixent la ligne d’horizon à atteindre, mais sans jamais savoir comment procéder. Au vu des chantiers qui s’élèvent sur son passage, Mourad promoteur immobilier ( Mohamed Djouhri ) ne devrait pas avoir de soucis à se faire et pourtant… Son quotidien est miné par la concurrence et ses déboires familiaux.

Le sort de Aïcha, beaucoup plus jeune, n’est guère plus enviable. Elle va rejoindre son futur mari, qu’elle a choisi dit-t-elle à celui qui fut semble-t-il son grand amour. Le couple se reforme incidemment par la grâce du papa qui ne sachant pas conduire demande au jeune homme de faire le taxi (Mehdi Ramdani).  Doit-on y voir malice ou aveuglement ? Aïcha (Hania Amar) profite alors du moindre relâchement de la cellule familiale pour goûter pleinement à sa liberté de femme.

Ce à quoi aspire l’Algérie d’aujourd’hui peut-on saisir au détour de cette danse que la belle entreprend avec son ex-fiancé. Une danse à l’apparence des traditions un brin chahutées par un orchestre de fortune, mais tout aussi volontaire pour les bousculer.

C’est assez simpliste comme évocation mais dans le cœur du triptyque aux résonnances inégales, la musique prend chez Moussaoui une juste part du bonheur à venir. Entre la partition nomade de Tinariwen et les effluves incontrôlés de Goran Bregovic, on peut discerner le chant d’un avenir plus prometteur. C’est du moins ce que j’ai entendu.

C’est un beau film, prenant, émouvant, mais auquel je n’ai pas tout compris. Ma voisine me dit qu’il n’est pas nécessaire de toujours comprendre. Certes, mais l’homme qui nous quitte maintenant, à peine rencontré, met déjà un point final à un triptyque humanitaire qui joue beaucoup sur les ambiguïtés et le non-dit. Et me laisse personnellement sur ma faim. La femme retranchée dans un bidonville (Nadia Kaci) dit que l’homme est son frère. Rien n’est moins sûr et le témoignage de son viol par des terroristes est sujet à caution. Non pas qu’elle affabule, mais sa mise en cause d’un…
Le film

En mélangeant sans vraiment les associer trois destins d’hommes et femme dans l’Algérie d’aujourd’hui le réalisateur Karim Moussaoui pose les bases plus ou moins formelles d’un pays qui se cherche. On pense même à plusieurs reprises qu’il est toujours à reconstruire. Le cinéaste joue beaucoup sur les ambigüités pour mettre en place son histoire que la co-scénariste Maud Ameline (« Le sens de l’humour », « L’indomptée ») ne réussit pas à porter dans un discours réellement universel. La mise en scène n’a rien de dynamique. La bonne idée est de prendre un personnage qui nous conduit vers un autre personnage et introduit une nouvelle histoire, ouvre de nouvelles perspectives, et nous renvoie à ce que l’on sait déjà ou pas. Mais au bout du système, à la résolution, à la solution Moussaoui préfère l’esquive, laissant le spectateur dans l’attente, l’incertitude, l’incompréhension .

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Un commentaire

  1. Je ne sais pas si j’ai tout compris non plus mais votre voisine a raison, faut-il tout comprendre? Entrevoir nous permet déjà de saisir la passivité de ces personnages qui sont dans l’attente d’une intervention qui changerait le cours de leur vie et celui de leur pays qui s’enlise dans la tradition…. Passivité, lâcheté, lassitude,la désespérance n’est pas encore là. Il me semble qu’ils attendent les hirondelles dont chacun sait pourtant qu’elles ne font pas le printemps.

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