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« A War » de Tobias Lindholm. Critique cinéma

Synopsis: Le commandant Claus M. Pedersen et ses hommes sont affectés dans une province d'Afghanistan, tandis qu'au Danemark, sa femme, Maria, tente de faire face au quotidien et d'élever seule leurs trois enfants. Au cours d'une mission de routine, les soldats sont la cible d'une grave attaque. Pour sauver ses hommes, Claus va prendre une décision qui aura de lourdes conséquences pour lui, mais également pour sa famille...

La fiche du film

Le film : "A War"
De : Tobias Lindholm
Avec : Pilou Asbæk, Tuva Novotny
Sortie le : 01/06/2016
Distribution : StudioCanal
Durée : 114 Minutes
Genre : Drame, Guerre
Type : Long-métrage
Le film

Ces derniers mois, les films sur la guerre (Afghanistan, Irak… ) ont perdu du terrain. Retourner dans l’enfer des montagnes ennemies revient donc aujourd’hui sous le feu des mitraillettes et d’une caméra pas vraiment novatrice.  En suivant la veine de « The Patrol« , « Armadillo » ou « Démineurs », Tobias Lindholm reprend les combats là où on les avait peut-être oubliés : des patrouilles incertaines au cœur de villages tout aussi piégeux. La rencontre avec les habitants (des talibans, peut-être) suscite le doute, la peur et l’adrénaline en perfusion.

Ce que Lindholm traduit avec une indéfectible maîtrise.  Il connaît le terrain, en restitue une image d’une intensité égale à ce que l’on a déjà vu et entendu sous ces mêmes latitudes. Il s’attache de la même manière aux hommes et à leurs travers.

Ces hommes que le commandant Pedersen accompagne désormais sur le terrain. Ce n’est pas dans l’ordre de ses priorités mais face à la souffrance endurée au cours des dernières missions, il tient vraiment à être à leurs côtés. Au Danemark, sa petite famille compte les jours. Maria assume comme elle peut la charge quotidienne de la fratrie, trois enfants en bas-âge qui compensent comme ils peuvent l’absence du père. Son retour est prévu pour Noël, encore trois mois…

Ce  démarquage  au-dessus de la mappemonde, Lindholm l’enfourche allègrement. La fibre sentimentale est naturellement présente et encore plus le jour où Pedersen annonce son arrivée anticipée. Sa femme, ravie, déchante assez vite quand il lui apprend les raisons de son renvoi. Car la décision des autorités militaires n’est rien d’autre qu’un renvoi de ce soldat unanimement respecté et reconnu pour son travail et sa bravoure.  Pilou Asbæk confirme son statut de grand comédien.Mais comme le dit madame le procureur au cours du procès « que serait l’institution judiciaire si l’on ne respectait pas les lois ? ». Tout conflit armé possède des  « règles de bases »…

On reproche au commandant Pedersen de ne s’être pas assuré formellement de la présence ou non de civils dans une zone qu’il jugeait hostile. Le bombardement des lieux fera onze victimes : des femmes, des enfants… Face aux arguments de l’accusation danoise qui s’appuie sur le témoignage des soldats et d’une vidéo embarquée sur le casque de l’un d’entre eux,  cette scène revient immanquablement à l’esprit. C’est le point fort du cinéaste.  Des cris, des percussions, des appels à l’aide pour un soldat blessé qu’il faut absolument évacuer. Et l’ennemi invisible qui vous canarde sans que vous ne sachiez comment riposter.

Maria Pedersen (Tova Novotny) une mère , une épouse qui elle aussi doit mener un combat quotidien...
Maria Pedersen (Tova Novotny) une mère , une épouse qui elle aussi doit mener un combat quotidien…

Pedersen savait-il ce qu’il ordonnait ? Et d’où lui venait la certitude que le secteur était entièrement libéré de ses habitants ?  La procureur salue son courage mais tient à faire appliquer la loi. Pedersen reconnaît ses failles mais assure qu’il a bien entendu l’information l’engageant à attaquer… On imagine la situation un peu ubuesque quand le monde est à feu et à sang et que la question est de savoir si cela s’est fait dans les règles. Au-delà, face à sa culpabilité éventuelle le  héros doit affronter les conséquences de ses actes. D’un point de vue professionnel il semble pouvoir y répondre. Plus personnellement c’est un mari et un père qui voient ses fondements, sinon ses certitudes, balayés par un revers de l’Histoire. Magnanime, Tobias Lindholm a choisi son camp…

 

 

Ces derniers mois, les films sur la guerre (Afghanistan, Irak... ) ont perdu du terrain. Retourner dans l’enfer des montagnes ennemies revient donc aujourd’hui sous le feu des mitraillettes et d’une caméra pas vraiment novatrice.  En suivant la veine de "The Patrol", « Armadillo » ou « Démineurs », Tobias Lindholm reprend les combats là où on les avait peut-être oubliés : des patrouilles incertaines au cœur de villages tout aussi piégeux. La rencontre avec les habitants (des talibans, peut-être) suscite le doute, la peur et l’adrénaline en perfusion. Ce que Lindholm traduit avec une indéfectible maîtrise.  Il connaît le terrain, en restitue une image d’une intensité…
Le film

Il est étonnant que le réalisateur danois reprenne le combat en Afghanistan là où plusieurs de ses confrères ont déjà posé leur caméra. Dans un préambule assez long, tout à fait maîtrisé, il nous rappelle alors la peur et le doute des combattants abordant des villages incertains, où l’ennemi peut aussi bien se cacher derrière les traits d’un enfant que sous le voile d’une prétendue femme. Ce qui distingue un tantinet Tobias Lindholm des autres cinéastes c’est maintenant son attachement à la famille du commandant danois, une femme et trois enfants qui attendent patiemment le retour du héros. Il nous les présente sans trop appuyer sur la fibre sentimentale qui vibre assez naturellement, jusqu’au moment où celui-ci annonce son arrivée, bien avant la date prévue. Le spectateur connait  les raisons de cette décision qui devient l’originalité du film, malheureusement un brin galvaudée par une première partie beaucoup trop bavarde. Tout le processus judiciaire enclenché aurait mérité plus d’intérêt.

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