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« Valley of Love » de Guillaume Nicloux. Critique cinéma

Synopsis: Isabelle et Gérard se rendent à un étrange rendez-vous dans la Vallée de la mort, en Californie. Ils ne se sont pas revus depuis des années et répondent à une invitation de leur fils Michael, photographe, qu'ils ont reçue après son suicide, 6 mois auparavant. Malgré l'absurdité de la situation, ils décident de suivre le programme initiatique imaginé par Michael...

La fiche du film

Le film : "Valley of Love"
De : Guillaume Nicloux
Avec : Isabelle Huppert, Gérard Depardieu
Sortie le : 17/06/2015
Distribution : Le Pacte
Durée : 92 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Ca ressemble au piège à mouches. Ou à un attrape-nigaud. On voit de la lumière, on tourne autour, on s’ébaubit d’une telle présence et puis chlaque, les masques tombent, le gros nez se fendille,les sourires disparaissent. Un peu de vent seulement…

Et pourtant ! Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, quel duo sur l’affiche et dans les intentions de Guillaume Nicloux. Un cinéaste qui personnellement ne m’a jamais vraiment passionné, « L’affaire Gordji » exceptée, peut-être. Mais il réussit cette fois  l’exploit de mettre en exergue deux monstres sacrés du cinéma européen. Ce qui n’y fait rien, le couple ne fonctionne pas.

Peut-être à cause du décor, la Vallée de la Mort qu’il réduit à un amas de carton-pâte, aux étapes indistinctes sous la chaleur désertique. Comme une descente aux enfers. Je ne les ai pas trop différenciées les unes des autres, ces cinq étapes qui figurent sur la lettre testamentaire du fils d’Isabelle et Gérard .Michael s’est suicidé six mois auparavant. Il leur donne  rendez-vous dans ce lieu aussi énigmatique que sa missive.

Ca paraît étrange, mais le cinéma est aussi fait pour ça. Voler, s’envoler, nous conduire dans des contrées impénétrables, dans quelques vérités. Quand elles veulent bien prendre racines.

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Le couple se rend dans la vallée et devise sur son passé : un divorce mal assumé pour le mari, une longue séparation avec l’enfant .La mère s’interroge, se tourmente. Ca tournicote sous la canicule, et l’insolation engendre bien des mystifications. Jusqu’au retour supposé du fils, dans l’hallucination la plus démente.

On peut bien évidemment imaginer d’autres scénarii sous la coupe d’un tel récit que Depardieu revendique dans son propre rôle. Et sa propre chair mise à nue sous toutes les coutures.  Il est comédien ( on le reconnaît à l’Hôtel ), la perte de son propre fils fait écho. «  Avec lui aussi j’ai loupé quelque chose » confesse-t-il à son ex «  mais on l’a fait, on est responsables ». Retrouvailles, confrontation, règlement de compte, «  mais pas d’explication » dit-il encore. «  Il faut vivre avec, on ne sait pas grand-chose des enfants ».

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Beaucoup de culpabilité émerge dans cette exaltation mal contenue par deux acteurs qui se neutralisent plus qu’ils ne jouent. Etrange cérémonie au milieu de nulle part, là où la vie s’est retirée à jamais.  On en fera son deuil, effectivement.

Ca ressemble au piège à mouches. Ou à un attrape-nigaud. On voit de la lumière, on tourne autour, on s’ébaubit d'une telle présence et puis chlaque, les masques tombent, le gros nez se fendille,les sourires disparaissent. Un peu de vent seulement... Et pourtant ! Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, quel duo sur l’affiche et dans les intentions de Guillaume Nicloux. Un cinéaste qui personnellement ne m’a jamais vraiment passionné, "L'affaire Gordji" exceptée, peut-être. Mais il réussit cette fois  l’exploit de mettre en exergue deux monstres sacrés du cinéma européen. Ce qui n’y fait rien, le couple ne fonctionne pas. Peut-être à cause du décor, la…

Review Overview

Le film

Ce film est tellement bizarre, faussement mystique, à peine fantastique que les retrouvailles entre les deux monstres sacrés du cinéma constituent l’intérêt majeur. Personnellement cette confrontation (c’est bien ce dont il s’agit) tourne très vite à la déception, le scénario n’ayant rien d’autre à offrir que la considération respectueuse d’un cinéaste empêtré dans un décor dont il ne sait pas quoi faire. Il y avait pourtant dans les intentions, une adéquation parfaite entre ces montagnes décharnées et l’histoire d’un amour mort que les deux acteurs subliment sans jamais vraiment l’exprimer. Ils se neutralisent plus qu’ils ne jouent. Cannes a fait l’impasse sur ce film et je les comprends.

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