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« Les Hirondelles de Kaboul » de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec. Critique cinéma

Synopsis: Été 1998, Kaboul en ruines est occupée par les talibans. Mohsen et Zunaira sont jeunes, ils s’aiment profondément. En dépit de la violence et de la misère quotidienne, ils veulent croire en l’avenir. Un geste insensé va faire basculer leurs vies.

La fiche du film

Le film : "Les Hirondelles de Kaboul"
De : Zabou Breitman, Eléa Gobbé-Mévellec
Avec : Simon Abkarian, Zita Hanrot
Sortie le : 04/09/2019
Durée : 81 Minutes
Genre : Animation
Type : Long-métrage
Le film
  • Une adaptation du roman éponyme de Yasmina Khadra. –
  • Festival du Film Francophone d’Angoulême, Valois de Diamant, Valois de la musique . – 

Je crois que par essence l’aquarelle adoucit les tons. Si ce n’est pas le cas, ici c’est l’évidence. Dans cet univers de brutes et d’imbéciles, Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec relèvent délicatement les contours d’un monde en feu et en désolation. C’est Kaboul pour l’exemple ou tout autre lieu rayé de l’esprit, ces places fortes d’une résistance sourde.

D’après les mots et les personnages de Yasmina Khadra,  les deux réalisatrices reprennent le combat de quelques hommes et femmes embrigadés dans une histoire qui n’en finit pas de détruire et d’humilier.

Femmes lapidées, hommes torturés au milieu desquels un couple tente de survivre.

Ils sont jeunes, ils s’aiment, mais la peur et l’interdit martèlent leur silence. Une chape de plomb contaminé au-dessus de leurs têtes. Mohsen (Swann Arlaud) va ainsi lui aussi se saisir d’une pierre pour punir l’adultère, quand Zunaira (Zita Hanrot ) adopte le tchadri par dégoût et par désespoir. Le système les enferme et la liberté entrevue se tarit encore un peu plus.

Paradoxal, inattendu, le salut peut venir d’un gardien de prison . Entre sa femme, mourante d’un cancer, et ces prisonnières croupissantes dans ses geôles en attente d’une mort certaine, Atiq  (Simon Abkarian) connait maintenant l’heure de vérité. Le choix à retenir au mépris d’un régime aveugle et meurtrier dont la protection lui parait de plus en plus illusoire.

On n’entrevoit pas dans l’écriture de Yasmina Khadra, ni dans la réalisation des deux cinéastes un peu de ce ciel bleu d’où s’envolent le si peu d’hirondelles. Le ciel est plus noir qu’il n’y parait et l’avenir guère engageant. Mais la manière de mettre en scène ce décor contrasté, de couleurs, de pleurs et de misère s’accorde très bien à la palette graphique d’une animation tout à fait réussie.

Elle est profonde et réaliste, relevée par des voix françaises et des visages ressemblants, autre distinction d’un film exceptionnel.

  • Des films sur l’Afghanistan :

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« Forces Spéciales, au coeur de l’action » ( documentaire) de Stephane Rybojad

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Une adaptation du roman éponyme de Yasmina Khadra. - Festival du Film Francophone d’Angoulême, Valois de Diamant, Valois de la musique . -  Je crois que par essence l’aquarelle adoucit les tons. Si ce n’est pas le cas, ici c’est l’évidence. Dans cet univers de brutes et d’imbéciles, Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec relèvent délicatement les contours d’un monde en feu et en désolation. C’est Kaboul pour l’exemple ou tout autre lieu rayé de l’esprit, ces places fortes d’une résistance sourde. D’après les mots et les personnages de Yasmina Khadra,  les deux réalisatrices reprennent le combat de quelques hommes et femmes…
Le film

Zabou Breitman actrice et réalisatrice qui abordait pour la première fois l’animation a su s’entourer d’une histoire solide ( une adaptation du roman éponyme de Yasmina Khadra) et d’une collaboratrice de premier plan , Eléa Gobbé-Mévellec, formée au Gobelin et  sur Les triplettes de Belleville et Ernest et Célestine. Le résultat est exceptionnel qui, des contrastes et des paradoxes, réunit une somme d’images remarquables pour heurter l’histoire sordide et criminelle de l’univers. Nous sommes à Kaboul mais la lecture de l’animation permet peut-être encore plus d’enraciner les faits historiques au regard du quotidien de ses habitants. La manière de mettre en scène ce décor contrasté, de couleurs, de pleurs et de misère s’accorde très bien à la palette graphique d’une animation tout à fait réussie. Elle est profonde et réaliste, relevée par des voix françaises et des visages ressemblants, autre distinction d’un film exceptionnel.

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