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« L’ennemi de la classe » de Rok Bicek . Critique cinéma

Synopsis: L'arrivée d'un professeur d'allemand remplaçant provoque des tensions dans une classe peu habituée aux exigences de discipline. Le suicide d'une élève poussera ses camarades à s'opposer ouvertement à leur enseignant qu'ils jugent responsable de sa mort. Les accusations fusent, conduisant à une confrontation violente inéluctable…

La fiche du film

Le film : "L'Ennemi de la classe"
De : Rok Bicek
Avec : Igor Samobor, Natasa Barbara Gracner
Sortie le : 04/03/2015
Distribution : Paname Distribution
Durée : 112 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Un an après avoir décroché le prix du public au festival d’Angers, ce film explosif réveille nos mémoires d’un cinéma coup de poing. Il n’est d’ailleurs pas sans rappeler le ton et l’esprit de « Whiplash »de Damien Chazelle,  par la force et l’engagement de ses protagonistes.

Le regard insistant de son réalisateur, la qualité de ses interprètes assurent tout au long du récit un tempo indéfectible, marqué par l’extraordinaire prestation d’Igor Samobor, dans le rôle-titre. Au-delà de l’analogie surprenante avec le personnage de J.K.Simmons du film de Damien Chazelle, par son physique et par son jeu Samobor est la représentation vivante de  Billy Bob Thornton dans la série Fargo.

Une ressemblance frappante avec le tueur en séries, la même retenue, la même placidité, quelqu’un de froid et implacable. Mais il n’est pas question de tuer, mais d’éduquer, de guider des élèves vers la connaissance la plus absolue, celle qui ignore les influences extérieures, comme il le martèle à la suite du suicide d’une élève, à laquelle il semblait particulièrement attaché.

l'ennemi de la classe

La classe le montre du doigt, l’accuse de tous les maux, le traite de nazi. L’homme encaisse, ne répond que par le savoir, l’instruction, tout sentimentalisme exclu. La carapace est à peine fragilisée par ses silences porteurs d’une autre histoire, très secrète et que seule une photo dont il ne se sépare jamais, révèle quelques failles.

Rok Bicek filme sèchement cette confrontation douloureuse entre un système qui affiche toute son autorité (mais est-ce le totalitarisme ?) et une jeunesse en quête de repères plus que de morale. La lumière qui les accompagne n’a rien d’éclatante, froide comme le personnage claquemuré dans ses certitudes établies sur la connaissance des livres. Thomas Mann est à son chevet…

A peine s’il se remet en question, contrairement au réalisateur dont toute la démarche interroge en fait le processus cinématographique. Au point d’en révéler beaucoup trop sur ce film admirable dans ses contours, mais de plus en plus torturé dans son contenu.

Il y aura plusieurs tentatives de conciliation

Rok Bicek pousse à mon avis le bouchon un peu trop loin, espérant peut-être lui aussi des réponses aux questions qu’il pose. C’est la grosse ambiguïté de ce film, et son atout. Il va soulever bien des débats.

Un an après avoir décroché le prix du public au festival d’Angers, ce film explosif réveille nos mémoires d’un cinéma coup de poing. Il n’est d’ailleurs pas sans rappeler le ton et l’esprit de « Whiplash »de Damien Chazelle,  par la force et l’engagement de ses protagonistes. Le regard insistant de son réalisateur, la qualité de ses interprètes assurent tout au long du récit un tempo indéfectible, marqué par l’extraordinaire prestation d’Igor Samobor, dans le rôle-titre. Au-delà de l’analogie surprenante avec le personnage de J.K.Simmons du film de Damien Chazelle, par son physique et par son jeu Samobor est la représentation vivante…

Review Overview

Le film

Ce  film remarquable va poser bien des questions, et soulever bien des débats autour de l’éducation, de l’autorité, émanant de la part d’un homme que rien ne semble ébranler. Ce professeur d’allemand est remplaçant dans une classe d’élèves bien sympathiques au demeurant, mais qui ne vont pas accepter le changement de ton que va leur imposer ce personnage hors du commun. Un sujet d’autant plus douloureux et vif qu’une élève mettra fin à ses jours. Le déclencheur d’une révolte sourde qui petit à petit va prendre le pas sur la raison. Igor Samobor dans le rôle-titre est absolument fabuleux, tout à fait dans la lignée du Billy Bob Thornton de la série Fargo. La pression du système scolaire peut-elle expliquer à elle seule l’émergence d’un totalitarisme esseulé ? On est alors proche de la dictature, ce que semble incarner le personnage de Samobor qui se remet à peine en question malgré tous ses silences pesants, et cette photo qui discrètement l’accompagne. On n’en saura pas beaucoup plus. Dommage que le cinéaste appuie de plus en plus là où ça fait mal, il se torture lui-même. La fin n'en finit pas, mais le film est fait, et plutôt bien .

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