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« Le Petit garçon » de Nagisa Oshima . Critique cinéma

Synopsis: Un jeune garçon d’une dizaine d’années parcourt le Japon avec son père, sa belle-mère et son demi-frère. Le père, invalide de guerre, a mis au point un système d’escroquerie permettant à la famille de subvenir à ses besoins : la belle-mère se jette sous les roues des voitures afin d’extorquer de l’argent aux conducteurs. D’abord témoin des accidents, le petit garçon devient bientôt le principal acteur de ces arnaques mortelles…

La fiche du film

Le film : "Le Petit Garcon"
De : Nagisa Oshima
Avec : Tetsuo Abe, Tsuyoshi Kinoshita
Sortie le : 04/03/2015
Distribution : Carlotta Films
Durée : 105 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Je sais que le nom d’Oshima fait peur parfois . « L’empire des sens », pensez-donc. Expérimental, déviant, iconoclaste… Un cinéaste que l’on déprogrammait parfois devant la virulence de ses propos mis en images de façon peu circonstanciée. Mais quand «  Le petit garçon » pointe le bout du nez dans le cadre d’une grande rétrospective Oshima (*), il faut chasser les préjugés pour ne juger qu’un moment de cinéma unique, un bonheur attaché à la poésie d’une caméra hyper-attentionnée.

Oshima observe toujours la société qui l’entoure, et dans les années soixante, un fait divers peu banal le met en émois. Une femme piéton simule un accident et monnaye son silence. Le fils de son compagnon assiste à la mise en scène, avant d’y participer, pendant que le père ramasse la cagnotte, chaque soir.

C’est à la fois sordide et monstrueux, mais Oshima ne s’arrête pas à ces états d’âmes. Il s’immisce  dans le quotidien de ses protagonistes pour raconter ce qu’il voit du Japon d’alors. Il le fait merveilleusement bien à l’aide de cette étude de mœurs qui entre le road movie et le film policier dresse un état particulier d’une société en proie à l’enfermement.

LE PETIT GARÇON VERSION RESTAURÉE 01

Le gamin fait la réflexion que le Japon n’est pas assez grand pour vivre tout ce qu’ils ont envie de vivre. Leur rapine, bien sûr, qui devrait les conduire vers une vie meilleure, le père étant apparemment le roi des glandeurs, après avoir été blessé au combat.

La raison n’est pas suffisante au moraliste pour justifier un comportement  tout aussi violent vis-à-vis d’une femme ballottée entre un réel amour pour son compagnon et l’instinct de survie. Le gamin est de la même trempe (Tetsuo Abe craquant), qui tente un moment de vivre sa vie, mais revient au foyer. C’est sa famille, et celle de son petit frère qu’il chérit par-dessus tout.

Le japon n’offrirait donc pas d’autres alternatives que l’individualisme forcené relève un cinéaste qui filme l’ensemble avec délicatesse et attention. Contrairement à ses précédents films, le voici presque apaisé, malgré la noirceur du propos, et surtout très classique dans la représentation des faits. La scène finale dans la neige avec les deux enfants est d’une émotion totale.

(*) Sorti le 11 mars d’un coffret 9 films chez Carlotta.

Rétrospective intégrale du 04 mars au 02 mai à la Cinémathèque française.

Je sais que le nom d’Oshima fait peur parfois . « L’empire des sens », pensez-donc. Expérimental, déviant, iconoclaste… Un cinéaste que l’on déprogrammait parfois devant la virulence de ses propos mis en images de façon peu circonstanciée. Mais quand «  Le petit garçon » pointe le bout du nez dans le cadre d’une grande rétrospective Oshima (*), il faut chasser les préjugés pour ne juger qu’un moment de cinéma unique, un bonheur attaché à la poésie d’une caméra hyper-attentionnée. Oshima observe toujours la société qui l’entoure, et dans les années soixante, un fait divers peu banal le met en émois. Une femme…

Review Overview

Le film

D’après un fait divers réel, Oshima relève les imperfections de son pays en imaginant la légende d’un petit garçon à l’enfance interdite. Mais il le fait cette fois avec une mise en scène plus narrative, délaissant la vision expérimentale de ses précédents films. Ce qui permet d’aborder la filmographie du cinéaste japonais de manière plus aisée, autour de thèmes récurrents (l’intrusion, la délinquance) qu’il aborde moins par le commentaire que la mise en perspective d’une société à une époque donnée. Il y est alors question d’enfermement et d’une voie quasi sans issue pour tout un peuple confiné, replié sur lui-même. Les acteurs sont excellents et en particulier le petit garçon Tetsuo Abe…

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